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    7 signes qui montrent qu’il est temps d’acheter votre propre bateau

    Tout peut arriver très vite. Un jour vous avez le déclic, que vous l’ayez vu venir ou non, vous savez que vous êtes prêt! Définitivement prêt-e à acheter votre bateau!

    Une foule de petits indices se sont amoncelés au fil des mois et des années. L’envie a grandi comme un rêve qui prend corps, s’impose à vous au point de devenir projet. Il ne reste plus qu’à lui donner réalité.

    Pour autant le doute peut encore vous tirailler. La procrastination est l’ennemi du marin. Je vire ou j’empanne? J’achète ou je loue?

    Vous avez totalement raison de douter. Acheter un bateau est un engagement sérieux. Pire qu’un mariage. Ou presque. Dès que vous aurez signé vous n’en finirez plus de payer, de bricoler, et de surveiller anxieusement la météo. En fait si vous ne réalisez pas encore dans quelle galère vous vous embarqueriez, voyez si vous ne devriez pas plutôt louer.

    Galère ou aventure? Un peu des deux certainement. Il n’est pas d’aventure qui ne comporte de moments difficiles.

    Mais à force de lutter contre ses désirs les plus profonds on finit par se rendre malheureux. Alors je vous propose ici de sonder les tréfonds de votre âme pour savoir si vous êtes réellement prêt à sauter le pas.

    Et croyez-moi, il y a des signes qui ne trompent pas!

    1- Vous vous êtes formé et vous ne progressez plus beaucoup

    Photo Michel Dangman – Flickr

    Chaque année vous vous offrez un ou deux stages dans une école de voile. Au début c’était magique: tout restait à découvrir! Mais au fil des croisières, l’équipier naïf et curieux a cédé la place au second impatient et critique. Bien sûr vous prenez toujours autant de plaisir à vous retrouver sur l’eau. Mais vous n’apprenez plus grand-chose.

    Vous commencez même à poser des questions embarrassantes au skipper. Pourquoi a t-il pris telle option plutôt qu’une autre? Pourquoi s’amarrer au corps-mort à 300 mètres de la cale alors qu’il est possible de mouiller l’ancre à moins de 100 mètres du rivage, bien à l’abri de la houle? Un autre jour vous réclamez le spi par 20 nœuds de vent et le lendemain vous relevez son manque d’anticipation à l’accostage. En tout cas, vous pensez que vous auriez peut-être eu d’autres choix.

    2 – Les voiliers de location vous paraissent impersonnels et vous en avez assez du BDA (Bateau Des Autres)

    Lassé de l’école de croisière vous vous êtes tourné vers la location de voilier.  D’abord quelques week-end entre amis ou en famille, puis une semaine par ci par là. Vous avez navigué en Bretagne Sud, en Corse et même aux Antilles avec des copains! Faute de toujours trouver des équipiers vous vous êtes tourné vers les sites de co-baturage.

    acheter un bateau bavaria

    Au fil des expériences vous avez découvert autant de style de navigation que de skippers. Du cuisinier hors pair à l’incorrigible fêtard. Du régatier austère à l’aventurier minimaliste.

    Et là vous avez vraiment pris la mesure de l’écart entre un voilier de location ultra standardisé et un bateau de propriétaire personnalisé avec ses coussins colorés, sa bibliothèque, ses rangements customisés et ses voiles performantes!

    Définitivement vous ne voulez plus naviguer sur ces caravanes flottantes. La vie de propriétaire vous semble bien plus alléchante.

    3- Vous vous imaginez régulièrement à la barre de votre voilier, fier, libre et heureux!

    En attendant ce jour merveilleux vous posez régulièrement aux commandes des BDA. Les photos sitôt publiées sur Facebook vous récoltez une pluie de j’aime et de petits coeurs. Tout le monde admire ou envie votre stature de capitaine. Votre narcissisme en ressort ragaillardi et vos doutes s’envolent: vous DEVEZ acheter VOTRE propre bateau.

    selfie à la barre
    photo Harbor 20 – flickr

    L’hiver, pendant vos pauses vous visionnez les aventures d’heureux youtubeurs navigateurs au long cours: le catamaran Black Lion, Sailing Nomad Citizen, l’Odyssée de Sagar Rani et des dizaines d’autres aventuriers. “Quelle chance!” vous écriez-vous à chaque fois. Et pourtant est-ce uniquement de la chance?

    Si vous aussi vous vous donniez les moyens de réaliser votre rêve?

    4 – Vous voulez naviguer où vous voulez, quand VOUS le pouvez, avec des gens que vous aimez.

    L’avantage quand on possède son propre voilier, c’est qu’on peut sortir en mer quand on veut avec qui on veut. Enfin, si la météo est d’accord….

    Vous commencez sérieusement à vous lasser de réserver, prévoir à l’avance, organiser vos croisières. A chaque fois il faut trouver et motiver des équipiers, calculer les frais, les partager, s’envoyer des mails pour les listes d’avitaillement, les billets d’avion etc.

