• Équipières concentrées
    naviguer en équipage

    Comment devenir un équipier compétent et demandé en bateau

    Vous rêvez de naviguer à l’oeil, ou tout au moins à bon prix?

    Vous voulez qu’on pense à vous quand s’organise une croisière sous le soleil entre amis?

    Que les plaisanciers du port s’arrachent votre présence à bord?

    Pourquoi pas?

    Mais vous devrez remplir quelques conditions afin de devenir l’équipier compétent que tout bon skipper rêve d’embarquer.

    Or il ne s’agit pas seulement de connaître les nœuds marins ni le code Vagnon par cœur.

    Dans le guide « progresser en voile sans prendre de cours », que vous avez sûrement lu 😉

    Note: si ce n’est pas le cas il vous suffit de remplir la petite boite bleue à droite ou au bas de l’article.

    Dans ce guide, donc, je vous suggère de pratiquer la co-navigation, ou Bateau Des Autres (BDA), afin de gagner de l’expérience sans trop dépenser d’argent.

    Cependant certains d’entre vous m’ont fait remarquer qu’aux beaux jours la concurrence sur les embarquements les plus intéressants se faisait rude. Moi-même j’ai constaté que les skippers des voiliers à bord duquel j’ai navigué par l’intermédiaire du site Vogavecmoi.com étaient très sollicités au cœur de l’été.

    D’autres apprentis-navigateurs qui souhaitent effectuer une transat font face à une sélection parfois impitoyable.

    Alors comment se préparer au mieux pour mettre toutes les chances d’embarquer de son côté?

    Pour répondre à cette question il faut en réalité s’en poser une autre, en opérant un léger décentrement.

    1.Comprenez ce que les skippers attendent de leurs équipiers

    Bêtement je pensais comme vous que la première qualité attendue d’un bon équipier était la compétence.

    Quoi de plus rassurant pour un capitaine en effet que de savoir qu’il dispose d’un équipage aguerri, capable de ramener le bateau à bon port à sa place s’il venait à défaillir?

    Que nenni.

    Vous vous fourrez le doigt dans l’oeil et bien plus loin encore.

    Si vous écoutez attentivement François-Pierre, propriétaire d’un magnifique catamaran de 40 pieds tout neuf, vous découvrirez que:

    la seule chose qu’il attend de ses co-navigateurs, est « qu’ils sachent faire un « nœud de taquet ».

    A la limite s’ils font simplement 10 tours avec le cordage autour d’une bite d’amarrage, il s’en contentera. En effet il ne peut à la fois piloter son grand voilier et sauter sur le quai avec les amarres. En tout cas pas sans prendre quelques risques.

    Par contre une fois les bouts frappés à quai, il se débrouille dans problème. Il n’a plus besoin de vous.

    Et en mer me demanderez vous?

    En mer, la plupart des voiliers de croisière modernes évoluent sous pilote.

    Peut-être alors retrousserez-vous vos manches pour mettre en valeur le travail de tout un hiver sur le banc de musculation. Il est vrai que plus les bateaux sont grands, plus leurs voiles sont difficiles à border et, contre toute logique sportive, plus les skippers sont âgés.

    Âgés parfois, mais rarement manchots.

    Leurs bateaux sont équipés soit de winchs électriques, soit de manivelles électriques..

    Vous pouvez donc vous rhabiller.

    Manivelle de winch électrique

    Quant aux manœuvres de mouillage, si vous pensez les coincer sur ce sujet méfiez-vous aussi. Nombre de bateaux de grande croisière possèdent en effet des commandes de guindeau au poste de barre, doublées de compteur de chaîne.

    Il reste les quarts de nuits me direz-vous, une lueur d’espoir éclairant subitement votre visage désappointé.

    Malheureusement…

    Un skipper équilibré qui ne connait pas ses équipiers ne leur confiera pas son bateau la nuit.

    Au mieux il dormira d’un oeil pendant leur quart, dans le carré, les bottes aux pieds. Ceci non sans avoir réglé à leur volume maximal les alarmes du radar, de l’AIS, du mer-veille, du pilote, du GPS, du sondeur.

    Du moins est-ce ce à quoi vous devez vous attendre la première nuit. Et peut-être même la seconde. Ensuite il devrait être terrassé par la fatigue, et commencer à vous faire confiance, en principe.

    Mais alors, s’ils savent naviguer en solo, pourquoi veulent-ils des équipiers?

    Soyons précis. Si certains savent vraiment naviguer en solitaire, d’autres pensent qu’ils en sont tout à fait capables alors que ce n’est pas vraiment le cas.

    Par ailleurs quelques skippers annoncent clairement qu’ils cherchent des équipiers pour les aider à progresser.Tous les cas de figure sont possibles.

    2. Soyez discipliné!

    La plupart des skippers cherchent des équipiers qui acceptent de faire ce qu’ils leur demandent, au moment où ils le demandent.

    La discipline, ou l’obéissance est la première qualité attendue d’un équipier.

    Ceci n’empêche pas le dialogue, mais autant que possible pas au dernier moment. En fait si vous discutez un peu trop souvent les décisions et les ordres du capitaine vous risquez fort de finir sur le quai avec votre sac de matelot, que vous ayez raison ou pas.

    Par exemple s’il vous demande de lover les écoutes d’une certaine façon qui n’est pas la votre, faites un effort!

    Après il se peut que vous ne puissiez répondre à un ordre parce que tout simplement vous n’êtes pas compétent.

    Équipier incompétent

    Soit que vous ne compreniez pas ce qu’on vous demande, soit que vous ne soyez pas en mesure de le réaliser correctement ou rapidement.

    Ceci ne sera problématique que si vous vous êtes présenté avant l’embarquement comme un marin expérimenté.

    Mais si vous avez été honnête, le skipper ne devrait pas vous en vouloir. Après tout il vous a accepté à son bord en connaissance de cause.

    Car, bonne nouvelle: les débutants sont souvent acceptés dans les équipages en co-navigation.

    Ceci tout simplement parce que naviguer en solo ne plait pas à la majorité des marins.

    D’abord il est généralement bien plus facile de manœuvrer un voilier à plusieurs, quitte à expliquer longtemps, et c’est bien moins stressant et moins fatiguant.

    Ensuite avoir quelqu’un avec qui trinquer à l’heure de l’apéro, refaire le monde en partageant un bon repas ou un coucher de soleil au mouillage, peut-être une perspective réjouissante.

    Sauf si vous faites la tête tout le temps.

    3. Montrez vous sociable et ouvert.

    L’espace reste assez limité sur nos voiliers. La promiscuité est souvent la règle. Mais l’entraide et l’attention des uns aux autres et de tous au bon entretien de l’espace de vie permettent de compenser largement cet inconvénient.

    Nous avons tous des caractères différents et notre manière de nous faire apprécier, ou détester, des autres.

    Équipière compétente

    En bateau il faut quand même éviter de nous faire détester. Donc retenir les remarques désobligeantes, supporter les petites manies de chacun et ne pas nous montrer trop susceptible. A l’inverse faire preuve d’humour, cuisiner de bons petits plats, et proposer des activités (baignade, balades, musique etc) amène de la convivialité et soude l’équipage peu à peu.

    De plus pour ne pas générer de tensions inutiles chacun est prié de se plier aux règles du bord édictées par le skipper et participe de manière équitable aux tâches domestiques. Au passage il n’est écrit nulle part que les hommes ne peuvent pas apprendre à cuisiner, ni que les femmes sont incapables de prendre des ris sous les embruns. Quand on partage, on partage!

    Compte tenu de toutes ces contraintes, même si vous êtes plutôt sociable à terre, cela ne vous garantit pas de l’être à bord .

    Ne vous embarquez pas pour une croisière d’une semaine ou plus sans avoir testé votre aptitude à la vie en équipage sur des périodes plus courtes. Vous risquez d’être déçu et même de gâcher l’ambiance du bord.

    Revenons maintenant à cette histoire de compétences.

    4. Développez des compétences de base en navigation

    Lorsqu’un skipper compose son équipage, il peut choisir de recruter au moins un équipier un peu expérimenté, pour avoir un matelot immédiatement opérationnel à ses côtés, voire un véritable second.

    Manœuvre de port

    Une fois cette garantie obtenue, les débutants, ou semi-débutants seront généralement les bienvenus à bord à la seule condition de leur bonne humeur.

    Mais bien sûr, si vous êtes discipliné, sociable ET compétent, alors vous devriez trouver des embarquements à foison!

    Pour seconder efficacement votre skipper en navigation, représentez-vous les moments les plus critiques en navigation, ceux où le skipper aura vraiment besoin d’aide.

    D’abord les manœuvres de port, toujours un peu stressantes à partir d’une certaine taille de bateau et quand il y a du vent.

    Pour ces manœuvres les équipiers doivent installer les défenses et les aussières. Ils doivent être prêts à déborder les quais et les autres bateaux à l’aide d’un pare-battage volant. Ils récupèrent les  pendilles ou bien descendent sur le quai pour immobiliser le bateau et l’amarrer.

    Selon les situations le skipper peut donner des consignes claires, mais souvent il faut faire preuve d’initiative.

    Noeud de chaise

    Vous devez être capable d’exécuter rapidement quelques nœuds, et d’anticiper les éventuels heurts ou la dérive du voilier pour sauter au bon moment sur le ponton.

