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    9 conseils pour commencer la voile à 50 ans

    La voile c’est parfois comme une histoire d’amour non consommée.

    Un coup de foudre de jeunesse dont votre premier emploi vous a éloigné pour de nombreuses années.

    Bien sûr vous vous êtes promis qu’un jour vous y reviendriez, mais quand?

    Pour d’autres la rencontre se fait plus tardivement, presque par hasard, un copain qui achète un voilier, une balade en dériveur pendant les vacances, et crac, ça vous prend.

    Quelque soit le scénario de départ, vous êtes happés, impossible de ne plus y penser.

    Vous êtes tombés dans le chaudron, l’envie de naviguer ne vous quittera plus.

    Finalement quand vous disposez enfin du temps et d’un peu plus d’argent pour débuter dans de bonnes conditions, vous êtes déjà dans la cinquantaine!

     

    C’est alors que vous, vous vous demandez: “Et si j’étais trop vieux pour commencer la voile? ou trop vieille?”

     

    Mille fois j’ai lu et entendu cette question dans vos messages. Et la réponse ne fait pour moi aucun doute.

    Le problème, pour débuter en voile, n’est pas l’âge!

    Quand vous dites “je suis trop vieux pour apprendre”, vous mettez déjà un pied dans la tombe.

    Sortez de là tout de suite!

    Les vieux marins ne meurent jamais…

    Nous pouvons apprendre à tout âge, peut-être moins vite qu’un adolescent, mais c’est toujours possible.

    Pensez donc à tout ce que vous avez appris entre 25 et 50 ans, dans tous les domaines de la vie, et c’est loin d’être terminé.

    Pourquoi diable devriez-vous cessez tout apprentissage à 50 ans???

    Si vous ne me croyez pas prenez le temps de lire “Les prodiges du cerveau ou comment l’esprit se bonifie avec l’âge“, par E. Goldberg.

    Ce neuropsychologue, craignant lui-même d’être atteint par une limite d’âge y explique quels processus mentaux les seniors utilisent pour résoudre des problèmes.

    Alors on ne va pas se mentir: il confirme qu’après 50 ans nous sommes moins rapides qu’à 20 ou 30 ans pour apprendre des domaines totalement nouveaux.

    D’accord, on s’en doutait un peu.

    Mais il prouve que nous compensons cet effet par l’expérience et la sagesse acquise.

    Donc tout va bien, pour commencer la voile à 50 ans, il suffit d’être patient… et sage  🙂

     

    Quelle préparation physique faut-il pour commencer la voile à 50 ans?

    Pour certains c’est un gros sujet.

    Si vous n’avez jamais pratiqué le moindre sport de votre vie et que vous voulez vous mettre à la voile à 50 ans…

    …ça reste tout à fait envisageable!

    La voile est un sport mécanique, un sport porté. Il ne met pas notre corps à aussi rude épreuve que la course à pied ou le tennis.

    En fait, tant que vous n’envisagez pas de courir le Vendée Globe, ni la Mini-transat, une simple remise en forme peut suffire.

    Pour vous préparer sans vous blesser:  vous pouvez essayer par exemple le rameur d’intérieur, j’ai testé, c’est vraiment top!


    Au fait savez-vous quel âge a Jean Le Cam? Alors certes il n’a pas commencé la voile à 50 ans, mais “le roi Jean”, est quand même arrivé 4e du Vendée Globe 2021, à 61 ans et sans foils!

    Or il est loin d’être le plus vieux navigateur!

    A 81 ans, John Sanders vient de boucler son onzième tour du monde à la voile, en solitaire, et son 4e sans escale!

    Ce faisant il a chipé la vedette à Jeanne Socrates qui en a fait autant en 2018, à 77 ans tout de même.

    Mais le record du nombre traversées de l’Atlantique appartient peut-être à Marcel Bardiaux qui avait effectué sa quarantième traversée en solitaire, à 88 ans à bord de voilier Inox.

    Là je sens que vous avez rajeuni d’un coup, non?

     

    Bon mais me direz-vous, c’est bien joli tous ces exploits, mais par où je commence si je ne veux plus perdre de temps?

    Oui, parce qu’à ces âges, il faut bien le reconnaître, vous voudrez généralement progresser rapidement.

     

    Voici 9 conseils pour commencer la voile à 50 ans et plus:

    Je vous promets que si vous appliquez tous ces conseils, au bout de 2 à 3 ans vous pourrez tout à fait skipper vous même un voilier de 10 à 12 mètres.

     

    1. Naviguer le plus possible

    La version rapide

    Bien sûr quand j’écris naviguer souvent, c’est minimum 3 à 4 semaines entières par an, d’abord en stage puis en co-navigation,  et autant de week-ends.

    Pour ceux qui ne peuvent pas s’offrir de stages, il faudra mettre le paquet sur le BDA (Bateau Des Autres). Les bourses des équipiers comme les sites de co-navigation vous tendent les bras!

    Maintenant si vous n’êtes pas pressé, ou que vous ne pouvez pas dégager autant de temps libre, il est possible d’y aller plus doucement.

    Apprendre la voile en mode zen

    A mon avis, il y a une quand même une limite en dessous de laquelle vous n’apprendrez plus.

    Si vous pratiquez uniquement un stage de voile ou une location d’une semaine par an et mettons un ou deux week-end, vous resterez toujours équipier-e.

    Au demeurant ce n’est pas très grave.