    Sans compter que quand le temps n’est pas de la partie, la navigation peut sérieusement perdre de son charme.

    Qu’il serait bon de profiter du ciel bleu quand il est là! Tiens il fait beau ce week-end, et si je sortais en mer?

    Alors oui vous me direz, mais encore faut-il qu’un copain soit disponible.

    Et moi je vous répondrai que pas forcément. Si vous possédez votre bateau, vous pouvez très bien le préparer pour naviguer en solo!

    5- Investir vos économies dans une voiture neuve ou la déco de votre salle de bain vous paraît tellement superficiel!

    Votre meilleur ami vient de s’offrir une magnifique Berline flambant neuf! Cela fait un moment que vous y songez aussi, mais en l’écoutant vanter les qualités de son nouveau véhicule, vous réalisez que cela ne vous fait plus envie.

    Mercedes classe S

    Quand au remplacement de votre vieille baignoire par une très moderne douche à l’américaine équipée de jets massant multidirectionnels et tout le tralala, ça ne vous parle absolument plus.

    Mais que vous arrive t-il?

    A quoi bon travailler et économiser si dépenser votre argent ne vous fait plus plaisir?

    En fait, si, il y a bien quelque chose qui vous motiverait vraiment.

    Vous osez à peine l’avouer à vos proches: la vérité est que vous préféreriez de loin acheter un bateau!

    6- Votre femme est d’accord

    Bien sûr, vous pouvez adapter le titre en fonction de votre situation conjugale, si vous vivez avec une femme ou avec un homme, mais le principe est le même.

    Si votre moitié approuve votre projet, les autres obstacles seront d’autant plus facile à dépasser.

    équipière heureuse

    La place de port? Pas de souci vous prendrez ce que vous trouverez les premiers temps. Quitte à faire plus de kilomètres.

    Le coût de l’entretien? Rien d’insurmontable si vous ne voyez pas trop grand, et puis vous apprendrez à bricoler…

    Si ce n’est pas le cas, n’oubliez pas de vérifier si vous n’y êtes pas un peu pour quelque chose. On ne se rend pas toujours compte de ce qu’on induit…

    7- Vous habitez à moins de deux heures d’un port de plaisance

    A la suite d’un changement professionnel vous vous êtes rapproché du bord mer? Ou peut-être y habitez-vous déjà? Toujours est-il que la configuration s’approche de l’idéal. Avec le port à portée de voiture, voire de vélo, acheter un bateau en devient presque raisonnable.

    Oui parce qu’on ne va pas se voiler la face: rien de moins rationnel économiquement que d’acheter un bateau. Surtout un voilier habitable. A moins d’en faire votre résidence principale?

     

    Photo Serge Costa – Flickr

    Revenons à nos moutons d’écume: posséder un bateau près de chez soi est un véritable bonheur quand on est fondu de voile. Au premier après-midi de libre vous filez à bord, pour naviguer, bricoler ou… faire la sieste.

    Pas de souci majeur non plus quand il faut vérifier l’amarrage à l’approche d’une tempête ou rencontrer des professionnels.

    Alors si telle est votre situation. Si vous remplissez, disons, 5 critères sur les 7 énoncés ci-dessus, vous êtes très probablement archi prêt à acheter votre bateau. Il ne vous reste plus qu’à passer à l’action.

    Non? Vous l’avez déjà fait?

     

     

  • voilier qui voule
    tutos

    Voulez-vous un voilier insubmersible?

    Tout le monde se souvient du naufrage express de Kevin Escoffier. Le skipper a du abandonner son voilier en moins de 5 minutes pendant le Vendée Globe. lui-même n’en revenait pas. “Les Imoca ne peuvent pas couler” s’était-il répété, incrédule.

    Dans les règles de jauge des Imoca en effet il est prévu: “Le bateau doit disposer d’un volume total d’insubmersibilité égal ou supérieur à 105% du déplacement du bateau en configuration lège. ”

    Ces volumes sont préservés par des cloisons étanches. Comme pour le Titanic, si ces cloisons sautent, le bateau coule.

    Mais il existe d’autres manières d’assurer l’insubmersibilité d’un voilier. A tel point que certains voiliers peuvent naviguer remplis d’eau.

    Auriez-vous envie de posséder un voilier insubmersible? Ou d’insubmersibiliser votre propre bateau?

    Entre contraintes techniques, réglementaires et le surcout final, cela en vaut-il la peine?

    Pour vous aider à réfléchir je vous propose ici d’examiner la question en… profondeur 🙂

     

    Insubmersible ou incoulable? Définir l’insubmersibilité

    En théorie, selon les dictionnaires, un voilier insubmersible est un voilier qui ne peut pas être submergé.

    Autrement dit , il ne peut pas disparaître sous la surface de l’eau. Donc il ne peut pas couler non plus.

