hugo boss au départ du vendée globe
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Apprendre la voile en suivant le Vendée Globe?

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Quel rapport y a t-il entre un plaisancier et un marin du Vendée Globe?

Si les deux aiment la mer et la voile, il n’est pas certain qu’ils y cherchent les mêmes plaisirs!

Alors à quoi bon s’intéresser à la course au large quand on est adepte de la croisière tranquille, de la pêche à la traîne et des bistrots du port?

Longtemps j’ai pensé que ces deux mondes étaient inconciliables. Pour autant je ne pouvais pas trop passer à côté de certaines tentatives de records qui partaient de mon port d’attache. Mais nous ne les prenions pas très au sérieux. Par exemple avec quelques bons copains, nous avions décidés d’escorter Lyonnaise des Eaux, le trimaran de Kersauzon jusqu’au goulet de Brest, en fabriquant un faux trimaran avec nos trois voiliers habitables nommés pour l’occasion: “la Brestoise du Vin”!

Qu’est-ce qui m’a fait changer d’avis?

En prenant de l’expérience (c’est mieux de le dire ainsi…) j’ai fini par réaliser que trois ingrédients de la course au large pouvaient directement nous inspirer et nous enseigner des techniques et des savoirs fort utiles.

3 techniques que la course au large nous enseigne

 

1. Maîtriser la Météo et le routage

Une bonne partie de la course se joue dans les options stratégiques que décident les coureurs. Je vous assure que lorsqu’on commence à y mettre le nez, ça devient vraiment passionnant. Et aussi un poil complexe, il faut le reconnaître…

squid routage vendée globe
Apprendre le routage avec le Vendée Globe? (Capture d’écran de Squid)

Mais mon ambition de blogueuse c’est bien de vous rendre accessibles la plupart de ces savoirs!

Du moins quand je les maîtrise suffisamment.

Comment font ces marins transocéaniques pour déterminer la meilleure route à suivre?

Ne croyez pas que tout est calculé par ordinateur! La météo est une science imparfaite, inexacte. Elle est soumise à l’effet papillon…

Les logiciels de routages peuvent tracer avec précision une route optimale à 3 ou 4 jours d’échéance. Mais au-delà les prévisions ne sont plus aussi fiables. Et c’est là que commence la partie d’échec. Selon les saisons on retrouve plus ou moins les mêmes systèmes météorologiques aux différentes latitudes. Il faut donc parier sur telle ou telle situation en avance pour déterminer une option gagnante.

Par ailleurs certains bateaux et certains skippers seront plus à l’aise que d’autres suivant l’allure, la force du vent ou l’état de la mer. Certains bateaux sont même si récents que leurs polaires de vitesse ne sont peut-être pas encore bien connues.

Au fil de la course le matériel s’use, casse parfois, il faut donc se débrouiller avec les voiles ou les foils qui restent. Quand ce n’est pas le mât qui tombe, ou le bateau qui se renverse…

Ce petit jeu de stratégie peut-il nous concerner, nous autres plaisanciers?

Oui!

Tout simplement parce qu’il peut nous initier à la météo et au routage tout en nous amusant. Bien sûr pour cela il faut y regarder d’un peu plus près.

Pourquoi telle option au raz de la côte africaine peut s’avérer meilleure que de prendre au large pour négocier le pot au noir?

Et là on découvre que nos skippers de choc savent autant jouer avec les effets locaux qu’avec les grands systèmes dépressionnaires ou anticycloniques. Chapeau!

Mine de rien en suivant leur aventure, nous nous retrouvons à préparer notre prochain tour du monde à la voile!

Ou une traversée vers les Antilles. Ou juste un petit aller-retour vers la Corse… Qu’importe du moment que ça nous aide à progresser!

imoca 60 au départ du vendée globe

2. Apprendre des techniques de navigation en solitaire avec le Vendée Globe

Alors certes nous ne sommes pas nombreux ici à pouvoir nous offrir un pilote gyroscopique dernière génération. N’empêche, il faut bien qu’ils s’organisent ces athlètes, tout comme nous, pour manger, dormir, manœuvrer et veiller aux cargos.