    Pour l’anticipation il n’y a pas de secret: elle s’acquiert avec l’expérience. Mais les nœuds d’amarrage, vous pouvez les apprendre à la maison.

    Apprenez déjà le nœud de taquet, le nœud de cabestan pour les pare-battages et le fameux « un tour mort et deux demi-clés » qui est très facile à retenir, à réaliser et ne lâche jamais.

    Ensuite vous pouvez essayer le nœud de chaise, très utile mais un peu plus compliqué. Enfin le nœud en huit qui est un nœud d’arrêt utilisé pour empêcher les bouts de sortir des poulies.

    D’autres situations nécessitent parfois de l’aide: les manœuvres de mouillages par vent fort ou lorsque l’ancre est engagée, les réductions de voilure, les empannages sous spi et bien sûr les quarts de nuit ou de jour.

    Vous n’avez pas besoin d’être des experts dans ces domaines, car le plus souvent il vous suffira d’exécuter les consignes que vous recevrez.

    Border voile

    Par contre il vaut mieux que vous connaissiez le vocabulaire maritime, et que vous compreniez le but ce que vous vous apprêtez à faire. Certains équipiers se retrouvent ainsi à tirer sur des bouts sans trop savoir à quoi ce cordage est relié…

    En résumé voici votre programme de révision pour devenir un (ou une) équipier compétent lors de vos prochaines navigations.

    • Connaître les principaux nœuds marin
    • Le vocabulaire maritime
    • S’orienter sur un plan d’eau
    • Gréer, dérouler, enrouler et régler sommairement les voiles
    • Savoir barrer à toutes les allures.
    • Connaître le code maritime: règles de barre et de route, balisage, feux des principaux navires
    • Entretenir une condition physique suffisante. De la souplesse et un peu de force.

    5. N’embarquez pas avec n’importe qui

    L’ensemble des compétences que j’ai citées précédemment seront très appréciées j’en suis certaine par vos prochains capitaines. Si vous les développez toutes vous n’aurez aucun mal à trouver une place y compris pour une transat.

    Beaucoup de familles avec de jeunes enfants qui traversent pour la première fois cherchent en effet des équipiers à tout faire.

    Mais soyez tout de même prudent de votre côté.

    J’ai rédigé cet article en supposant que vous cherchiez un embarquement avec un skipper lui-même… sociable, ouvert et compétent!

    Cependant ce n’est pas toujours le cas. Il n’y a pas de bon équipier sans bon capitaine.

    Vous avez donc deux possibilités: soit vous avez un moyen de vérifier la réputation du skipper avec lequel vous allez embarquer.

    Soit vous n’en avez pas, et dans ce cas l’idéal serait de commencer par naviguer à la journée ou au week-end avec cette personne.

    Ceci vous permettra aussi de juger de l’état du bateau et des conditions de confort et de sécurité que vous pouvez en attendre.

    A ce stade je suppose que vous avez quelques expériences à ce sujet à partager, en tant qu’équipier-e ou skipper.

    Votre mission sera donc d’en faire profiter les autres lecteurs dans les commentaires sous cet article, je vous lirai moi-même avec intérêt 😉

     

     

     

     

     

  • cormorans posés sur un dériveur
    idées de croisière

    Comment observer les oiseaux en voilier

    Lorsque vous avez commencé à naviguer, soupçonniez-vous l’immensité de l’univers qui s’offrait à vous?

    Un univers technique, sportif, mais aussi une nature complexe minérale et vivante, que vous ne cesserez jamais de découvrir. Parmi ces merveilles, je vous propose aujourd’hui d’observer attentivement les oiseaux du large et du littoral depuis le pont de votre voilier.

    Même si vous avez prévu de vous concentrer sur le réglage de vos voiles ou d’installer une nouvelle prise USB dans le cockpit.

    Lâchez votre écoute ou votre fer à souder quelques minutes et voyez ce Fou de Bassan qui se jette en piqué de trois fois la hauteur du mât dans un banc de sardines.

    Écoutez le cri rauque (et quelque peu agaçant) de la colonie de Puffins cendrés dans la falaise au-dessus de vous.

    Vous vous êtiez cru seul au mouillage?

    Certainement pas.

    Des centaines, peut-être des milliers d’oiseaux nichent, se reproduisent et se nourrissent à quelques longueurs de votre coque.

    Il se peut aussi qu’un enfant égaré à bord vous demande le nom de ces volatiles. Sauf que, mis à part le Goéland et la mouette, que vous ne différenciez pas toujours très bien, votre culture ornithologique est assez limitée. L’enfant s’empare tout de même des jumelles et poursuit sa litanie de questions.

    observer des colonies d'oiseaux en voilier
    Colonie de fous de bassan sur Little Skellig, Irlande

    « Et pourquoi ils ne volent pas tous? »

    « Beeeerrk!! les groooosses tâches noires sous le ventre! Il s’est sali ou quoi ?! »

    « Regarde le grand noir là-bas, on dirait qu’il fait sécher ses ailes. Mais pourquoi? Il n’aime pas quand elles sont mouillées? »

    A ce moment là vous vous souvenez que vous vous étiez promis d’acquérir un guide des oiseaux. La prochaine fois sans faute?

    Il est vrai qu’il est plus facile de profiter du spectacle si vous êtes équipé.

    Faut-il un équipement particulier pour observer les oiseaux en voilier?

    La bonne nouvelle est que vous avez probablement déjà ce qu’il vous faut.

    Les oiseaux marins sont souvent curieux des navires. Ils s’approchent assez facilement, parfois ils vont jusqu’à se poser sur le pont.

    Vous pourriez donc presque vous passer de jumelles pour débuter votre carrière d’ornithologue.

    Mais avec celles du bord, vous améliorerez grandement votre expérience.

    De bonnes jumelles

    Les jumelles marines ont généralement un grossissement de 7 et un diamètre d’objectif de 50mm.

    La largeur de leur champ de vision varie selon les modèles ainsi que leur luminosité, le traitement des verres etc.

    Certaines sont dotées de compas de relèvement.

    Selon mon expérience ces jumelles servent peu, essentiellement pour identifier les balises ou repérer les entrées de port. Et pour relever les amers un compas de relèvement suffit généralement, quand vous ne vous fiez pas entièrement à votre appli de navigation.

    Celles que j’ai trouvées à bord de la plupart des voiliers à bord desquels j’ai navigué étaient de qualité médiocre, il était difficile de faire le point, et je suis bien contente de n’avoir jamais eu à repérer un homme à la mer avec elles. Bien sûr il en existe de bonne facture mais elles sont rarement une priorité dans l’inventaire déjà bien onéreux d’un bateau.

    observer les oiseuax en voilier avec des jumelles

    Si vous n’en avez pas encore acheté, je vous suggère d’en choisir une paire de meilleure qualité, un peu plus adaptée à l’observation des animaux, et notamment des oiseaux.

    Vous pourrez choisir un grossissement plus élevé, disons 8, mais pas plus car au-delà si le bateau bouge vous aurez du mal à garder votre cible dans votre champ de vision, ou alors elle sera floue.

    Quant au diamètre, je ne descendrai pas au-dessous de 42mm histoire de rester efficace en basse lumière.

    Ainsi avec une optique 8X42, et si possible un champ de vision bien large (Au moins 120m) vous pourrez aussi bien visualiser les éventuels dangers, bateaux de pêche et amers que les oiseaux perchés sur les récifs.

    Bien sûr vous vous assurerez de l’étanchéité de votre instrument, mais c’est généralement le cas.

    Comme j’ai la chance de naviguer dans une zone se prêtant bien à l’observation des oiseaux, je me suis équipée de ces jumelles GPO Passion ED 8X42, le vendeur était très réactif et arrangeant, donc je vous recommande sa boutique.

    Elles vous paraîtront peut-être un peu cher (429€), mais vous pouvez certainement commencer avec une paire légèrement moins performante comme ces Nikon Monarch 5 pour 299€. En-dessous de ce prix, je ne sais pas trop ce que vous verrez.

    Un guide ornithologique pour reconnaître les oiseaux depuis votre voilier

    Observer c’est bien, nommer et comprendre c’est mille fois plus intéressant! Difficile en effet de partager vos observations et de vous renseigner sur les mœurs des oiseaux si vous ne savez pas les reconnaître.

    Le hic c’est qu’on compte environ 10 000 espèces d’oiseaux recensées sur notre belle planète. Vu comme cela ça semble un peu inaccessible. En réalité les oiseaux de mer sont beaucoup moins nombreux: seulement 305 espèces identifiées dans cet ensemble. De plus ils sont répartis suivant des aires géographiques qui en excluent pas mal de votre zone de navigation.

    Au final, en Bretagne vous pouvez démarrer avec les 50 espèces proposées par l’association Bretagne vivante, dans son petit dépliant à 3€.

    Pour débuter en Méditerranée l’ouvrage Oiseaux du littoral et des îles de Méditerranée présente en détail 80 espèces et surtout il vous dit où et quand les trouver! Il convient bien aux débutants et aux enfants.

    La place et le poids étant comptés sur mon propre voilier, j’ai préféré télécharger l’application Le Guide Ornitho sur mon smartphone pour 16€.  Ce guide est une bible pour la zone Europe, Afrique du Nord et Moyen Orient, et la version numérique est assez bluffante avec des vidéos et des enregistrements du chant des oiseaux.