    Une progression plus tranquille, mais tout de même efficace, suppose de naviguer disons 15 à 20 jours chaque année et régulièrement.

    Voilà le minimum en terme de fréquence pour progresser tranquillement.

     

    2. Naviguer régulièrement

    Le secret de la progression c’est la régularité.

    Que vous appreniez une langue, à jouer d’un instrument de musique ou un sport, la régularité de la pratique est déterminante pour votre progression.

    Pour tirer le maximum d’efficacité de vos journées de navigation, l’idéal serait de les répartir le plus régulièrement possible au long de l’année.

    Il s’agit de trouver un espacement suffisant entre vos sorties pour que vous ayez le temps d’y repenser, d’intégrer les connaissances que vous aurez découvertes.

    Mais cet espacement ne doit pas non plus être trop long car sinon vous oublierez.

    Typiquement vous pouvez envisager 2 week-ends au printemps (dont un de 3 jours), une à deux semaines en été, et 2 week-end à l’automne.

    Dans le même ordre d’idée, il est important de pratiquer tous les ans pour ne pas perdre vos connaissances et garder le pied marin.

     

    3. Prendre des cours en école de croisière

    Si vous êtes pressés d’apprendre, commencez par multiplier les stages de voile.

    En école de croisière vous garderez la légèreté de l’équipier qui n’est responsable que de lui-même, et encore, puisque sous la protection du skipper.

    Vous n’aurez qu’à suivre la progression proposée pour acquérir dans un ordre logique les notions qui vous mèneront à l’autonomie.

    C’est très probablement la solution la plus efficace pour ceux et celles d’entre vous qui peuvent supporter de passer une semaine à bord d’un voilier avec des inconnus.

    En vieillissant je sais que beaucoup d’entre nous supportent de moins en moins la promiscuité, aussi je vous propose ci-dessous d’autres solutions.

     

    4. Pratiquer la co-navigation

    La co-navigation est aussi un excellent moyen de commencer la voile à 50 ans

    Plus abordable que les stages, le co-baturage vous fera découvrir à moindre coût différents bateaux, skippers et équipiers.

    Les propriétaires qui cherchent des équipages sont souvent eux-mêmes de jeunes et dynamiques retraités.

    Un autre avantage de cette pratique est que les skippers-propriétaires ne cherchent généralement pas à remplir leurs voiliers au maximum de leur capacité.

    Contrairement aux écoles de croisière Ils peuvent se permettre de privilégier le confort et la convivialité à la rentabilité.

    Entre les copains propriétaires de voilier et les bourses des équipiers, vous trouverez toujours un embarquement.

    Quand vous aurez acquis un peu plus d’expérience on finira peut-être même par vous proposer une transatlantique!

     

    4. Varier les bateaux et les skippers

    Pour vous constituer une expérience la plus riche possible, vous pouvez tester différents bateaux et skippers.

    Vous pouvez  mixer école de croisière et co-navigation.

    Vous pouvez aussi changer d’école de croisière. Entre les écoles de croisière associatives et les skippers professionnels propriétaires de leur voilier vous découvrirez des manières de naviguer et de traiter les bateaux très euh… différentes!

    Au fil des rencontres vous finirez par trouver des skippers patients et pédagogues. Chacun avec ses techniques, sa façon de lover les bouts et d’amarrer son bateau.

    Vous verrez aussi que certains réduisent la toile plus vite que d’autres, ou bien privilégient les mouillages aux pontons et inversement.

    Plus tard, quand vous passerez au point 8, vous pourrez à votre tour déterminer le style de navigation qui vous convient.

    Ce qui compte c’est de vous créer des situations dans lesquelles vous vous sentez en confiance, et où la transmission de connaissance fonctionne.

     

    6. Passer le permis côtier et le permis hauturier

    Apprenez à vous servir d’une carte marine, et à calculer les courants et les marées.

    Ces connaissances sont indispensables si vous devez un jour prendre la responsabilité d’un voilier.

    L’avantage est que vous pouvez acquérir toutes ces bases chez vous, entre vos sorties en mer.

    Les permis, surtout le hauturier, sont assez exigeants, mais croyez-moi une fois que vous l’aurez, vous ne vous perdrez plus!

     

    7. Vous former à la météo marine

    Tout aussi nécessaire que la cartographie marine, une bonne compréhension de la météo permet de se protéger efficacement.

    Bien comprendre la météo ce n’est pas seulement se fier aux prévisions officielles pour éviter les coups de vents.

    Il s’agit aussi d’anticiper les effets locaux comme les accélérations de vent brutales ou la formation de violents orages.

    Plus encore avec un peu d’expérience, une bonne utilisation des prévisions vous permettra d’adapter vos parcours à vos équipiers et à votre niveau.

     

    8. Louer ou acheter un petit voilier dès que possible

    Mettons que vous ayez  acquis les bases élémentaires de la voile en suivant les conseils précédents.

    Si vous souhaitez skipper votre propre bateau, tôt ou tard il va falloir vous mettre en situation.

    Dès lors Il est tout à fait possible de poursuivre votre initiation à bord de votre propre voilier.

    Sans pour autant vous lancer tout de suite à la conquête des océans.

    Vous pouvez même en louer un, ce qui vous libérera des contraintes de l’entretien.

    Dans ce cas vous l’aurez compris en lisant mes autres articles, évitez d’avoir les yeux plus gros que le ventre.

    D’autant que si vous commencez la voile à partir de 50 ans vous serez tenté de choisir un bateau plutôt confortable.