Comment fait-on pour empanner tout seul sur un voilier de 60 pieds? Et comment gère t-on le sommeil?

Sans parler des gars qui grimpent en solo dans leurs mâts par 3 mètres de creux (beuh, le mal de mer), quand une drisse ou une poulie fait des siennes.

Et le mal de mer? On sait très bien qu’ils sont nombreux à en souffrir au moins les premiers jours. Comment font-ils pour y survivre?

3. la préparation à terre.

Sur ce point à mon avis ils doivent faire pas mal de listes 🙂

Enfin moi, quand je prépare une traversée j’ai des listes pour les travaux, l’avitaillement, des check-list de sécurité, de ceci de cela…

Préparation du bateau, préparation physique, et préparation du routage.

Il s’entraînent dur, ça c’est clair. Musculation, parcours de qualification,stages de survie…

samantha davies

Comment déterminent ils les quantités de nourriture, d’eau, la conso d’électricité.

Sur le Vendée globe 2020, Alex Thomson a fait le choix de n’emporter que 67 jours de nourriture. Alors que le record est établi à 74 jours!

Second de l’édition précédente il vise la première place, après tout c’est une manière de se motiver comme une autre.

Sans compter que tout cela pèse assez lourd, donc il y a bien des choix à faire.

En suivant attentivement une course comme le Vendée Globe, nous pouvons donc apprendre beaucoup! A nous ensuite d’adapter tout ceci à notre façon de naviguer et à nos bateaux.

D’ailleurs mon petit doigt me dit qu’une petite série de vidéos sur ces sujets devraient faire leur apparition très prochainement sur la chaîne Youtube des Tutos 😉

Mais ce n’est pas tout!

Il n’y a pas que la technique dans la vie d’un marin. Le rêve et le plaisir, l’inspiration ça compte aussi, non?

Du rêve, de l’inspiration, de l’amitié!

Les parcours des skippers professionnels peuvent nous inspirer, nous encourager à aller plus loin dans notre apprentissage de la voile. Si nous n’avons pas les mêmes ambitions, les qualités humaines qu’ils développent ne sont peut-être pas complètement hors de notre portée. A une échelle plus modeste évidemment.

Car le Vendée Globe peut-être particulièrement éprouvant. Franchir la ligne d’arrivée de cette course mythique est déjà un exploit en soi.

Souvenons-nous du sauvetage de Philippe Poupon par Loïc Peyron, de Bertrand de Broc se recousant la langue à vif. On peut aussi compter nombre de chavirages et malheureusement les disparitions de Gerry Roufs, Nigel Burgess et Mike Plant.

Pour ma part cette année je vais suivre plus particulièrement Samantha Davies. Et vous, avez vous un skipper préféré?

Les défis qu’ils se donnent, les problèmes qu’ils vont devoir résoudre au fil de leur navigation hors normes vont nous plonger dans de formidables odyssées. Leurs aventures nous sortent de notre quotidien, tout en nous permettant de les vivre par procuration, ce qui avouons-le, est bien plus confortable.

Enfin pour plus d’immersion il est toujours possible de suivre la course sur un jeu de simulation, tel que Virtual regatta.

virtual regatta vendée globe

Jeu qui n’aura rapidement plus grand intérêt si vous ne vous mettez pas rapidement au routage météo. Pour progresser dans cet univers: QTvlm, Squid, Zezo et bien sûr Windy seront d’une aide incontournable! Nous en parlerons certainement dans les semaines à venir.

De mon côté je cours sur Petite Chaloupe avec la Team des tutos de la croisière, constituée pour l’occasion. Cap à l’Ouest pour dégolfer puis descente vers le sud.

Bonne course!

 

 

 

 

 


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