    Dans la réalité bien réelle il existe au moins deux catégories de voiliers insubmersibles:

    • Les voiliers qui ne peuvent pas couler (en principe tous les multicoques habitables, ainsi que certains monocoques)
    • Les voiliers qui non seulement ne peuvent pas couler, mais qui en plus sont en capacité de naviguer une fois remplis d’eau.
    naufrage insubmersible
    Crédit Eric Constantineau – Flickr

    Mais il existe aussi des réalités réglementaires, aux implications juridiques. Je veux parler de textes et de commissions qui régissent l’homologation de nos voiliers par les Affaires maritimes et des certifications délivrées par des organismes agréés… Or la règlementation”évolue”.

    Pour la construction des navires européens il y a un avant et un après 2005, année où les normes nationales ont laissé la place au normes de la communauté européenne, ou normes CE.

    En 1987 l’insubmersibilité est devenue obligatoire pour les multicoques habitables homologués en France. La certification exigeait seulement que ces bateaux continuent à flotter une fois retournés.

    Jusqu’en 2000, les voiliers pouvaient ainsi obtenir un certificat d’insubmersibilité sur la seule base des calculs théoriques des architectes.

    A partir de 2000, il est devenu nécessaire de soumettre les bateaux de plaisance à des tests d’insubmersibilité pour obtenir cette certification.

    Le bateau était rempli d’eau avec son équipage sur le pont. Il devait conserver une assiette longitudinale horizontale et rester stable latéralement. Le franc-bord ne devait pas s’enfoncer de plus de 3% de la longueur du bateau.

    La certification était alors délivrée pour une certaine catégorie de navigation, et un poids maximal de moteur.

    Je vous invite à lire cet article de Bernard Lelièvre si vous voulez retrouver les textes réglementaires antérieurs.

    A partir de 2005 avec la normalisation européenne, la certification d’insubmersibilité à disparu, mais pas l’obligation pour les multicoques de ne pas couler s’ils se remplissent d’eau.

    De fait la définition réglementaire de l’insubmersibilité à disparu de ces textes, laissant place au concept de flottabilité (directive 2013/53/UE):

    “Tous les bateaux de plaisance multicoques habitables qui sont susceptibles de se retourner ont une flottabilité suffisante pour leur permettre de rester à flot en cas de retournement.

    Pour autant quelques chantiers continuent à produire des voiliers insubmersibles, même si ces derniers restent minoritaires sur le marché.

     

    Peut-on se passer d’un radeau de survie sur un voilier insubmersible?

    Ce que dit la réglementation

    La réglementation française permet aux voiliers homologués insubmersibles, de ne pas embarquer de radeau de survie, tant qu’ils naviguent à la distance d’un abri pour laquelle ils ont été homologués.

    “Les navires existants bénéficiant de la reconnaissance d’insubmersibilité et pour lesquels la série a fait l’objet d’une décision d’insubmersibilité par l’administration, ne sont pas tenus d’embarquer le radeau de survie gonflable prescrit par les articles 240-2.05 et 240-2.06, tant qu’ils naviguent dans les limites, en termes d’éloignement d’un abri, de la catégorie de navigation pour laquelle l’insubmersibilité a été reconnue. Un navire neuf identique à un navire reconnu insubmersible continue de bénéficier de cette reconnaissance tant qu’il est fabriqué par le même fabricant.” (Article 240 2.14)

    Ceci ne concerne donc que les voiliers homologués avant 2005.

    Oui parce que comme je l’écrivais plus haut, après 2005 cette homologation a disparu.

    A noter que les bateaux de série construits après cette date mais dont l’insubmersibilité à été homologuée avant 2005 bénéficient aussi de cette exonération.

    En principe ces mentions d’homologation figurent sur la plaque d’identité du voilier et sont notées dans les fichiers des affaires maritimes.

    Concrètement avec un Etap 32i on peut se passer d’un radeau jusqu’à 200 milles des côtes puisqu’il a été homologué ainsi pour l’ancienne 2e catégorie.

    MAIS… il reste un gros mais…

    radeau de survie

    Ce que préconise le (bon) sens marin

    Selon la hauteur de l’antenne, généralement celle du mât , une VHF fixe a une portée de 15 à 25 milles. Au delà, sans balise EPIRB ou PLB, nous ne pouvons pas appeler les secours.

    Si votre joli Etap prend feu ne serait-ce qu’à 30 milles des côtes, hors portée VHF, vous allez trouver le temps long dans votre annexe. A supposer que vous ayez eu le temps de la gonfler et que la mer ne soit pas trop mauvaise.

    D’autre part si sous la pression des vagues et de la carène liquide embarquée votre catamaran de croisière commence à se disloquer, que ferez-vous?

    Pour ma part si j’avais un voilier insubmersible d’avant 2005, j’emporterais un radeau de survie pour des navigations au delà de 20 milles des côtes. Même avec une balise PLB ou EPIRB à bord. La vie n’a pas de prix. Et il ne s’agit pas que de celle du skipper mais également de celle de son équipage, et parfois des sauveteurs eux-mêmes.