     

    9. Augmenter la difficulté de vos navigations d’année en année.

    Si vous naviguez toujours au même endroit, à la même saison, et pour la même durée, vous cesserez de progressez.

    Pour enrichir votre expérience, une fois que vous êtes à l’aise dans une situation, essayez d’aller un tout petit peu plus loin.

    Passez progressivement de la navigation par grand beau temps à des sorties avec du vent plus soutenu.

    Apprenez à prendre les passes difficiles, les détroits, les raz où vents et courants doivent absolument être abticipés.

    Puis commencer à apprivoiser la navigation de nuit.

    Enfin étendez votre terrain de jeu en vous offrant votre première traversée vers la Corse ou les îles Britanniques depuis le continent.

     

    Et si je ne veux pas apprendre en équipage?

    Lors d’un récent coaching un lecteur du blog m’a expliqué qu‘il ronflait trop pour infliger sa présence à tout un équipage.

    Je comprends tout à fait qu’on ne veuille pas partager autant d’intimité avec des inconnus 🙂

    Difficile de nier que naviguer à bord de voiliers remplis à leur jauge maximale expose à une promiscuité certaine.

    D’autant qu’à partir de la cinquantaine on commence à apprécier plus de confort et d’espace.

    Pour d’autres le frein sera plutôt financier, sans parler de ceux et celles que la simple évocation du mot “école” fait fuir immédiatement.

    débuter la voile à 50 ans

    Fort heureusement il existe des alternatives.

    Mais avant de vous les citer, je dois avouer que je reste persuadée que l’école de croisière reste pour les complets débutants le moyen le plus rapide de progresser.

    Admettons tout de même que la voile se transmette par la pratique commune.

    Alors il est vraiment difficile d’apprendre tout seul.

    Vous perdrez un temps infini à réinventer la poudre, si vous ne coulez pas votre bateau entretemps.

     

    Le risque principal à commencer la voile à 50 ans et plus, c’est de brûler les étapes

    Prendre le large avec sa famille ou en solo, à bord d’un voilier que vous venez d’acheter et sans expérience de la navigation hauturière.

    Voire sans expérience de la voile du tout.

    Voilà une situation qui n’est pas si rare.

    Comment en arrive t-on là?

    Probablement parce qu’on a laissé filer le temps. L’enchaînement d’engagements successifs qui vous clouent littéralement à terre: mariage, prêts immobiliers, études à financer pour les enfants.

    Ce qui fait que lorsqu’une fenêtre météo s’ouvre pour envisager quelques mois sabbatiques en Atlantique, vous foncez sans réfléchir.

    Il faut partir MAINTENANT. Avant d’être trop vieux, trop malade, ou la prochaine pandémie.

    Pas le temps d’attendre = pas le temps d’apprendre.

    J’ai lu le commentaire suivant sous une de mes vidéos:

    ma famille et moi on est débutants ns partons de Tréguier avec un boréale 47.2 jusqu’ aux Canaries tranquillement

    Le Boréal 47.2 a été élu voilier de l’année 2021 dans la catégorie Grande Croisière par Voile Magazine.

    C’est un grand voilier en aluminium, solide et confortable. Bien motorisé il saura se tirer de pas mal de situations difficiles.

    Mais sans connaissances sur la navigation hauturière, l’organisation des quarts, le routage, le réglage des voiles, les allures du voilier, le pari demeure extrêmement risqué.

    Y compris pour les autres voiliers.

    Une collision de nuit avec un Boréal 47, ça doit faire mal!

    Il n’est pas impossible que l’on retrouve ce voilier en vente quelques mois après son départ, car beaucoup de conditions sont ici réunies pour gâcher un joli rêve de mer.

    L’alternative à l’école de voile sera alors de vous offrir une ou deux semaine de coaching à bord de votre propre voilier.

    Objectif: vous rendre suffisamment autonome pour mener votre barque d’Europe vers les Antilles.

    Le retour, plus difficile, sera confié à un skipper professionnel ou bien le bateau sera revendu sur place.

    Cette solution peut fonctionner si vous avez suffisamment d’argent et de chance.

    L’argent pour acquérir un voilier en très bon état, en minimisant les risques de pannes.

    La chance pour que la météo ne vous oblige pas à apprendre les manœuvres de gros temps en pleine mer.

    La chance pour que les pêcheurs, les cargos et les récifs se détournent de votre route si vous n’avez pas bien compris leurs intentions.

    En tout cas si c’est l’option que vous avez choisi, n’hésitez pas à embarquer des équipiers confirmés pour qu’ils vous transmettent leurs connaissances lors de vos premières traversées.

    Pour tous les autres, si vous acceptez l’idée qu’apprendre à naviguer est en soi un plaisir, vous n’avez plus de raisons de vous presser.

    Rien ne vous oblige d’ailleurs à acquérir les compétences d’un skipper.

    Petite question, car j’aime savoir qui se promène ici: dites moi, si vous avez commencé la voile tardivement; comment vous êtes vous initié-e ? Ou bien comment comptez vous vous y prendre?

    J’attends vos réponses dans les commentaires de l’article!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • cours de voile en Optimist
    tutos

    Avec ou sans cours de voile? 5 profils d’apprentissage de la croisière

    Tout le monde n’aime pas l’école. Mais tous les voileux ont eu besoin un jour de se former. Je crois même qu’on n’arrête jamais de progresser car la mer nous réserve sans cesse de nouvelles surprises. Chaque situation scabreuse continue de remplir l’escarcelle de notre expérience nautique. Pouvons-nous nous fier uniquement à notre capacité d’adaptation pour apprendre à naviguer ou bien faut-il absolument prendre des cours de voile?