    Si vous préférez le papier, vous trouverez Le guide ornitho dans toutes les bonnes librairies. Il est édité par Delachaux et Nestlé.

    observer les oiseaux en kayak

    Un Kayak ou une annexe

    Bien sûr vous pourrez mener vos observations en route du pont de votre bateau ou encore au mouillage.

    Néanmoins, si vous êtes au mouillage justement, une petite promenade à la rame en annexe ou en kayak vous rapprochera encore plus des sites de pêche et de nidification.

    Si vous utilisez un paddle, je pense qu’il vaudra peut-être mieux vous asseoir car vous paraîtrez bien imposants debout agitant vos longues rames. Essayez, et dites moi si je me trompe sur ce point.

    Où observer les oiseaux à partir d’un voilier?

    Comme je le disais plus haut vous avez deux possibilités: ou bien vous naviguez, ou bien vous êtes au mouillage. Bon oui, c’est vrai que vous pouvez aussi vous laisser dériver!

    En navigation hauturière

    Au large vous rencontrerez des espèces pélagiques, qui vivent en haute mer en dehors des périodes de reproduction. Parfois vous verrez de petits migrateurs égarés se poser sur votre balcon, totalement épuisés. Ces derniers ne survivront probablement pas car ils ne se nourrissent que d’insectes et de vers…

    Albatros dans les mers du Sud

    Les plus connus des oiseaux du large sous nos latitudes sont les fous de bassan, les pétrels, les fulmars, puffins fuligineux etc. Dans les mers du sud vous rencontrerez aussi des albatros et vers les tropiques des frégates.

    Si vous en apercevez volant en groupe au raz des flots, c’est que probablement ils suivent la chasse de dauphins ou de thons. Quand je les vois ainsi affairés, je sors toujours ma ligne de pêche au gros, et souvent avec succès. Et si elle est déjà à l’eau, j’en mets une deuxième!

    De tels spectacles vous feront votre journée et vous serez bien content d’avoir de bonnes jumelles pour bien en profiter.

    En grande traversée vous ne verrez plus les fous de bassan que jusqu’à 400 ou 500 milles des côtes. L’apparition de nouvelles espèces fait partie de cet ensemble de signes qui vous indiquent l’approche de la terre.

    En navigation côtière

    Plus vous naviguerez près de la côte et plus vous verrez d’oiseaux. L’avantage de nos voiliers et qu’il nous permettent de nous rapprocher des colonies installées sur les îlots, les falaises et les récifs inaccessibles depuis la terre. Ne vous avisez pas pour autant d’y débarquer sans vous êtes renseigné préalablement. Pendant la période de nidification beaucoup de ces rivages sont interdits pour des raisons évidentes.observer les oiseaux depuis un voilier

    Les estuaires et les rias ou abers regorgent également d’oiseaux de mer et de terre. Les bancs de sable et de vase cachent des milliers de vers, coquillages et petits poissons qui font le repas des limicoles, ces petits échassiers.

    Au mouillage

    Si vous êtes un lève-tôt ou bien que vous êtes prêt à différer l’heure de l’apéro, il se dit que c’est en début et en fin de journée que la plupart des oiseaux sortent se nourrir. Vous pouvez les observer le verre dans une main, les jumelles dans l’autre. Vous pouvez aussi poser votre verre le temps d’une observation 🙂

    En réalité vous pouvez observer les oiseaux à toute heure du jour ou de la nuit, tout dépend des espèces qui fréquentent votre environnement.

    Les oiseaux de rivages, les limicoles, suivent par exemple le rythme des marées. Dès que l’eau commence à descendre ils sortent pour débusquer vers et coquillages dans la vase.

    Quant aux rapaces, j’ai lu qu’ils adoraient se glisser dans les courants d’air chaud ascendants, aux alentours de midi.

    Bref, le mieux sera sans doute de mettre à l’eau votre annexe ou votre kayak pour visiter tranquillement le site. Une promenade sur la berge, si cela est permis, vous offrira encore plus d’opportunités.

    Repérer les réserves naturelles

    Si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté, faites une recherche sur Internet pour repérer les réserves naturelles présentes dans votre zone de navigation. Et croyez-moi ce n’est pas ce qui manque, surtout sur les côtes françaises!

    En Bretagne vous pouvez, par exemple, visiter le parc marin d’Iroise, l’archipel des Glénans,  la baie de Saint Brieuc, les sept-îles et le Golfe du Morbihan: pingouins, guillemots, cormorans, vous allez vous régaler! Et pour commencer vous pouvez vous rendre à Molène en suivant ce tuto du blog.

    L’association Bretagne Vivante publie chaque mois un article sur un nouvel oiseau. De quoi progresser tranquillement.

    La Méditerranée n’est certainement pas en reste même si la Camargue reste la plus grande réserve ornithologique de France. Seulement voilà, en voilier, ça manque un peu de fond!

    flamants roses en camargue

    Il vous faudra plutôt visiter toutes les petites et grandes îles, comme les archipels marseillais sans oublier la Corse et la réserve de Scandola qui regorgent de belles surprises.

    La seule chose dont il faut bien vous souvenir: l’accès à ces réserves naturelles, et notamment le mouillage est réglementé, donc vraiment, pour ne pas nuire aux oiseaux, prenez le temps de vous renseigner.

    On passe à l’action!

    Mes nouvelles jumelles viennent à peine d’arriver et il me tarde de les étrenner!

    Parce que, oui… je dois vous avouer que j’ai de grosses lacunes en ornithologie!

    J’aurais bien aimé vous décrire attentivement quelques espèces, mais je vais attendre d’avoir un peu plus d’expérience.

    Et puis je trouve il n’est pas si facile de s’approcher des oiseaux.

    Je l’ai constaté à mes dépens. A la réception de mes jumelles toutes neuves, j’étais comme une gamine avec un nouveau jouet. Le soir tombait, je me suis dit que c’était l’heure idéale, j’ai enfilé des vêtements sombres et je suis partie à l’affût dans un petit parc public, juste au dessus du port de commerce et de la rade de Brest

    Les oiseaux étaient pourtant bien là. Je les entendais chanter, et se moquer de moi vraisemblablement. Impossible en effet de les voir. Le seul que j’ai pu repérer, peut-être un rouge-gorge, s’est envolé des que j’ai levé mes jumelles. A mon avis je marchais trop vite, j’aurais peut-être du rester immobile et attendre qu’ils se découvrent? J’espère que du mouillage j’aurai plus de chance!

    Par contre de là où j’étais, au-dessus des falaises qui surplombent les cales de radoub, je pouvais voir les balises à 2 milles plus loin avec une netteté surprenante! Elles sont top ces jumelles, il faut juste que j’apprenne…

    Par contre si vous, lecteur, savez comment observer les oiseaux en voilier, partagez vos conseils ou vos anecdotes en commentaire de l’article!

    Et en attendant vos remarques, je m’en vais relire ce récit d’une naturaliste expérimentée au large des côtes du Labrador. Ses observations sont tout simplement magiques!

    Au mouillage à Sneem, Irlande. Mais qui est le plus curieux de nous trois?

     

  • muscadet jaune sous voiles
    idées de croisière

    Les mille et une qualités des petits voiliers habitables

    Parfois on ne peut pas attendre. D’ailleurs, vous criez partout que vous n’avez plus le choix, vous devez absolument naviguer. Mais bien vite vous constatez que vous n’avez ni les moyens, ni l’expérience ou je ne sais quel obstacle se dresse pour différer la réalisation de votre rêve.

    La procrastination peut venir à bout d’une passion naissante. Mais l’inverse est tout aussi vrai.

    Alors ici j’ai voulu faire l’éloge des petits voiliers habitables.  Non que je n’aime pas les grands croiseurs hauturiers, mais parce que les qualités des petits bateaux apportent une solution à la plupart de vos hésitations.

    Je préfère vous prévenir tout de suite: nous ne parlerons pas dans cet article confort ni performance. Seulement d’aventures réalisables, d’exploration côtière et d’embruns stimulants.

    Avant d’aller plus loin mettons-nous d’accord sur une définition.

    Qu’est-ce qu’un petit voilier habitable?

    Un petit voilier habitable est une embarcation de petite taille dont le moyen de propulsion principal est la voile, dans laquelle il est possible de dormir à l’abri des intempéries.

    Comment définir alors la longueur maximale d’un petit voilier? Celle au-delà duquel nous aurons affaire à un voilier de taille moyenne ou grande?

    Ne me remerciez pas, je viens de vous donner un sujet de débat interminable pour vos soirées au mouillage et vos quarts de nuit.

    Une première difficulté est que la longueur ne fait pas tout. (Dans bien des domaines c’est connu)

    Les exemples sont nombreux, à taille équivalente, le volume des voiliers (ou tonnage ou jauge brute) ne cesse pas d’augmenter.

    Si je compare mon First Class 8 à un Pogo 8,50 par exemple, les deux bateaux ont la même longueur hors-tout mais pas du tout le même programme de navigation.