     

    Comment rendre un voilier insubmersible

    Calculer le volume des réserves de flottabilité

    Tout commence avec le principe d’Archimède: tout corps plongé dans un liquide reçoit une poussée (en Kg) de bas en haut égale au poids du volume de liquide (en dm3) qu’il déplace.

    calcul de flottabilité

    Prenons un petit voilier d’une tonne. Pour qu’il flotte, il faut que son volume immergé soit supérieur ou égal à son poids. Il pèse 1000 kg, il doit donc déplacer au minimum 1000 dm3 d’eau, qui équivaut à un mètre cube, ou 1000 l d’eau.

    Ceci est valable pour l’eau douce dont la masse volumique est bien de 1kg/l ou 1000kg par mètre cube.

    L’eau de mer a une masse volumique légèrement supérieure, de 1020kg/m3 à 1029kg/m3 selon sa salinité.

    Donc le même voilier devra déplacer un tout petit peu moins d’eau de mer que d’eau douce pour recevoir une poussée d’une tonne. Mais ça on le savait empiriquement: on flotte mieux dans l’eau de mer que dans l’eau douce.

    Mais négligeons ce point car d’une part la différence est minime et d’autre part nous tenons à ce que nos voiliers flottent également sur les lacs et les rivières.

    Pour obtenir un voilier incoulable, il faudra donc lui ménager des réserves de flottabilité qui occupent un volume légèrement supérieur à son poids total en charge.

    Oui parce que s’il ce volume est rigoureusement égal au poids du bateau, il va flotter au raz de l’eau, voire entre deux eaux. Ce qui n’est pas confortable du tout pour attendre les secours.

    eureka archimède

    Pour un voilier de 5 tonnes lège, on devra donc rajouter le poids des équipiers, de leur équipement et de tout l’avitaillement, eau, carburant, outil, etc.

    Très empiriquement j’évalue ce poids pour 4 équipiers: 100kg/personne sac compris. Eau: 300l. Carburant: 150l. Annexe, Hors-bord, outils, survie, nourriture etc.: 500kg.

    Soit avec un “léger”pied de pilote,  1,5 tonnes de charge supplémentaire.

    Pour que notre voilier de 5 tonnes soit insubmersible, nous devrons prévoir des réserves de flottabilité supérieures ou égales à 6,5m3 !

    Un volume qui reste à faire valider par un architecte. Bien sûr à bord du bateau il y a du bois, des pare-battages qui constituent une petite réserve supplémentaire, mais est-ce significatif?

    Par ailleurs une coque ou un pont construite en sandwich vous donne un net avantage.  Il faudra alors connaître le volume de mousse intégré dans la coque pour le déduire des réserves à rajouter.

    Quoiqu’il en soit, cela représente un volume considérable, surtout à bord d’un monocoque où la place est comptée. On comprend aussi tout de suite pourquoi il a été possible d’imposer la norme d’insubmersibilité aux catamarans (même si c’est retourné).

    tas de polystyrène
    l’insubmersibilité prend de la place…

    Quant à fabriquer des voiliers capables de naviguer remplis d’eau, il faut des réserves de flottabilité bien supérieures, et savamment réparties pour lui assurer une bonne stabilité. Cette prouesse technique a un coût qui justifie le prix plus élevé de tels voiliers. D’ailleurs depuis la fermeture du chantier Etap, je ne sais pas s’il se construit encore de tels voiliers.

    La répartition des réserves de flottabilité

    Un voilier insubmersible c’est bien, horizontal c’est mieux.

    Il est donc nécessaire de répartir les réserves de flottabilité de sorte à maintenir l’assiette et la stabilité du bateau lorsqu’il est plein d’eau.

    Ceci oblige à en disposer en avant, en arrière et sur les côtés. La hauteur à laquelle elles sont placées joue également.

    Cloisons étanches et mousse à cellules fermées

    Il existe plusieurs manières de créer des réserves de flottabilité. On peut en choisir un seul type où en mixer plusieurs.

    Les cloisons étanches.

    Situées à l’avant et à l’arrière des voiliers elles peuvent aussi jouer le rôle de crash-box en cas de collision.

    Il faut qu’elles soient assez solides pour résister à la pression de l’eau et vraiment étanches.

    Les portes étanches

    A bord de notre voilier en sandwich mousse-polyester (mais pas insubmersible) nous avions prévu une porte étanche pour isoler le local technique à l’avant du reste du bateau. Nous sommes partis autour du monde avec cette porte, sans l’avoir installée. Et nous ne l’avons jamais fait car nous n’arrivions pas à résoudre la question de son étanchéité.