    Aujourd’hui je ne veux pas débattre de ce serpent de mer. Je vous ai déjà expliqué comment vous pourriez apprendre la voile, de manière personnalisée. Je l’avoue, j’ai tendance à penser qu’on gagne un temps fou en prenant des cours de voile quand on est un débutant total. Une fois les bases acquises, vous pouvez faire varier les parcours d’apprentissage, tous les chemins dit-on mènent à Rome. La preuve?

    Voici 5 profils d’apprentissage de la voile inspirés de personnes que j’ai rencontrées: des amis, des navigateurs croisés au gré des mouillages, et des lecteurs de ce blog. Vous vous y reconnaîtrez peut-être.

    1.La complète:  Du dériveur à la plaisance en passant par la régate.

    Il se dit sur les forums que le parcours idéal du voileux débute sur le banc d’un Optimist en école de voile, se poursuit en voile olympique vers la vingtaine. Il s’ensuit plusieurs années de régate en équipage. Puis l’âge venant forcément on s’assagit ou on prend des responsabilités. Est-il sage d’ailleurs de cumuler les responsabilités? Je vous laisse réfléchir. Bref quand on commence à vivre en couple et à fonder une famille, nos exigences de confort sont de moins en moins négociables: le voilier de croisière rapide remplace le pur sang de course.

    au rappel en régate

     

    On se dit qu’un tel marin, avec tous les cours de voile qu’il a reçu, en sait forcément bien plus que les autres. Assurément il sait faire marcher un bateau, c’est un atout formidable. Cependant quand il passera à la croisière il devra apprendre comme les autres, sur le tas: la mécanique, l’électricité, l’hydraulique, les formalités de douane, la bidouille et la gestion du gros temps au large.

    Ce marin existe. Cependant vous ne le verrez jamais à bord d’un Rêve d’Antilles. Si vous voulez le rencontrer, prenez la table Osiris habitable des ratings. Plus le rating est élevé, plus le bateau s’est montré rapide en régate et en course-croisière. Comme la longueur de la coque joue sur les performances, relevez tous les bateaux de croisière qui ont le meilleur rapport longueur/rating. Maintenant vous savez sur quels voiliers trouver notre marin!

    2.L’épicurien: les copains d’abord, la technique après

    Il existe mille raisons d’aimer la voile. L’épicurien aime les plaisirs simples de la vie. La convivialité, la douceur du petit temps, la cocotte minute qui mijote au près sur le four à cardan et le rhum arrangé le soir quand le soleil se couche sur le mouillage.

    apéro en navigation

    Il n’a pas forcément un gros niveau technique. L’épicurien sait conduire un voilier, mais sans s’attarder sur les détails. L’important est de naviguer, et si possible avec un équipage de joyeux drilles ou une femme amoureuse. Notre plaisancier n’a rien contre la régate, bien au contraire car il pense que l’important est de participer. Cependant il le reconnaît lui-même, il n’est pas un as du réglage de voiles!

    Souvent il n’a pas pris de cours de voile. Sauf à l’école s’il vivait au bord de la mer. Il se souviendra surtout des dessalages volontaires qui le faisaient tant rire, lui et ses camarades de classe. Il a donc appris par imprégnation, presque sans s’en rendre compte. Admiratif des navigateurs plus expérimentés il ne les jalouse absolument pas. Grâce à sa bonne humeur indestructible à bord d’un voilier, Il est apprécié autant comme skipper que comme équipier. Quand vous avez un voileux épicurien dans votre entourage prenez en soin, il vous accompagnera joyeusement sans vous contredire dans vos rêves de mer les plus fous.

    3.Le débutant enthousiaste: de l’école de croisière à l’achat

    Voici un candidat à la navigation qui veut absolument tout savoir. Sa soif de connaissances voilistiques est telle qu’il ou elle ne sait plus ou donner de la tête. J’ai remarqué qu’on trouve pas mal de femmes dans cette catégorie de passionnés. Beaucoup de femmes adorent qu’on leur apprennent des choses qu’elles ne connaissent pas… à condition qu’elles en aient fait la demande explicite bien entendu.

    Le débutant enthousiaste prendra donc des cours de voile aux beaux jours, et mettra à profit l’hiver pour passer son permis hauturier, le CRR et un brevet de secouriste. Sa bibliothèque se remplira de manuels de navigation et de récits de voyage en bateau. Il passera toutes ses vacances sur l’eau en testant différentes formules: école de croisière, co-baturage, régates conviviales et parfois même bateau-stop. Assez rapidement lui viendra le désir de posséder son propre voilier. Il fera tout son possible pour réaliser ce rêve, économisant sous par sou, quitte à vivre à bord si les finances l’exigent.

    Le virus de la voile peut piquer ainsi n’importe qui à n’importe quel âge. Très virulent, relativement contagieux, il peut conduire à une forme de folie permanente: la monomanie de la voile.

    4.Le tour du mondiste pressé : apprendre sur son propre bateau en un mois avec un pro

    En fait de tour du monde, il s’agit le plus souvent de cadres supérieurs ou de chefs d’entreprises qui veulent s’offrir un tour d’Atlantique soit dans le cadre d’une année sabbatique soit après avoir vendu leur affaire. Certains pousseront jusqu’au Pacifique, mais ils sont déjà moins nombreux, à moins qu’ils n’y vivent déjà avant le départ.