    La longueur à la flottaison des deux bateaux n’est d’ailleurs pas la même puisque les voiliers récents exploitent généralement toute la longueur de coque pour de meilleures performances au près.

    au bord de la plage sun 2000
    photo Flickr – sun 2K

    Ainsi si nous devions fixer une longueur maximale aux « petits voiliers » habitables il vaudrait mieux s’accorder une longueur à la flottaison.

    Ensuite qui suis-je pour prétendre à définir les limites de cette catégorie?

    En effet un voilier de 30 pieds paraîtra « grand » à certains plaisanciers habitués à de plus petites unités mais petit aux candidats à une transatlantique en famille.

    De fait, la notion de « petit voilier habitable » est éminemment subjective.

    Finalement ma seule légitimité à trancher la question est d’être l’auteur de ce blog, où je peux exposer mon point de vue unilatéralement.

    Vous êtes quand même invité à me contredire, ou pas, dans les commentaires à la fin de l’article 😉

    Ainsi je parlerai ici de petits voiliers pour des unités dont la longueur à la flottaison ne dépasse pas les 8 mètres.

    Je pourrais sans doute creuser scientifiquement les raisons de mon choix, mais acceptez qu’il soit le fruit de mon expérience de la croisière et de mon ressenti physique.

    Disons qu’au dessus de 8 mètres les contraintes de tous ordre s’amoncellent qui peuvent faire reculer la majorité des débutants et beaucoup de candidats à l’achat.

    Alors, qu’ont ils de si séduisant, ces petits bateaux habitables?

     

    Petit bateau, petit budget?

    Si vous cherchez un voilier, j’ai toujours à l’esprit que le bon voilier est d’abord celui que l’on peut s’offrir. A quoi bon tirer la langue devant des unités qui mettraient notre budget en péril?

    Le plaisir de posséder un voilier sera vite gâché s’il vous impose de trop gros sacrifices. A moins que vous n’ayez fait le choix radical de vivre à bord toute l’année, il vaut mieux rester prudent en la matière.

    Le prix d’achat

    L’avantage numéro un des petits voiliers habitables réside donc dans leur accessibilité financière. Il n’est pas si difficile en effet de dénicher un tel bateau prêt à naviguer pour environ 5000€. Bien sûr vous n’aurez pas à ce prix tout le confort des unités récentes. Mais voyez déjà ce qu’un Sangria ou un Ecume de mer et autre Gib sea 28 peuvent vous amener à réaliser!

    Le coût véritable d’un voilier ne se résume pas cependant à son prix d’achat.

    L’entretien à coût réduit

    L’entretien et la mise à niveau comptent aussi, et pas qu’un peu!

    La bonne nouvelle est qu’avec un petit voilier tout est plus petit!

    La surface de vos voiles neuves, le poids de votre ancre, la quantité de peinture nécessaire à son entretien, la longueur de vos drisses…

    Au final la note restera toujours moins salée qu’avec un « grand voilier », et cela vous laissera un peu de marge pour payer la place de port.

    Car la place de port, casse-tête du futur propriétaire, représente elle aussi un coût de possession non négligeable.

    petits voiliers à l'échouage

    Une place au port ou dans le jardin

    Justement, le coût de la place de port se détermine en fonction de la surface occupée par votre voilier. Donc plus il est petit…

    L’autre avantage de ces petits voiliers est que certains d’entre eux sont transportables.

    Et là avec une remorque et un petit bout de terrain, plus de problème de place de port!

    Enfin s’ils ne sont pas transportables, il ont généralement un tirant d’eau modéré à faible, voire ils peuvent s’échouer au moins avec des béquilles.

    Ces qualités leur permettent de briguer des places de port inaccessibles aux grands voiliers!

     

    Plus de temps pour naviguer

    Un petit voilier demande moins de temps pour son entretien

    Les propriétaires de voiliers apprennent rapidement qu’ils ne passeront pas tout leur temps de loisir à naviguer.

    Non, ils devront aussi en consacrer une part importante à l’entretien.

    Plus le bateau sera grand et équipé plus cet entretien sera non seulement coûteux, mais aussi long et complexe.

    Imaginez ce que représente l’entretien d’un catamaran de 40 pieds. Vous avez deux moteurs, plusieurs salles de bain et WC, des winchs électriques, des voiles immenses pour le petit temps…

    Alors qu’à bord d’un first 210 la question elle est vite répondue 🙂

    Bien sûr si vous êtes un amoureux des vieilles coques en bois, vous aurez sans doute besoin d’un peu plus de temps même avec un petit voilier. Mais jamais vous ne serez dépassé physiquement. Et vous n’aurez pas besoin d’un Bac pro en électricité pour vous tirer d’affaire.

    Donc, avec un petit voilier, en principe il vous restera plus de temps pour naviguer.

    Mais l’utiliserez-vous à cette fin?

    La réponse est OUI, encore une fois!

    Avec un petit voilier on sort plus souvent.

    voilier écume de mer sous spi
    photo Flickr – Glemoigne

    Sur ce point vous allez devoir me croire sur parole car on trouve peu d’enquêtes à jour.

    L’idée est qu’il est beaucoup plus facile, plus simple et rapide d’organiser une sortie avec un petit voilier qu’avec un grand.

    • Plus facile, car vous manœuvrez sans crainte de vous tromper ou de vous faire mal. Envoyer le spi ne vous paraîtra plus si difficile, et les manœuvres de port seront bien moins impressionnantes.
    • Plus simple car vous pouvez sortir en solitaire ou à deux bien plus facilement. Si l’envie vous prend de naviguer, vous n’avez donc pas besoin d’attendre qu’un équipier se libère.
    • Plus rapide car faute d’autonomie et d’espace vous limiterez votre équipement et votre avitaillement à l’essentiel. Un bidon de carburant, un autre d’eau douce, du café, des pâtes et du rhum : voilà vous êtes prêt!

    D’ailleurs il est fort probable que vous privilégiez des sorties plus courtes qu’avec un grand voilier, à la journée essentiellement. Une partie de pêche, une régate entre trois bouées ou un pique-nique au mouillage le plus proche, n’est-ce pas votre définition du bonheur?

    Le tout sans la moindre culpabilité de ne pas en faire plus. Alors que si vous aviez un bateau hauturier vous ressentiriez peut-être l’obligation de programmer des navigations plus lointaine, histoire d’en amortir le coût ou par amour-propre.

    L’aventure au bout de la jetée

    Voilà un avantage des petits voiliers sur les gros sont on ne parle pas suffisamment.

    D’habitude on considère ce fait comme un handicap: les voiliers de petit gabarit mouillent plus vite leurs équipages. Les vagues les malmènent rapidement et lorsque la météo devient mauvaise la vie dans la cabine devient très difficile.

    Cela est vrai, mais pour ceux qui aiment la voile sportive, l’aventure et les sensations fortes, ces conditions sont bien plus vite obtenues qu’à bord d’un grand voilier.

    photo Vincent Aizier

    Avec 10 nœuds de vent seulement, vous glissez sur l’eau avec grâce et légèreté, virevoltant autour des grosses unités qui avancent encore au moteur. L’eau encore lisse ne vous procure aucun inconfort, les conditions sont idéales.

    A partir de 15 nœuds de vent, vos imposants voisins s’ébrouent à peine tandis que vous affrontez déjà vos premières vagues!

    Au delà de 20 nœuds, vous goûtez aux sensations du large alors que vous n’êtes qu’à 6 milles d’un abri! N’est-ce pas merveilleux?

    Les joies de l’exploration côtière

    Comme nous l’avons vu plus haut, vous n’envisagez pas encore de longue et ennuyeuse traversée. Vous voulez de l’action et des beaux paysages tout de suite!

    Qu’à cela ne tienne, votre petit voilier habitable est conçu exactement pour ce programme.

    Il vous permettra de remonter d’étroites rivières, de vous cacher dans de petits mouillages peu profonds et bien abrités, là où les grands ne vont jamais à cause de leur tirant d’eau et de la place qu’il leur faut pour manœuvrer et éviter.

    En plus si le temps se gâte vraiment, il ne vous coûtera pas bien cher de laisser votre monture dans l’un de ces petits ports et de revenir plus tard la chercher. Le bonheur, je vous dis!

    Enfin si vous vous lassez de votre zone de navigation, choisissez un transportable, posez le sur une remorque et filez sur la Baltique ou les grands lacs Italiens. Là encore vous vivrez une expérience hors du commun totalement inaccessible aux grands voiliers.

    petis voiliers sur le lac de côme

    Et la navigation hauturière?

    A l’heure où j’écris Baluchon doit se trouver quelque part entre la Nouvelle-Calédonie et l’île de la Réunion. Son skipper Yann Quenet l’a construit de ses mains: 4m de long pour un tour du monde en solitaire. Qui dit mieux?

    Je ne dirai pas qu’ils sont si nombreux, mais depuis que la navigation de plaisance existe il s’est toujours trouvé des skippers pour oser l’aventure à bord de voiliers de très petite taille.

    Ma dernière découverte : Matt Rutherford, qui a fait le tour du continent américain en solitaire et sans escale à bord d’un Albin Vega en polyester de 27 pieds hors tout. J’ai bien dit le tour du continent Américain, par le passage du Nord-Ouest et le Cap-Horn.

    Alors est-ce encore de la plaisance? Cette fois je m’abstiendrai de répondre. Vous pourrez vous en faire une idée en regardant les premières videos de Hugo Picard, The sailing Frenchman à bord de son Ecume de mer .