    Cela étant, à condition de faire circuler les câbles électriques au plafond, il pourrait être intéressant de disposer de portes étanches pour fermer les cabines arrières et avant de nos voiliers en cas d’invasion de l’eau. Au vu des difficultés techniques et du surcoût probable, ce traitement doit être réservé aux grands voiliers d’expédition ou de croisières extrêmes.

    construction voilier insubmersible

    La mousse à cellule fermée et le polystyrène extrudé

    Les constructeurs utilisent des panneaux de mousse à cellule fermée qui ne s’imbibe pas ou très peu lorsqu’elle est plongée dans l’eau.

    Elle peut être utilisée dès la construction dans le sandwich de la coque et du pont. Cette solution est très intéressante car elle permet d’économiser de la place. De plus la mousse isole efficacement la coque du froid et du bruit. Cette solution a été retenue par le chantier Etap.

    D’autres chantiers disposent du polystyrène extrudé dans les coffres du voilier. C’est le cas du Pogo 8,50 qui perd au passage énormément d’espaces de rangement.

    Par contre si vous voulez rendre vous-même votre voilier insubmersible, évitez la mousse polyuréthane en bombe. La mousse augmente de volume en séchant et peut endommager sérieusement les aménagements. De plus elle se désagrège au fil du temps et s’imbibe d’eau.

    Les réserves de flottabilité gonflables

    Utilisées sur les embarcations légères, comme les optimists ou les semi-rigides, ces sacs gonflables ne sont pas prévus pour  nos voiliers habitables;

    Il semble qu’il y ait eu des kits de flottabilité vendus au Royaume-Uni, comprenant des bouteilles à air comprimé à percuter pour gonfler ces bouées en cas de naufrage.

    Au salon nautique de 2009 un engin de ce type était proposé sous le nom de Paciflot. Une bouée était vendue 1250€.

    Il en fallait 4, soit 5000€ pour faire flotter un voilier de 10 mètres.

    L’autre inconvénient apparent réside dans la place que nécessite le déploiement de ces bouées. Il faudrait en inventer de formes différentes, pour les adapter aux cabines et au carré des voiliers sans qu’elles butent sur les aménagements.

    Pour autant les projets de création de ce type d’airbags ne manquent pas sur les forums de plaisanciers de toutes nationalités, mais le procédé ne semble plus être commercialisé pour le moment.

    Avantages et inconvénients des voiliers insubmersibles

    Savoir qu’on ne peut pas couler (à moins d’un incendie, ou d’une dislocation totale du bateau), est assez rassurant a priori.

    Pouvoir rentrer au port même avec une grosse brèche dans la coque est encore plus souhaitable. Malheureusement très peu de bateaux insubmersibles en sont capables.

    voilier insubmersible
    l’Etap 28s est insubmersible comme tous les voiliers du chantier Etap

    Reste qu’il est beaucoup plus “confortable” et sûr d’attendre les secours sur le pont de son voilier a demi-coulé que dans un radeau de survie.

    Effectivement à ce stade, le bateau ne risque pas de se retourner, ni de se dégonfler. Et il est plus facile à repérer par les secours.

    Pour vous en faire une idée vous pouvez lire le témoignage du skipper du Pogo 8,50 Zinzolin, secouru par un cargo pendant une Transquadra.

    Bonus non négligeable pour les voiliers en sandwich divinycell ou polyuréthane: ils sont très bien isolés. Pas d’excès de chaleur l’été, ni de froid l’hiver, et une meilleure insonorisation que les autres bateaux.

    En réalité si le procédé n’avait aucun inconvénient, nos voiliers seraient tous insubmersibles.

    Mais voilà, ces voiliers sont souvent plus chers à l’achat, surtout s’ils sont construits en sandwich.

    Ensuite les réserves de flottabilité réduisent de manière significative la place pour ranger du matériel.

    Donc il faut vraiment se poser la question:

    Pour quel programme de navigation l’insubmersibilité devient-elle vraiment intéressante?

    Soyons réaliste: le risque de couler n’est pas très élevé. Un bon entretien des vannes, une veille attentive, voilà déjà pas mal de sources de naufrage évitées.

    Nous pouvons aussi équiper nos bateaux de pompes de cales efficaces et de crash-box.

    Pour un programme côtier et semi-hauturier, si par malheur ces mesures ne suffisaient pas, les secours ne sont pas si loin.

    vedette de sauvetage
    Crédit: Jean-Jacques Abalain – Flickr

    Par contre en navigation hauturière ce n’est plus la même histoire. Un éventuel sauvetage prendra du temps et les risques de rencontre avec des OFNIS augmentent en même temps que le commerce maritime se développe.

    L’insubmersibilité est un atout indéniable pour la sécurité des voiliers hauturiers.

    Nous nous trouvons alors devant un paradoxe.

    En effet les voiliers monocoques de voyage insubmersibles sont encore rares.

    De plus avec un tel programme les navigateurs ont besoin d’un gros volume de rangement. Bien plus qu’en navigation côtière.