    Ces candidats au grand voyage sont très pragmatiques: ils raisonnent en terme d’objectifs et de moyens. Ils définissent leur cahier des charges, leur budget et planifient les étapes à franchir avant le départ. Les cours de voile font partie de ces étapes. Ils peuvent avoir déjà loué des voiliers ici où là mais ils n’ont jamais vraiment pris le temps d’apprendre correctement la voile. Là ils s’apprêtent à partir sur un grand bateau de croisière confortable et bien équipé: parfois un catamaran de 15 mètres, qu’ils ne savent pas encore manœuvrer. Le plus rationnel à leurs yeux est donc de louer avant le départ les services d’un skipper professionnel qui les coachera à bord de leur propre voilier.

    cours de voile sur un catamaran de croisière

    Tous n’ont pas des budgets faramineux, mais ces plaisanciers sont habitués à réussir ce qu’ils entreprennent. Ils sont confiants, ils ont de l’argent pour les coups durs, et savent que même s’ils mettent une grande part de leurs économies dans leur projet, ils pourront revendre le bateau au retour et rebondir facilement.

    L’objectif étant de partir rapidement ils ne s’attardent pas sur des détails tels que barrer avec des penons. L’électronique du bord leur donnera toute les indications nécessaires à la bonne marche du  bateau et ils n’ont pas l’intention de barrer leur voilier. Les grands voiles à enrouleur, le pilote hydraulique et les winchs électriques feront le job tandis qu’ils se concentreront sur l’essentiel: le plaisir d’être au large, seuls au monde et de visiter les plus beaux mouillages tropicaux de la planète.

    5.L’autodidacte: partir et apprendre tout seul sur son propre bateau

    Voilà une personne qui ne prendra jamais de cours de voile. Amoureux de la mer et des bateaux, il sait lire et il n’aime pas trop qu’on lui dise ce qu’il doit faire. Il va donc tenter de se passer de moniteur de voile. Ce genre de marin est tout à fait capable de s’acheter un voilier et de prendre le large après avoir fait 3 ronds dans l’eau pour apprendre à hisser les voiles et les border approximativement. Quelquefois c’est toute une famille qui s’embarque ainsi dans l’aventure, pour le meilleur et pour le pire. Pour eux, la soif de liberté et d’action est plus forte que l’appréhension. De plaisirs en galères ils apprennent ce dont ils ont besoin au moment où ils en ont besoin, ou juste après… D’autres l’ont fait donc pourquoi pas eux?

    apprendre la voile sans prendre de cours

    En mer dans les situations difficiles l’expérience et la préparation feront la différence. Mais en évitant au maximum les conditions dangereuses, et avec un petit peu de chance, il est vrai qu’il est possible de se promener en bateau autour du globe et d’apprendre au fil de l’eau.

    Ce constat donne raison aux plus téméraires, tant qu’ils ne rencontrent pas une difficulté mal anticipée. Un homme à la mer par exemple, ou une erreur de navigation. Lisez l’expédition du Kon Tiki: on y apprend qu’il est tout à fait possible de traverser le Pacifique sur un radeau de troncs d’arbre. Lisez le jusqu’au bout et voyez la fin. On en reparle quand vous l’aurez terminé 😉

    Plus proche de nous si vous avez suivi l’hivernage de Guirec Soudée dans les glaces du Groenland, vous aurez une idée de ce qu’autodidacte peut signifier d’approximation et d’inconscience. Est-ce une caractéristique inévitable des aventuriers débutants?

    Conclusion:

    Ces profils d’apprentissages reflètent la psychologie de chaque marin ainsi que ses influences. Quand vos parents vous plongent dans la marmite tout jeune, si vous y prenez goût vous aurez très tôt de solides compétences nautiques. Pour tous les autres qui découvrent la voile à l’âge adulte un parcours d’apprentissage est à construire.

    Ce que montre aussi cette diversité, c’est que lorsque nous apprenons la voile nous avons tous une question à résoudre: à quel moment nous jeter à l’eau (avec une brassière) en prenant la responsabilité de notre bateau?

    Pour ma part je vous conseillerai de le faire le plus tôt possible, mais en minimisant les risques. Prenez quelques cours, choisissez un plan de navigation réputé facile avec des conditions météorologiques clémentes et lancez-vous.

    Au fait, vous êtes-vous reconnu dans un de ces profils?

     

    on se jete à l'eau, on prend des cours de voile!

     

  • apprendre la voile pour réaliser ses rêves
    tutos

    Apprendre la voile: quel parcours suivre?

    Quand la passion vous prend rien ne peut plus vous arrêter. Vous débutez la voile et déjà vous vous imaginez traverser les océans, explorer les plus belles baies du monde et mouiller dans la baie des Vierges aux îles Marquises tandis que le soleil couchant illumine les palmiers sur le rivage. Comment apprendre la voile le plus vite possible pour  réaliser vos rêves d’aventure?

    Quand j’ai fait circuler sur les réseaux sociaux mon livret gratuit intitulé progresser en voile sans prendre de cours, j’ai du faire face à quelques commentaires indignés. Ce qui m’était reproché? Rien moins que de mettre vos vies en danger!  Alors j’ai mis un point d’interrogation à la fin du titre, pour amener les lecteurs à réfléchir plutôt qu’à polémiquer.