     

    Quelque soit votre projet, votre programme de navigation, choisissez bien votre petit voilier habitable. Tous n’ont pas les mêmes capacités marines ni la même charge utile.

    Ne négligez pas non plus le coût de leur mise en état qui peut monter vite plus que prévu. Parfois il vaut mieux mettre tout de suite plusieurs milliers d’euros dans un voilier d’occasion qu’en récupérer un gratuitement. Je vous en parle dans cette video.

    Et pour terminer je suis très curieuse de savoir en dessous de quelle taille les voiliers habitables vous semblent petits, partagez votre réponse dans les commentaires!

     

     

     

  • traverser sur un voilier bien équipé
    Non classé

    Équiper votre bateau pour une traversée d’un ou plusieurs jours

    Alors ça y est vous vous êtes décidé! Cet été vous faites une virée en Espagne ou en Corse. Au programme grande traversée et petit cabotage. Sauf que c’est la première fois que vous partez si loin avec votre bateau et que vous vous demandez comment l’équiper pour une traversée d’un ou plusieurs jours.

    Dans cet article nous allons donc faire le point sur l’équipement minimum que vous devriez emporter, plus celui dont vous pouvez vous passer mais qui vous apporterait un peu plus de confort et de sécurité. Le sujet n’est pas simple car pratiquer la course à l’armement peut rapidement essorer vos économies.

    Les technologies se développent très rapidement, qu’il s’agisse de l’électronique, des voiles, de l’accastillage et des assistances électriques. Le choix est vaste, les innovations se multiplient, bref on s’y perd!

    Montons à bord et commençons donc par inspecter le pont!

    Les équipements de pont

    En traversée vous passerez beaucoup de temps à veiller dans le cockpit. Depuis ce poste de quart vous voudrez suivre la marche du bateau, guetter les autres navires, lire un bon roman, et manœuvrer facilement.

    Cela nous fait beaucoup de points à examiner!

    Un cockpit confortable et protégé

    Il nous faut donc du confort et une bonne protection contre le froid, les embruns, le soleil ou la pluie.

    Sur les monocoques une bonne capote de roof est indispensable en traversée. Les catamarans eux bénéficient généralement d’une casquette en dur qui protège largement le cockpit. Si vous devez faire fabriquer de nouveaux arceaux pour votre capote, demandez l‘ajout d’une main courante sur la structure pour vous aider à circuler ou à tenir debout dans le cockpit.

    un cockpit bien protégé pour la traversée

     

    A cela vous pouvez rajouter un bimini pour vous protéger du soleil. Mais faites attention à la prise au vent supplémentaire. Vous devez être en mesure de le rouler facilement quand le vent se lève pour diminuer le fardage au besoin.

    Enfin quelques coussins de cockpit et des rangements ou vide-poches placés à l’abri de l’eau amélioreront l’ergonomie de votre poste de quart.

    Faciliter les manœuvres

    L’idéal serait de pouvoir manœuvrer votre voilier sans avoir à sortir du cockpit. Pour cela ramenez le maximum de bouts dans un piano sous la capote.

    Si votre grand voile est équipée de ris automatiques assurez-vous que les bosses coulissent facilement. Si ce n’est pas possible mieux vaut garder le bon vieux système de prise de ris en pied de mât, même s’il vous garantit généralement une bonne douche quand la mer se lève.

    Il en va de même pour votre enrouleur de génois. Les réglages du chariot devraient être ramenés au cockpit, et l’enroulement ne doit pas requérir une force herculéenne. Tous ces points doivent être optimisés avant le départ.

    Des voiles adaptées à votre programme de navigation

    Vous pouvez vous contenter d’un génois sur enrouleur si votre budget est un peu juste. Cependant dès que possible je vous conseille de vous équiper d’un solent ou d’une trinquette sur étai largable. Cette voile vous permettra de faire un près bien plus efficace que votre génois enroulé partiellement. Car en naviguant au près dans du vent fort en traversée pendant des heures ou des jours vous êtes certains de déformer votre génois, de giter plus que nécessaire, et de faire un cap désespérant.

    The sky is the limit – Photo Paul B

    En revanche si vous pensez rencontrer de longues périodes de petit temps ou de portant, un gennaker sur emmagasineur, un code D ou un spi doté d’une chaussette vous épargneront pas mal d’heures de moteur.

    Sécuriser vos déplacements

    Si ce n’est déjà fait vous devez installer une ligne de vie courant de l’arrière à l’avant du bateau à bâbord et à tribord. En traversée, sauf par calme plat, et toujours en solitaire, vous devez circuler sur le pont attaché le plus court possible à cette ligne de vie. Vérifiez bien d’ailleurs sa solidité et ses points d’attache avant de partir. Certains propriétaires de voilier ajoutent en complément des points d’ancrage dans le cockpit.

    Toujours dans l’optique de sécuriser vos déplacements sur le pont, il est important de vérifier la solidité de vos filières et l’ancrage de vos pieds de chandeliers. Enfin il peut-être judicieux de poser des mains courantes supplémentaires sur le roof si les passavants manquent de points d’accrochage.

    Soignez les emplacements du matériel de sécurité

    Regardez l’emplacement de votre radeau de survie. Pourrez-vous facilement le mettre à l’eau dans une mer agitée? Si la réponse est négative, revoyez cet emplacement et son système de fixation. La difficulté est de ranger le radeau à un endroit où il ne dérangera pas, où il ne s’abimera pas, mais d’où il sera le plus facile possible de le jeter à l’eau et …d’embarquer.

    photo Challenge Business

    Il en va de même pour la perche IOR et la bouée couronne ou tout autre dispositif de récupération d’homme à la mer que vous aurez choisi. Personnellement j’ai un faible pour la Silzig, Cette longue saucisse que l’on peut attacher entre les balcons et qui s’avère très pratique à l’usage.

    Équiper et aménager l’intérieur de votre voilier pour une traversée

    Vous allez naviguer de nuit. Il s’agit donc que les équipiers hors quarts disposent d’une banette confortable pour dormir même à la gite. A bord des monocoques, les couchettes du carré devront être équipées de toiles anti-roulis. Selon les circonstances il est également possible d’en disposer dans les cabines arrière. Oubliez par contre l’usage de la cabine avant au près: peu d’équipiers en sont capables!

    Quant à la bordée de quart, elle appréciera de disposer d’un éclairage minimum qui ne l’éblouisse pas. Pour cela un éclairage vert est le plus adapté, comme dans les cockpit d’avions. On a tendance à privilégier le rouge, mais ce n’est pas la meilleur solution, sauf si vous comptez développer vos photos pendant la traversée 🙂

    équiper son voilier pour une traversée de nuit

    Enfin comme sur le pont il faut des mains courantes stratégiquement placées: sous le toit du roof et dans la descente notamment.

    Pour des traversées d’une seule nuit vous pouvez être indulgents sur l’ergonomie de la cuisine, mais au-delà il faudra vous assurer qu’il est possible de cuisiner à la gite sans que le cuisinier ni les casseroles ne tombent de la gazinière.

    Pensez à vous offrir une bouilloire marine, sans couvercle, et d’une cocotte minute ou tout autre engin qui permette de cuisiner rapidement et sans risque de débordement. Une sangle amovible peut aider le bosco à se maintenir si la cuisine ne permet pas de se caler correctement à la gite. Enfin une barre d’appui solide placée devant le four lui évitera de plonger la tête la première dans la soupe.

    Enfin vérifiez bien que vos équipets ne s’ouvrent pas intempestivement, et optimisez les rangements autant que vous pouvez.

    Les instruments de navigation électronique nécessaires en traversée

    s'équiper en électronique pour une traversée hauturière

    Bien évidemment vous pouvez naviguer sans électronique, si on met à part la VHF fixe et le récepteur BLU obligatoires en catégorie hauturière. Mais disons que pour un confort et une sécurité suffisante pour aurez sûrement à cœur d’investir dans:

    • Un pilote automatique
    • Une VHF ASN
    • Un récepteur AIS
    • Une appli de navigation et de routage tournant sur une tablette ET un smartphone du bord.
    • Une batterie externe, type Powerbank pour recharger ces appareils si celles du bord vous lâchent…
    • Un réflecteur radar en tête de mât (je sais ce n’est pas de l’électronique, mais il marche avec celle des autres bateaux)

    Et… c’est tout!

    Je suis sérieuse, il n’en faut pas plus pour vous mener à bon port si vous tenez des quarts sérieusement.

    Mais si vous avez un peu de budget, je vous suggère d’ajouter des instruments qui vous aident à repérer les autres navires et à vous faire repérer à votre tour.

    Vous pourriez ainsi vous doter d’un émetteur-récepteur AIS également appelé transpondeur AIS.

    Si vous naviguez dans des zones à la météo capricieuse, où le brouillard et les averses peuvent considérablement diminuer la visibilité, un radar sera votre allié.

    Pour les moins fortunés, le Mer-veille est un appareil qui détecte les radars allumés autour de vous dans un rayon de 1 à 5 milles. Mais attention: tous les bateaux sont loin d’utiliser leur radar en permanence, quand ils en sont dotés!