    Finalement nous trouverons plus facilement des voiliers insubmersibles, pour un programme côtier, alors que c’est au large que nous en aurions le plus besoin….

     

    Quelques voiliers insubmersibles

    Tous les catamarans habitables doivent l’être depuis 1987, du moins en Europe.

    Le chantier belge Etap a produit toute une gamme de voiliers insubmersibles ET navigables remplis d’eau. Coque et pont sont en sandwich mousse-polyester.

    Les Etap s’étendent sur une gamme de voiliers de 21 à 48 pieds. Mais le chantier a fermé en 2009 sans être repris.

    Le chantier britannique Sadler and son a également conçu les voiliers Sadler 26 et 29 et réputés navigables remplis d’eau. Il existe également un Sadler 34 (1988) insubmersible mais j’ignore s’il peut naviguer rempli d’eau. Comme les Etap ils sont construits en sandwich mousse-polyester.

    sadler 34 voilier insubmersible
    Le Sadler 34, très apprécié en Grande-Bretagne et jusqu’au Canada.

    Les first 210 et 211.

    Les voiliers issus de la jauge mini 6.50 sont tous insubmersibles.

    Idb marine construit des voiliers incoulables de 6,50m à 11m:  Maxi 6.50m, Malango et Mojito.

    Pogostructure propose aussi des voiliers de croisière rapide insubmersibles.

     

  • cuisiner en mer
    tutos

    Comment cuisiner en mer à bord d’un voilier

    Lors d’une remontée du Cap Horn à Rio, je me souviens d’avoir mangé comme une ogresse, des quantités de bœuf argentin et de pommes de terres rissolées avec amour et surtout beaucoup de patience…

    Ces repas copieux étaient indispensables à notre survie et à notre moral pour cette navigation difficile.

    Même pour des croisières moins extrêmes, savoir cuisiner en mer devient vite une nécessité.

    Une traversée de la Manche, du Golfe de Gascogne ou d’une partie de la Méditerranée suffisent déjà à nous confronter au problème.

    Mais comment s’y prendre avec une gite importante? A bord d’un voilier qui retombe violemment dans les creux au près serré? Ou bien au portant, quand le roulis met à l’épreuve votre équilibre et celui de vos assiettes .

    Cuisiner à bord d’un voilier en navigation demande en réalité  un peu de préparation avant de prendre la mer et le respect de certaines règles de sécurité. Bien évidemment c’est plus facile quand le cuisinier est bien amariné, sinon…

    Voici donc quelques conseils pratiques pour mijoter de bons petits plats sans danger, et sans risque de refaire la déco de votre carré avec la sauce tomate.

    Un cuisinier bien calé

    La principale difficulté de la cuisine en mer est liée aux mouvements du bateau. Or un cuisinier qui doit s’accrocher à ses casseroles pour ne pas tomber risque fort de finir ébouillanté.

    Le cuisinier ne doit pas glisser, ni déployer d’efforts démesurés pour rester à la verticale. De plus il a besoin de ses deux mains pour couper les oignons, ouvrir les bocaux etc. Il faut donc qu’il puisse se caler contre le mobilier, et que ses pieds ne dérapent pas sur le plancher humide.

    La disposition de la cuisine du bord peut d’ailleurs être un élément décisif, parmi d’autres, dans le choix d’un voilier pour un programme hauturier ou semi-hauturier. Beaucoup de cuisines sont conçues pour être utilisées au mouillage, mais pas vraiment en navigation.

    Observons les plans d’aménagement de cuisine de quelques voiliers:

     

    La cuisine en forme de U

    Cette forme de cuisine, ici à bord d’un RM 1050, est idéale en navigation car elle permet de se caler parfaitement sur les deux amures.

    Elle en proche du centre de gravité du voilier, où le tangage est quasi nul.

    La gazinière est déportée, ce qui peut éviter au cuisinier d’être ébouillanté par une projection de liquide.

    cuisine du voilier rm 1050
    RM 1050

    La Cuisine à l’américaine

    Cuisine en longueur, ici à bord d’un Oceanis 351, est souvent placée en avant du centre de gravité du voilier.

    Cet aménagement doit être très agréable… à l’arrêt!

    Dans ce cas le cuisinier ne peut pas se caler confortablement tribord amure. De plus le tangage est plus marqué vers l’avant du bateau.

    plan d'aménagement de l'oceanis 351
                                                                      Oceanis 351

    D’autres voiliers plus grands, comme l‘OVNI 455 (ci- dessous) ont une banquette centrale avec un long dossier qui rend sa fonctionnalité en mer à ce type de cuisine. Attention à ce que ce fameux dossier soit suffisamment long et droit cependant.

    plan d'aménagement ovni 455

    Il existe également des cuisines en coursive, à bord de grands voiliers. On y est particulièrement bien calé, mais claustrophobes s’abstenir.