    Peut-on progresser sans prendre de cours de voile?

    Vous trouverez ma réponse dans le livret en question en vous inscrivant sur le blog.

    Peut-on apprendre la voile sans prendre de cours, et en partant de zéro?

    Quelques débutants ont en effet réussi cet exploit, c’est donc possible. De là à conseiller cette option, je ne m’y risquerai certainement pas ici. Disons qu’ils ont peut-être eu aussi beaucoup de chance.

    Il n’est pas bien difficile en effet d’acquérir des rudiments de voile pour s’amuser rapidement sur l’eau. Mais il est préférable d’accompagner ces rudiments de notions de sécurité incontournables: prendre la météo, s’attacher quand la mer est agitée, tenir compte des courants, du balisage, connaître les procédures d’appel de détresse etc. Des notions qui ne peuvent pas faire appel au seul bon sens.

    Parce que tout le monde n’a pas le même bon sens, voire pas de bon sens du tout.

    Et puis les sauveteurs en mer ont autre chose à faire qu’à risquer leur vie pour des accidents qui auraient pu facilement être évités. Je pense que vous aussi vous voulez apprendre à naviguer mais pas apprendre à couler.

    opération de sauvetage en mer

    Comment alors apprendre la voile, aussi vite que possible et en sécurité?

    S’il existe un domaine où l’expérience et l’autonomie sont des qualités essentielles, c’est bien la voile.

    L’autonomie désigne la capacité d’un individu à se gouverner soi-même. En mer c’est une nécessité. Comment acquérir cette qualité?

    En l’exerçant tout de suite, dans vos apprentissages. Vous pouvez construire vous-même votre propre parcours d’apprentissage de la voile. Vous n’êtes absolument pas obligé de passer des niveaux, jusqu’à obtenir un diplôme de “Chef de bord” comme à l’école. Les programmes scolaires ne rendent pas autonome.

    Soyez autonomes dans vos apprentissages

    Les écoles de voile, les formations en ligne et les livres vous donneront des connaissances. En pratiquant vous transformerez ces connaissances en compétences: vous saurez faire un nœud de chaise, border une voile, barrer au près.

    Les moniteurs de voile et les skippers professionnels vous permettront d’apprendre dans un environnement sécurisé. Ils prendront en charge tout ce que vous ne savez pas encore. Ils vous diront à quel moment appliquer nos connaissances, puis nos compétences. Ils vous donneront les bases de la sécurité en mer.

    A la fin de vos stages de voile vous obtiendrez des diplômes plus ou moins officiels. Par exemple la FFV (Fédération Française de Voile) a prévu toute une progression d’acquisition de connaissances et de compétences attestées dans des livrets remis aux pratiquants.

    Vous pouvez obtenir le même résultat (mais sans diplôme) en naviguant avec des plaisanciers expérimentés et pédagogues. Il peut s’agir d’amis, ou de propriétaires de voiliers qui cherchent des équipiers sur les plateformes de cobaturage. Vous compléterez votre formation en lisant des manuels de voile et en regardant des vidéos d’initiation.

    apprendre à naviguer en s'amusant

    Tout ceci est indispensable, mais vous allez me détester de vous dire ici que cela ne fera pas de nous un marin autonome. Ce n’est pas suffisant. Vraiment pas.

    Si vous aspirez à prendre un jour la responsabilité d’un équipage, d’un voilier, ou seulement seconder efficacement votre skipper, vous ne pouvez pas vous contenter de faire des stages de voile.

    Vous devrez vous mettre en situation de prendre des décisions tout seul. Vous aurez à compléter vos apprentissages en vous perfectionnant vous même. Apprendre à apprendre. Se poser sans cesse des questions et chercher partout les réponses. Comme cela vous progresserez même sans prendre de cours et vous deviendrez autonome.

    Ensuite vous cumulerez de l’expérience. Vous varierez les situations, les zones de navigations, les saisons, les supports.  Vous serez alors prêt à affronter les situations les plus inattendues, sans perdre votre sang-froid. Ce qui fait l’étoffe d’un bon skipper.

    Donc si vous voulez vraiment apprendre la voile, ne vous prenez pas la tête avec l’ordre dans lequel vous devrez passer tel ou tel niveau ou toute sorte de diplôme plus ou moins utile.

    Alternez régulièrement théorie et pratique.

    1. Commencez par trouver des gens pour vous montrer le b.a.-ba de la voile: professionnels ou amis, peu importe.
    2. Lisez, apprenez le vocabulaire de la voile, regardez des vidéos, posez des questions partout et à tout le monde
    3. Pratiquez autant que vous pouvez.
    4. Revenez au point numéro 1. Ou au point numéro 2. On s’en fiche. L’important c’est de progresser.
    5. Quand vous êtes prêts, testez votre autonomie en prenant la responsabilité d’un bateau.
    6. Revenez au point qui vous intéresse…

    Peut-on apprendre la voile rapidement?

    Vous pouvez accélérez le processus en pratiquant le plus possible et en diversifiant les situations. Cependant accumuler de l’expérience prend du temps. En mer rien n’est jamais tout à fait semblable, sauf si vous naviguez toujours au même endroit, à bord du même bateau avec la même météo, le même équipage et encore…

    hisser les voiles

    Vous-même vous sentirez différent! Vous allez vous découvrir face à l’imprévu, à la nécessité de réagir rapidement, la peur. Vous devrez composer avec des équipages et des skippers plus ou moins sympathiques. Serez vous patient et discipliné?  Êtes-vous plutôt destiné à naviguer en équipage ou en solitaire?