    Enfin pour une grande traversée, équiper votre bateau d’un téléphone par satellite, du type Iridium Go, vous permettra de rafraîchir vos prévisions météo et vos routages jusqu’à 2 fois par jour. Mais sincèrement, compte tenu de la fiabilité des prévisions météo actuelles, pour une traversée de 1 à 5 jours seulement ça ne me paraît pas indispensable.

     

    Assurer votre autonomie énergétique

    Dans un précédent article sur la navigation de nuit je vous explique comment faire le bilan de la consommation électrique de votre voilier en navigation. L’idée est bien sûr que vous disposiez de moyens de production électrique suffisant pour assurer la recharge de vos batteries au large.

    Pour une courte traversée l’alternateur du moteur peut suffire.

    Au-delà de 24h, et sauf à réduire drastiquement votre consommation, vous serez content d’avoir installé des panneaux solaires.

    Il existe d’autres moyens de charge: alternateur d’arbre d’hélice, hydrogénérateur, éolienne etc. Cependant l’usage de panneaux solaires est certainement la réponse la plus simple, polyvalente et efficace à ces question énergétiques en voilier.

    équiper son voilier de panneaux solairespour une traversée

    Pour limiter les dépenses énergétiques et financières, réduisez autant que possible votre consommation d’électricité pendant la traversée:

    • Installez des ampoules à led, pour les feux de tête de mât et pour l’éclairage des cabines et du carré.
    • Quant au frigo, gros consommateur d’énergie, vous pouvez sans doute le couper quelques heures la nuit sans dommages.
    • Il reste le pilote automatique dont vous pouvez régler la sensibilité de sorte à ce qu’il travaille le moins possible.

    Le stockage de l’eau et des combustibles

    Il n’est pas très difficile de transporter suffisamment d’eau, de gaz et de gas-oil pour une traversée de quelques jours. Généralement les réservoirs suffisent.

    Cependant je vous propose de ne pas mettre tout vos œufs dans le même panier. La prudence commande en effet d’emporter des bouteilles ou des bidons d’eau potable en plus du contenu des réservoirs. Ceux-ci peuvent se percer ou bien rendre l’eau impropre à la consommation. De même emporter un ou deux bidons de 20 litres de gas-oil en plus du plein du réservoir principal pourrait vous dépanner en cas de calme plat.

    Quant aux déssalinisateurs, à moins d’en avoir déjà un à bord, je pense que vous pouvez en réserver l’acquisition plutôt pour un projet de navigation transocéanique.

    Le matériel de sécurité spécifique à la navigation hauturière

    Selon votre pavillon vous n’avez peut-être pas d’obligations particulières en matière d’équipement de sécurité. En France nous avons une petite liste à respecter sur laquelle je ne m’appesantirai pas ici. Par ailleurs nous avons déjà évoquer l’emplacement du BIB et du dispositif de récupération d’un homme à la mer. Notez bien qu’il vous faudra donc aussi une balise EPIRB liée à votre navire.

    A ce matériel obligatoire il peut être intéressant d’ajouter des balises individuelles AIS ou PLB et des lampes flash pour les équipiers de quart. Si vous choisissez l’AIS, et à condition que vous ayez un récepteur AIS, elles vous permettront de localiser vous-même vos naufragés, alors que la PLB transmettra le signal aux satellites qui le renverront vers les stations de sauvetage.

    Enfin préparez un grab bag en cas d’évacuation du bateau: un sac étanche dans lequel vous aurez rangé vos papiers d’identé, carte bleue, médicaments indispensables, une vhf portable et tout ce qui pourrait faciliter votre survie. Pour aller plus loin sur ce volet sécurité en mer je vous invite à lire cet article très complet sur ce blog.

    Alors dites-moi, maintenant que vous savez comment équiper votre bateau pour une traversée, quand partez-vous?

     

     

  • devenir skipper à 50 ans
    naviguer en équipage,  tutos

    9 conseils pour commencer la voile à 50 ans

    La voile c’est parfois comme une histoire d’amour non consommée.

    Un coup de foudre de jeunesse dont votre premier emploi vous a éloigné pour de nombreuses années.

    Bien sûr vous vous êtes promis qu’un jour vous y reviendriez, mais quand?

    Pour d’autres la rencontre se fait plus tardivement, presque par hasard, un copain qui achète un voilier, une balade en dériveur pendant les vacances, et crac, ça vous prend.

    Quelque soit le scénario de départ, vous êtes happés, impossible de ne plus y penser.

    Vous êtes tombés dans le chaudron, l’envie de naviguer ne vous quittera plus.

    Finalement quand vous disposez enfin du temps et d’un peu plus d’argent pour débuter dans de bonnes conditions, vous êtes déjà dans la cinquantaine!

     

    C’est alors que vous, vous vous demandez: « Et si j’étais trop vieux pour commencer la voile? ou trop vieille? »

     

    Mille fois j’ai lu et entendu cette question dans vos messages. Et la réponse ne fait pour moi aucun doute.

    Le problème, pour débuter en voile, n’est pas l’âge!

    Quand vous dites « je suis trop vieux pour apprendre », vous mettez déjà un pied dans la tombe.

    Sortez de là tout de suite!

    Les vieux marins ne meurent jamais…

    Nous pouvons apprendre à tout âge, peut-être moins vite qu’un adolescent, mais c’est toujours possible.

    Pensez donc à tout ce que vous avez appris entre 25 et 50 ans, dans tous les domaines de la vie, et c’est loin d’être terminé.

    Pourquoi diable devriez-vous cessez tout apprentissage à 50 ans???

    Si vous ne me croyez pas prenez le temps de lire « Les prodiges du cerveau ou comment l’esprit se bonifie avec l’âge« , par E. Goldberg.

    Ce neuropsychologue, craignant lui-même d’être atteint par une limite d’âge y explique quels processus mentaux les seniors utilisent pour résoudre des problèmes.

    Alors on ne va pas se mentir: il confirme qu’après 50 ans nous sommes moins rapides qu’à 20 ou 30 ans pour apprendre des domaines totalement nouveaux.

    D’accord, on s’en doutait un peu.

    Mais il prouve que nous compensons cet effet par l’expérience et la sagesse acquise.

    Donc tout va bien, pour commencer la voile à 50 ans, il suffit d’être patient… et sage  🙂

     

    Quelle préparation physique faut-il pour commencer la voile à 50 ans?

    Pour certains c’est un gros sujet.

    Si vous n’avez jamais pratiqué le moindre sport de votre vie et que vous voulez vous mettre à la voile à 50 ans…

    …ça reste tout à fait envisageable!

    La voile est un sport mécanique, un sport porté. Il ne met pas notre corps à aussi rude épreuve que la course à pied ou le tennis.

    En fait, tant que vous n’envisagez pas de courir le Vendée Globe, ni la Mini-transat, une simple remise en forme peut suffire.

    Pour vous préparer sans vous blesser:  vous pouvez essayer par exemple le rameur d’intérieur, j’ai testé, c’est vraiment top!


    Au fait savez-vous quel âge a Jean Le Cam? Alors certes il n’a pas commencé la voile à 50 ans, mais « le roi Jean », est quand même arrivé 4e du Vendée Globe 2021, à 61 ans et sans foils!

    Or il est loin d’être le plus vieux navigateur!

    A 81 ans, John Sanders vient de boucler son onzième tour du monde à la voile, en solitaire, et son 4e sans escale!

    Ce faisant il a chipé la vedette à Jeanne Socrates qui en a fait autant en 2018, à 77 ans tout de même.

    Mais le record du nombre traversées de l’Atlantique appartient peut-être à Marcel Bardiaux qui avait effectué sa quarantième traversée en solitaire, à 88 ans à bord de voilier Inox.

    Là je sens que vous avez rajeuni d’un coup, non?

     

    Bon mais me direz-vous, c’est bien joli tous ces exploits, mais par où je commence si je ne veux plus perdre de temps?

    Oui, parce qu’à ces âges, il faut bien le reconnaître, vous voudrez généralement progresser rapidement.

     

    Voici 9 conseils pour commencer la voile à 50 ans et plus:

    Je vous promets que si vous appliquez tous ces conseils, au bout de 2 à 3 ans vous pourrez tout à fait skipper vous même un voilier de 10 à 12 mètres.

     

    1. Naviguer le plus possible

    La version rapide

    Bien sûr quand j’écris naviguer souvent, c’est minimum 3 à 4 semaines entières par an, d’abord en stage puis en co-navigation,  et autant de week-ends.

    Pour ceux qui ne peuvent pas s’offrir de stages, il faudra mettre le paquet sur le BDA (Bateau Des Autres). Les bourses des équipiers comme les sites de co-navigation vous tendent les bras!

    Maintenant si vous n’êtes pas pressé, ou que vous ne pouvez pas dégager autant de temps libre, il est possible d’y aller plus doucement.

    Apprendre la voile en mode zen

    A mon avis, il y a une quand même une limite en dessous de laquelle vous n’apprendrez plus.

    Si vous pratiquez uniquement un stage de voile ou une location d’une semaine par an et mettons un ou deux week-end, vous resterez toujours équipier-e.

    Au demeurant ce n’est pas très grave.

    Une progression plus tranquille, mais tout de même efficace, suppose de naviguer disons 15 à 20 jours chaque année et régulièrement.

    Voilà le minimum en terme de fréquence pour progresser tranquillement.