    La Cuisine en L

    Ce type de cuisine est placée près du centre de gravité, ou vers l’arrière du bateau. L’escalier de descente ferme légèrement le L, mais pas toujours suffisamment pour cuisiner confortablement en mer quand le voilier gite sur tribord.

    Dans ce cas on peut rajouter une sangle à cet effet. Ici on peut la fixer à gauche de la gazinière et à droite au bout de l’évier.

    L’inconvénient de cette disposition est de devoir travailler collé à la gazinière, ce qui peut être dangereux.

    plan d'aménagement sunshine 38

     

    Améliorer les aménagements existants

    Outre la pose de sangles, vous pouvez placer des cale-pieds au sol, des mains courantes sur les cloisons et au plafond.

    Cependant, il sera toujours plus confortable de s’adosser aux aménagement, ou tout au moins de caler ses petites fesses contre le mobilier.

    Par ailleurs n’oubliez pas de disposer une barre ronde en inox devant le four. Celle-ci vous évitera de vous raccrocher au four lui-même, avec toutes les conséquences que cela suppose.

    La cuisine idéale à bord d’un voilier

    … n’existe pas. Comme tout ce qui est idéal. Nous avons les uns et les autres nos habitudes et nos manies pas toujours les plus performantes du point de vue de la navigation.

    Qu’importe! Pour cuisiner en mer, chaque plaisancier effectue un compromis différent entre plaisir, sécurité et performance.

    Pour autant les lois de la gravité valent pour chacun d’entre nous.

     

    gazinière voilier
    Voilà une barre de four solide!

     

    • Un plan de travail à bord d’un voilier doit être équipé de fargues suffisamment hautes pour y caler les plats et les tasses à la gite.
    • Les rangement avec des ouvertures permanentes, en T, pour les assiettes et les verres (eux-mêmes placés dans des trous ronds), font gagner un temps précieux.
    • Les condiments, les allumettes, le thé, le café et ce qui sert souvent doit être à portée de main du cuistot.
    • La gazinière ou le réchaud sur cardan ne doivent pas buter contre les aménagements à la gîte. Et encore moins les casseroles qui s’y trouvent.
    • Les serre-casseroles sont indispensables.
    • La cocotte-minute et la bouilloire sont sûres, et économe en gaz.
    • L’aération tu soigneras: hublot ouvrant, boite dorade.
    • Un évier unique mais profond est préférable à deux petits bacs.
    • Une pompe à eau de mer pour la vaisselle fait économiser beaucoup d’eau douce.
    • Une pompe à pied pour l’eau douce est également plus économe qu’une pompe électrique et libère les mains (mais pas les pieds).
    • De la lumière tu trouveras, ou installeras.
    • Et toujours: le cuisinier est bien calé par les aménagements.

     

    Parer les dangers de la cuisine en navigation

    cuisiner avec un ciré sur un voilier

    Les principaux risques que vous courrez quand vous cuisinez en mer:

    • vous ébouillanter si une casserole se renverse.
    • provoquer un incendie
    • oublier de couper le gaz

    Il est prudent d’enfiler un pantalon de ciré avant de cuisiner quand la mer est agitée.

    S’il fait chaud vous ne serez pas très motivé, mais pensez à Clarisse Cremer qui a renversé sa tasse de thé bouillant sur ses cuisses et son pubis pendant ce dernier Vendée Globe…

    D’autres mesures faciles à mettre en œuvre:

    • Chauffer l’eau dans une bouilloire sifflet
    • Cuisiner le plus possible dans une cocotte-minute.
    • Toujours utiliser les serre-casseroles
    • Fixer une couverture anti-feu près de la gazinière
    • Prendre son temps…

    Abattre et réduire le temps d’un repas

    Ou lofer si vous roulez trop au portant. L’idée est de vous donner plus de confort pour recharger vos batteries personnelles. Il sera beaucoup plus facile de cuisiner et de manger en navigation en remontant à 60 degrés du vent plutôt qu’à 45. Vous perdrez un peu de route, mais cuisiner (et manger) en mer sera tellement plus facile!

    Au près il suffit parfois de choquer le chariot d’écoute de GV pour voir le bateau se redresser de quelques degrés et ses mouvements s’adoucir. Testez, faites des essais pour mieux connaître votre bateau.

    A la limite si vous voulez vraiment vous prendre une pause, dans du mauvais temps, pourquoi ne pas vous mettre à la cape une petite heure? Une fois la vaisselle propre vous reprendrez la route le ventre plein.

    Prévoir des menus spécial gros temps

    sandwich en mer

    Ceci complète l’article sur l’avitaillement où je vous suggérais de procéder par menus pour établir votre liste de courses.

    A moins d’être très bien amariné, quand la mer se lève il est intéressant de limiter le temps à passer en cuisine.

    Et là je vous arrête tout de suite!

    Non les sandwichs ne résolvent pas le problème de la cuisine en mer.

    D’abord ils sont souvent indigestes.

    Ensuite ils ne couvriront pas vos besoins énergétiques correctement.