    Evitez de vous faire peur inutilement

    Le risque si vous allez trop vite ou si vous débutez avec des personnes incompétentes ou peu sûres d’elle-même est de vous faire peur. Vous aurez du mal à vous débarrassez de cette peur ensuite. Vous pourriez même vous dégoûter de la voile. Ce serait vraiment dommage!

    Pour ces raisons, même si vous êtes pressés, choisissez bien avec qui vous embarquez. Ne commencez pas à naviguer avec des personnes peu sûres d’elle-mêmes, stressantes ni qui vous crient dessus pendant les manœuvres. Choisissez toujours des voiliers bien entretenus.

    Prenez la météo même si vous n’êtes pas le skipper: vous avez quand même le droit de décider jusqu’au dernier moment si vous voulez embarquer ou non! Vous expérimenterez le mauvais temps plus tard, en ayant pris les précautions nécessaires s’il s’agit d’un entraînement.

    Votre apprentissage doit rester un plaisir, et surtout pas devenir une galère!

    Où trouver une place d’équipier pour apprendre la voile?

    La réponse paraîtra évidente aux habitués des pontons. Cependant les précisions ci-dessous peuvent vous aider à choisir.

    les écoles de voile

    La pratique du dériveur et du catamaran de sport vous donnera un avantage pour faire marcher votre voilier. Vous y apprendrez à vous repérer sur l’eau sans électronique. L’observation sera votre instrument de navigation principal: direction du vent, anticipation des risées et des courants, vous deviendrez un maître dans la lecture du plan d’eau. Dans le même esprit vous apprendrez à régler finement vos voiles et à optimiser la répartition des poids sur le bateau.

    catamarans école de voile

    L’inconvénient est que pour parvenir à ce résultat il faudra quand même compter quelques semaines de pratique. Il vous faudra aussi une bonne condition physique et accepter de passer du temps dans l’eau au début… Enfin il est probable que vous deviez naviguer avec des adolescents car peu de cours en voile légère sont réservés aux adultes. Pour ces raisons les plaisanciers qui ont débuté de cette manière ont souvent démarré la pratique de la voile très jeunes.

    les écoles de croisière

    Dans ces écoles vous naviguerez sur des voiliers habitables. Ces voiliers appartiennent soit à des associations, soit à des sociétés. Dans le premier cas vos instructeurs seront des moniteurs formés par la FFV, dans le second ce seront des skippers professionnels titulaires d’un brevet de la marine marchande tel que le Capitaine 200 option voile.

    A bord d’un croiseur, outre la manœuvre à la voile vous découvrirez bien d’autres aspects de la navigation, entre adultes. En l’occurrence vous apprendrez à faire le point , exécuter des manœuvres de port au moteur, mouiller une ancre, tenir un quart etc. Si ce type de navigation est généralement plus confortable que la pratique du dériveur, les forces en jeu sont bien plus impressionnantes. La taille du voilier et la surface des voiles peuvent vous intimider et retarder le moment où vous prendrez votre envol.  Votre courbe d’apprentissage sera fonction de votre motivation, de la pédagogie du skipper et de la bonne entente de l’équipage.

    les associations de plaisanciers et de régatiers

    Il en existe dans la plupart des ports de plaisance. Les plus dynamiques organisent des navigations conviviales à plusieurs bateaux, ou carrément des régates et des entraînements à la régate. En plus de cela vous aurez parfois accès à des formations à l’électricité marine, à la mécanique ou à la météo. Fréquenter les associations de plaisanciers ou un yacht-club vous garantit de trouver des embarquements, pourvu que vous ayez le sourire! Les skippers que vous rencontrerez auront une expérience et un sens de la pédagogie extrêmement variable. A vous de multiplier les expériences pour trouver le bon capitaine et découvrir les astuces des uns et des autres!

    apprendre la régate

    les bourses des équipiers

    Si l’association de plaisanciers la plus proche de vous n’en propose pas, vous en trouverez plusieurs sur Internet. Il existe des groupes Facebook de bourse des équipiers, ainsi que des sites dédiés. Tapez “bourse des équipiers voile” dans votre moteur de recherche pour y accéder.

    Ces offres d’embarquement sont proposées par des particuliers, des propriétaires de voilier qui cherchent à compléter leur équipage pour toutes sortes de destinations. Par ce moyen, vous pouvez aussi bien naviguer un week-end en Bretagne que traverser l’Atlantique par les alizés. Sachez qu’il vous sera demandé une participation aux frais, laquelle est très variable. Parfois les prix se rapprochent de ceux d’une prestation professionnelle sans que cela soit justifié.

    Quelques précautions peuvent être nécessaires avant d’embarquer via une bourse des équipiers. Si vous voulez en savoir plus, je vous explique dans mon ebook gratuit “progresser en voile dans prendre de cours” comment choisir votre embarquement.

    les amis

    C’est une solution très conviviale, forcément, qui devrait booster votre motivation. Sachant qu’un voilier demande beaucoup d’entretien, pensez à proposer votre aide pour le carénage des voiliers sur lesquels vous êtes invités, cela est toujours bienvenu. A défaut, ou en complément vous pouvez embarquer avec votre cocotte-minute remplie d’un délicieux ragoût maison, et une bonne bouteille. Ces attentions feront de vous un équipier très apprécié, même si vous débutez.