     

    2. Naviguer régulièrement

    Le secret de la progression c’est la régularité.

    Que vous appreniez une langue, à jouer d’un instrument de musique ou un sport, la régularité de la pratique est déterminante pour votre progression.

    Pour tirer le maximum d’efficacité de vos journées de navigation, l’idéal serait de les répartir le plus régulièrement possible au long de l’année.

    Il s’agit de trouver un espacement suffisant entre vos sorties pour que vous ayez le temps d’y repenser, d’intégrer les connaissances que vous aurez découvertes.

    Mais cet espacement ne doit pas non plus être trop long car sinon vous oublierez.

    Typiquement vous pouvez envisager 2 week-ends au printemps (dont un de 3 jours), une à deux semaines en été, et 2 week-end à l’automne.

    Dans le même ordre d’idée, il est important de pratiquer tous les ans pour ne pas perdre vos connaissances et garder le pied marin.

     

    3. Prendre des cours en école de croisière

    Si vous êtes pressés d’apprendre, commencez par multiplier les stages de voile.

    En école de croisière vous garderez la légèreté de l’équipier qui n’est responsable que de lui-même, et encore, puisque sous la protection du skipper.

    Vous n’aurez qu’à suivre la progression proposée pour acquérir dans un ordre logique les notions qui vous mèneront à l’autonomie.

    C’est très probablement la solution la plus efficace pour ceux et celles d’entre vous qui peuvent supporter de passer une semaine à bord d’un voilier avec des inconnus.

    En vieillissant je sais que beaucoup d’entre nous supportent de moins en moins la promiscuité, aussi je vous propose ci-dessous d’autres solutions.

     

    4. Pratiquer la co-navigation

    La co-navigation est aussi un excellent moyen de commencer la voile à 50 ans

    Plus abordable que les stages, le co-baturage vous fera découvrir à moindre coût différents bateaux, skippers et équipiers.

    Les propriétaires qui cherchent des équipages sont souvent eux-mêmes de jeunes et dynamiques retraités.

    Un autre avantage de cette pratique est que les skippers-propriétaires ne cherchent généralement pas à remplir leurs voiliers au maximum de leur capacité.

    Contrairement aux écoles de croisière Ils peuvent se permettre de privilégier le confort et la convivialité à la rentabilité.

    Entre les copains propriétaires de voilier et les bourses des équipiers, vous trouverez toujours un embarquement.

    Quand vous aurez acquis un peu plus d’expérience on finira peut-être même par vous proposer une transatlantique!

     

    4. Varier les bateaux et les skippers

    Pour vous constituer une expérience la plus riche possible, vous pouvez tester différents bateaux et skippers.

    Vous pouvez  mixer école de croisière et co-navigation.

    Vous pouvez aussi changer d’école de croisière. Entre les écoles de croisière associatives et les skippers professionnels propriétaires de leur voilier vous découvrirez des manières de naviguer et de traiter les bateaux très euh… différentes!

    Au fil des rencontres vous finirez par trouver des skippers patients et pédagogues. Chacun avec ses techniques, sa façon de lover les bouts et d’amarrer son bateau.

    Vous verrez aussi que certains réduisent la toile plus vite que d’autres, ou bien privilégient les mouillages aux pontons et inversement.

    Plus tard, quand vous passerez au point 8, vous pourrez à votre tour déterminer le style de navigation qui vous convient.

    Ce qui compte c’est de vous créer des situations dans lesquelles vous vous sentez en confiance, et où la transmission de connaissance fonctionne.

     

    6. Passer le permis côtier et le permis hauturier

    Apprenez à vous servir d’une carte marine, et à calculer les courants et les marées.

    Ces connaissances sont indispensables si vous devez un jour prendre la responsabilité d’un voilier.

    L’avantage est que vous pouvez acquérir toutes ces bases chez vous, entre vos sorties en mer.

    Les permis, surtout le hauturier, sont assez exigeants, mais croyez-moi une fois que vous l’aurez, vous ne vous perdrez plus!

     

    7. Vous former à la météo marine

    Tout aussi nécessaire que la cartographie marine, une bonne compréhension de la météo permet de se protéger efficacement.

    Bien comprendre la météo ce n’est pas seulement se fier aux prévisions officielles pour éviter les coups de vents.

    Il s’agit aussi d’anticiper les effets locaux comme les accélérations de vent brutales ou la formation de violents orages.

    Plus encore avec un peu d’expérience, une bonne utilisation des prévisions vous permettra d’adapter vos parcours à vos équipiers et à votre niveau.

     

    8. Louer ou acheter un petit voilier dès que possible

    Mettons que vous ayez  acquis les bases élémentaires de la voile en suivant les conseils précédents.

    Si vous souhaitez skipper votre propre bateau, tôt ou tard il va falloir vous mettre en situation.

    Dès lors Il est tout à fait possible de poursuivre votre initiation à bord de votre propre voilier.

    Sans pour autant vous lancer tout de suite à la conquête des océans.

    Vous pouvez même en louer un, ce qui vous libérera des contraintes de l’entretien.

    Dans ce cas vous l’aurez compris en lisant mes autres articles, évitez d’avoir les yeux plus gros que le ventre.

    D’autant que si vous commencez la voile à partir de 50 ans vous serez tenté de choisir un bateau plutôt confortable.

     

    9. Augmenter la difficulté de vos navigations d’année en année.

    Si vous naviguez toujours au même endroit, à la même saison, et pour la même durée, vous cesserez de progressez.

    Pour enrichir votre expérience, une fois que vous êtes à l’aise dans une situation, essayez d’aller un tout petit peu plus loin.

    Passez progressivement de la navigation par grand beau temps à des sorties avec du vent plus soutenu.

    Apprenez à prendre les passes difficiles, les détroits, les raz où vents et courants doivent absolument être abticipés.

    Puis commencer à apprivoiser la navigation de nuit.

    Enfin étendez votre terrain de jeu en vous offrant votre première traversée vers la Corse ou les îles Britanniques depuis le continent.

     

    Et si je ne veux pas apprendre en équipage?

    Lors d’un récent coaching un lecteur du blog m’a expliqué qu‘il ronflait trop pour infliger sa présence à tout un équipage.

    Je comprends tout à fait qu’on ne veuille pas partager autant d’intimité avec des inconnus 🙂

    Difficile de nier que naviguer à bord de voiliers remplis à leur jauge maximale expose à une promiscuité certaine.

    D’autant qu’à partir de la cinquantaine on commence à apprécier plus de confort et d’espace.

    Pour d’autres le frein sera plutôt financier, sans parler de ceux et celles que la simple évocation du mot « école » fait fuir immédiatement.

    débuter la voile à 50 ans

    Fort heureusement il existe des alternatives.

    Mais avant de vous les citer, je dois avouer que je reste persuadée que l’école de croisière reste pour les complets débutants le moyen le plus rapide de progresser.

    Admettons tout de même que la voile se transmette par la pratique commune.

    Alors il est vraiment difficile d’apprendre tout seul.

    Vous perdrez un temps infini à réinventer la poudre, si vous ne coulez pas votre bateau entretemps.

     

    Le risque principal à commencer la voile à 50 ans et plus, c’est de brûler les étapes

    Prendre le large avec sa famille ou en solo, à bord d’un voilier que vous venez d’acheter et sans expérience de la navigation hauturière.

    Voire sans expérience de la voile du tout.

    Voilà une situation qui n’est pas si rare.

    Comment en arrive t-on là?

    Probablement parce qu’on a laissé filer le temps. L’enchaînement d’engagements successifs qui vous clouent littéralement à terre: mariage, prêts immobiliers, études à financer pour les enfants.

    Ce qui fait que lorsqu’une fenêtre météo s’ouvre pour envisager quelques mois sabbatiques en Atlantique, vous foncez sans réfléchir.

    Il faut partir MAINTENANT. Avant d’être trop vieux, trop malade, ou la prochaine pandémie.

    Pas le temps d’attendre = pas le temps d’apprendre.

    J’ai lu le commentaire suivant sous une de mes vidéos:

    ma famille et moi on est débutants ns partons de Tréguier avec un boréale 47.2 jusqu’ aux Canaries tranquillement

    Le Boréal 47.2 a été élu voilier de l’année 2021 dans la catégorie Grande Croisière par Voile Magazine.

    C’est un grand voilier en aluminium, solide et confortable. Bien motorisé il saura se tirer de pas mal de situations difficiles.

    Mais sans connaissances sur la navigation hauturière, l’organisation des quarts, le routage, le réglage des voiles, les allures du voilier, le pari demeure extrêmement risqué.

    Y compris pour les autres voiliers.

    Une collision de nuit avec un Boréal 47, ça doit faire mal!

    Il n’est pas impossible que l’on retrouve ce voilier en vente quelques mois après son départ, car beaucoup de conditions sont ici réunies pour gâcher un joli rêve de mer.

    L’alternative à l’école de voile sera alors de vous offrir une ou deux semaine de coaching à bord de votre propre voilier.

    Objectif: vous rendre suffisamment autonome pour mener votre barque d’Europe vers les Antilles.

    Le retour, plus difficile, sera confié à un skipper professionnel ou bien le bateau sera revendu sur place.

    Cette solution peut fonctionner si vous avez suffisamment d’argent et de chance.

    L’argent pour acquérir un voilier en très bon état, en minimisant les risques de pannes.

    La chance pour que la météo ne vous oblige pas à apprendre les manœuvres de gros temps en pleine mer.

    La chance pour que les pêcheurs, les cargos et les récifs se détournent de votre route si vous n’avez pas bien compris leurs intentions.

    En tout cas si c’est l’option que vous avez choisi, n’hésitez pas à embarquer des équipiers confirmés pour qu’ils vous transmettent leurs connaissances lors de vos premières traversées.

    Pour tous les autres, si vous acceptez l’idée qu’apprendre à naviguer est en soi un plaisir, vous n’avez plus de raisons de vous presser.

    Rien ne vous oblige d’ailleurs à acquérir les compétences d’un skipper.

    Petite question, car j’aime savoir qui se promène ici: dites moi, si vous avez commencé la voile tardivement; comment vous êtes vous initié-e ? Ou bien comment comptez vous vous y prendre?

    J’attends vos réponses dans les commentaires de l’article!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • salon nautique Amel
    Non classé

    7 signes qui montrent qu’il est temps d’acheter votre propre bateau

    Tout peut arriver très vite. Un jour vous avez le déclic, que vous l’ayez vu venir ou non, vous savez que vous êtes prêt! Définitivement prêt-e à acheter votre bateau!

    Une foule de petits indices se sont amoncelés au fil des mois et des années. L’envie a grandi comme un rêve qui prend corps, s’impose à vous au point de devenir projet. Il ne reste plus qu’à lui donner réalité.

    Pour autant le doute peut encore vous tirailler. La procrastination est l’ennemi du marin. Je vire ou j’empanne? J’achète ou je loue?

    Vous avez totalement raison de douter. Acheter un bateau est un engagement sérieux. Pire qu’un mariage. Ou presque. Dès que vous aurez signé vous n’en finirez plus de payer, de bricoler, et de surveiller anxieusement la météo. En fait si vous ne réalisez pas encore dans quelle galère vous vous embarqueriez, voyez si vous ne devriez pas plutôt louer.

    Galère ou aventure? Un peu des deux certainement. Il n’est pas d’aventure qui ne comporte de moments difficiles.

    Mais à force de lutter contre ses désirs les plus profonds on finit par se rendre malheureux. Alors je vous propose ici de sonder les tréfonds de votre âme pour savoir si vous êtes réellement prêt à sauter le pas.

    Et croyez-moi, il y a des signes qui ne trompent pas!

    1- Vous vous êtes formé et vous ne progressez plus beaucoup

    Photo Michel Dangman – Flickr

    Chaque année vous vous offrez un ou deux stages dans une école de voile. Au début c’était magique: tout restait à découvrir! Mais au fil des croisières, l’équipier naïf et curieux a cédé la place au second impatient et critique. Bien sûr vous prenez toujours autant de plaisir à vous retrouver sur l’eau. Mais vous n’apprenez plus grand-chose.

    Vous commencez même à poser des questions embarrassantes au skipper. Pourquoi a t-il pris telle option plutôt qu’une autre? Pourquoi s’amarrer au corps-mort à 300 mètres de la cale alors qu’il est possible de mouiller l’ancre à moins de 100 mètres du rivage, bien à l’abri de la houle? Un autre jour vous réclamez le spi par 20 nœuds de vent et le lendemain vous relevez son manque d’anticipation à l’accostage. En tout cas, vous pensez que vous auriez peut-être eu d’autres choix.

    2 – Les voiliers de location vous paraissent impersonnels et vous en avez assez du BDA (Bateau Des Autres)

    Lassé de l’école de croisière vous vous êtes tourné vers la location de voilier.  D’abord quelques week-end entre amis ou en famille, puis une semaine par ci par là. Vous avez navigué en Bretagne Sud, en Corse et même aux Antilles avec des copains! Faute de toujours trouver des équipiers vous vous êtes tourné vers les sites de co-baturage.

    acheter un bateau bavaria

    Au fil des expériences vous avez découvert autant de style de navigation que de skippers. Du cuisinier hors pair à l’incorrigible fêtard. Du régatier austère à l’aventurier minimaliste.

    Et là vous avez vraiment pris la mesure de l’écart entre un voilier de location ultra standardisé et un bateau de propriétaire personnalisé avec ses coussins colorés, sa bibliothèque, ses rangements customisés et ses voiles performantes!

    Définitivement vous ne voulez plus naviguer sur ces caravanes flottantes. La vie de propriétaire vous semble bien plus alléchante.

    3- Vous vous imaginez régulièrement à la barre de votre voilier, fier, libre et heureux!

    En attendant ce jour merveilleux vous posez régulièrement aux commandes des BDA. Les photos sitôt publiées sur Facebook vous récoltez une pluie de j’aime et de petits coeurs. Tout le monde admire ou envie votre stature de capitaine. Votre narcissisme en ressort ragaillardi et vos doutes s’envolent: vous DEVEZ acheter VOTRE propre bateau.

    selfie à la barre
    photo Harbor 20 – flickr

    L’hiver, pendant vos pauses vous visionnez les aventures d’heureux youtubeurs navigateurs au long cours: le catamaran Black Lion, Sailing Nomad Citizen, l’Odyssée de Sagar Rani et des dizaines d’autres aventuriers. « Quelle chance! » vous écriez-vous à chaque fois. Et pourtant est-ce uniquement de la chance?

    Si vous aussi vous vous donniez les moyens de réaliser votre rêve?

    4 – Vous voulez naviguer où vous voulez, quand VOUS le pouvez, avec des gens que vous aimez.

    L’avantage quand on possède son propre voilier, c’est qu’on peut sortir en mer quand on veut avec qui on veut. Enfin, si la météo est d’accord….

    Vous commencez sérieusement à vous lasser de réserver, prévoir à l’avance, organiser vos croisières. A chaque fois il faut trouver et motiver des équipiers, calculer les frais, les partager, s’envoyer des mails pour les listes d’avitaillement, les billets d’avion etc.

    Sans compter que quand le temps n’est pas de la partie, la navigation peut sérieusement perdre de son charme.

    Qu’il serait bon de profiter du ciel bleu quand il est là! Tiens il fait beau ce week-end, et si je sortais en mer?

    Alors oui vous me direz, mais encore faut-il qu’un copain soit disponible.

    Et moi je vous répondrai que pas forcément. Si vous possédez votre bateau, vous pouvez très bien le préparer pour naviguer en solo!

    5- Investir vos économies dans une voiture neuve ou la déco de votre salle de bain vous paraît tellement superficiel!

    Votre meilleur ami vient de s’offrir une magnifique Berline flambant neuf! Cela fait un moment que vous y songez aussi, mais en l’écoutant vanter les qualités de son nouveau véhicule, vous réalisez que cela ne vous fait plus envie.

    Mercedes classe S

    Quand au remplacement de votre vieille baignoire par une très moderne douche à l’américaine équipée de jets massant multidirectionnels et tout le tralala, ça ne vous parle absolument plus.

    Mais que vous arrive t-il?

    A quoi bon travailler et économiser si dépenser votre argent ne vous fait plus plaisir?

    En fait, si, il y a bien quelque chose qui vous motiverait vraiment.

    Vous osez à peine l’avouer à vos proches: la vérité est que vous préféreriez de loin acheter un bateau!

    6- Votre femme est d’accord

    Bien sûr, vous pouvez adapter le titre en fonction de votre situation conjugale, si vous vivez avec une femme ou avec un homme, mais le principe est le même.

    Si votre moitié approuve votre projet, les autres obstacles seront d’autant plus facile à dépasser.

    équipière heureuse

    La place de port? Pas de souci vous prendrez ce que vous trouverez les premiers temps. Quitte à faire plus de kilomètres.

    Le coût de l’entretien? Rien d’insurmontable si vous ne voyez pas trop grand, et puis vous apprendrez à bricoler…

    Si ce n’est pas le cas, n’oubliez pas de vérifier si vous n’y êtes pas un peu pour quelque chose. On ne se rend pas toujours compte de ce qu’on induit…

    7- Vous habitez à moins de deux heures d’un port de plaisance

    A la suite d’un changement professionnel vous vous êtes rapproché du bord mer? Ou peut-être y habitez-vous déjà? Toujours est-il que la configuration s’approche de l’idéal. Avec le port à portée de voiture, voire de vélo, acheter un bateau en devient presque raisonnable.

    Oui parce qu’on ne va pas se voiler la face: rien de moins rationnel économiquement que d’acheter un bateau. Surtout un voilier habitable. A moins d’en faire votre résidence principale?

     

    Photo Serge Costa – Flickr

    Revenons à nos moutons d’écume: posséder un bateau près de chez soi est un véritable bonheur quand on est fondu de voile. Au premier après-midi de libre vous filez à bord, pour naviguer, bricoler ou… faire la sieste.

    Pas de souci majeur non plus quand il faut vérifier l’amarrage à l’approche d’une tempête ou rencontrer des professionnels.

    Alors si telle est votre situation. Si vous remplissez, disons, 5 critères sur les 7 énoncés ci-dessus, vous êtes très probablement archi prêt à acheter votre bateau. Il ne vous reste plus qu’à passer à l’action.

    Non? Vous l’avez déjà fait?