    Enfin comme pour la solution précédente, ne vous contentez pas d’embarquer toujours avec les mêmes personnes. Vous pouvez d’ailleurs mixer ces 4 possibilités d’embarquement pour vous former au mieux.

    Votre conjoint-e

    C’est un sujet délicat. Vous pouvez vous référez aux 10 raisons pour lesquelles votre femme n’aime pas le bateau pour vous donner un aperçu de la difficulté. De manière générale, je pense qu’il vaut mieux apprendre la voile avec un ou une skipper plus neutre. La relation de couple engendre souvent un excès de protection de la part de celui qui sait, la peu de décevoir de l’autre côté… bref ça peut vite être compliqué. Après il y a toujours des exceptions. Lisez l’article précité et dites moi ce que vous en pensez.

    Les meilleures sources pour acquérir la théorie et les notions de sécurité

    apprendre la navigation

    Les manuels de voile

    Cette liste n’est absolument pas exhaustive, n’hésitez pas à la compléter ici dans les commentaires sous l’article. Si vous les achetez en cliquant sur les liens ci-dessus je vous informe que je toucherais une petite commission pour le blog.

    Les vidéos d’initiation

    Allez sur YouTube, et tapez votre question dans la barre de recherche. Vous aurez des explications pour la plupart des manœuvres de base, y compris des exemples de manœuvres d’homme à la mer. Vous pouvez aussi gagner pas mal de temps en vous rendant sur Eskif.com. Ce site regroupe un grand nombre de chaînes de tutos videos sur la voile.

    Les forums et les groupes facebook

    Pour ma part je connais surtout le forum Hisse et Oh, extrêmement réactif et fourni en informations de tous ordres. Mais vraiment de tous ordres… Le problème dans ce genre de forum est que vous ne savez pas qui est vraiment compétent et qui vous raconte n’importe quoi. Il arrive également que certains participants soient désagréables. Mais ces inconvénients mis à part, si vos questions sont précises, vous pouvez obtenir une aide précieuse par cet intermédiaire.

    Quant aux groupes Facebook, le choix ne manque pas. Ils prennent la relève des forums avec les mêmes avantages et les mêmes inconvénients, plus ceux de Facebook…

    Passer le permis hauturier et le CRR

    Quelque soit votre parcours pour apprendre la voile, vous ne regretterez JAMAIS d’avoir passé le permis hauturier! Il n’est pas obligatoire pour mener un voilier en France, mais vous y apprendrez à faire la navigation sur une carte avec une grande précision. Vous deviendrez incollables en calcul de marée. Vous recevrez aussi quelques enseignements sur la météo et la sécurité.

    Quant au CRR il est très facile à passer et surtout il est obligatoire à bord des voiliers équipés de VHF-ASN, et si vous naviguez à l’étranger. Si vous êtes titulaires d’un permis de plaisance côtier ou hauturier, vous n’avez pas besoin du CRR tant que vous restez en France. Il vous donnera connaissance des procédures d’appels de détresse et des règles d’utilisation de la VHF. Si vous envisagez de naviguer à l’étranger, même comme équipier, il vaut mieux que vous l’ayez.

    Enfin pour les Canadiens, la carte de conducteur d’embarcation de plaisance est obligatoire dès lors que la puissance du moteur atteint 10 CV, même sur les voiliers.

    Skipper un bateau

    Quand vous aurez atteint un niveau  suffisant pour quitter le port et y revenir sans encombres, je vous conseille fortement de prendre de temps en temps la responsabilité d’un petit bateau, puis d’un moyen, puis d’un grand…

    apprendre la voile skipper

    Choisissez des conditions de navigation plus faciles (excellente météo, courants faibles, bateau et équipage en bon état) au début, sur de courtes distances. Vous augmenterez votre rayon d’action quand vous aurez pris de l’assurance.

    Ce passage au grade de skipper, même pour une journée, vous fera énormément progresser. Vous pouvez alterner le poste d’équipier et de skipper d’une sortie à l’autre. Ce n’est pas parce qu’on a déjà dirigé un voilier que l’on ne peut plus être équipier, bien au contraire!

    Pour cela vous pouvez louer, acheter ou emprunter un voilier. J’ai rédigé un article sur l’opportunité de louer ou d’acheter un bateau, vous pouvez vous y référer avant de commettre l’irréparable 😉

    Quant à l’emprunt, cela reste un peu délicat quand on est inexpérimenté. Si vous abimez le bateau d’un ami, restera-t-il votre ami par la suite? Je vous suggère plutôt d’attendre qu’on vous le propose. Ne vous formalisez pas si cela ne se produit pas. Un bateau est pour certains marins comme une extension d’eux-mêmes: ils ne le prêteront jamais.

    Et maintenant…lancez-vous!

    Vous avez à présent les informations nécessaires pour vous lancer. Vous savez que pour devenir un marin autonome vous devez vous composer un parcours d’apprentissage sur mesure. Autonomes dans vos apprentissages, vous avez toutes les chances de l’être également sur l’eau.

    Passez le permis hauturier pendant l’hiver et trouvez un embarquement aux beaux jours. Ne restez pas équipier toute votre vie! Même si vous n’avez pas l’âme d’un skipper, tentez le coup sur de petits voiliers au moins deux ou trois fois dans des conditions faciles.

    A présent dites-moi ce qui vous tente: par quoi allez-vous commencer? L’école de croisière? Les copains? Ecrivez-le sous l’article dans les commentaires!