    Un repas chaud et consistant vous remontera bien mieux le moral.

    Et puis les sandwichs ça fait plein de miettes 🙂

    Enfin en traversée les réserves de pains sont comptées.

    Pour toutes ces raisons, les conserves, maison si possible, sont parfaites!

    Vous pouvez également prévoir quelques recettes archi simples, mais roboratives pour ces moments difficiles.

    Le riz cuit à l’étouffée peut se relever de milles et unes manières.

    Les pommes de terres aiment les lardons qui suintent au fond de la cocotte avec quelques échalotes.

    C’est simple et ça sent bon!

    Bref, à vos menus de croisière, si vous prévoyez des navigations semi-hauturières ou hauturières, ajoutez quelques repas chauds mais rapides à préparer.

    Après s’il s’agit vraiment de très gros temps, les réserves de chocolat et autres gâteries énergétiques seront les bienvenues. Mais n’oubliez pas: vous pouvez toujours vous mettre à la cape pour cuire une poignée de riz. Ou des pâtes, bien à l’abri des débordements au fond de la cocotte-minute.

    Voilà vous n’avez plus d’excuse pour ne pas cuisiner en traversée.

    Ah oui, j’oubliais: ventilez bien votre cuisine, vous serez bien moins sujet au mal de mer!

    Bon appétit à tous les marins!

     

  • aliments entreposés dans le carré
    tutos

    Avitailler son voilier pour une croisière: le casse-tête des listes et du rangement

    Avitailler son voilier est probablement le moment le moins amusant de la préparation d’une croisière. On a toujours peur d’oublier quelque chose et on n’a qu’une envie devant le rayon des conserves: abandonner son chariot et prendre la mer le plus vite possible! Si seulement vivre de sa pêche était une option crédible! Une ligne, un hameçon, un leurre et du riz suffirait. Mais c’est un pari vraiment risqué….

    De plus si la technique de la liste d’avitaillement reste la plus universellement répandue, la question du rangement est assez peu abordée.

    Et pourtant le plus organisé des plaisanciers finit toujours par douter lorsqu’il compare le volume des caddies alignés devant son étrave à celui de son bateau. Où diable stocker tout ce bazar? Pourquoi les rouleaux de PQ sont-ils toujours aussi encombrants? Et l’eau minérale? Qui peut bien boire autant de flotte, sérieusement?

    bouteilles d'eau minérale

    Dans cet article nous verrons donc comment rédiger une liste d’avitaillement cohérente, puis je partagerai mes quelques trucs pour un stockage rationnel de la nourriture à bord. Et en prime je vous laisserai en téléchargement une liste “confort” de divers produits et objets qui vous permettront de partir en mer à l’impromptu sans vous soucier des courses à chaque fois!

    De l’importance de bien manger à bord: énergie et convivialité

    Pour vous motiver à bien avitailler votre voilier, je voulais partager à quel point cela peut changer l’ambiance de votre croisière!

    Nous ne naviguons pas en course!

    Oublions les lyophilisés insipides et l’eau désalinisée des skippers du Vendée Globe! Nous avons le temps, et quand nous avons la chance d’en avoir nous tenons à garder nos équipiers. Pour cela, pas de secret: il faut soigner la convivialité.

    De là à cuisiner un bœuf bourguignon tous les soirs me direz-vous, ce ne sont plus des vacances!Et bien, tout dépend du confort de votre bateau et de la motivation des cuisiniers potentiels! Personnellement si j’en ai la possibilité, j’aime bien préparer ce genre de plat AVANT une traversée par exemple. Évidemment il vaut mieux que tout le monde soit amariné pour bien en profiter, ou que la mer soit belle…

    Quoiqu’il en soit, la mer ça creuse: une bonne alimentation est un gage non seulement de bien-être à bord mais aussi de sécurité! L’équipage est de bonne humeur, soudé par de bons diners partagés, et peut donc compter sur toutes ses forces pour manœuvrer.

    Comment faire une liste d’avitaillement?

    Il existe plusieurs méthodes pour résoudre le problème. Par exemple on peut décider de manger des sandwichs à midi et de diner au restaurant tous les soirs. Franchement, ça peut marcher pour un week-end, mais au-delà vous allez vous lasser.

    Il est également possible de jeûner, et dans ce cas inutile de poursuivre la lecture de cet article. Cependant ce n’est pas très compatible avec la sécurité en mer. Sur l’eau nous dépensons généralement beaucoup de calories, donc attention à l’hypoglycémie qui vous empêchera de prendre les bonnes décisions.

    La technique des menus

    Plus sérieusement, je propose de démarrer le programme convivialité par une séance de brainstorming devant un café et des croissants. Vos équipiers fraîchement embarqués se sentent accueillis et tout de suite impliqués dans l’organisation de la croisière. Le but de la séance est de créer une liste de menus variés pour 4 ou 5 jours, avec des recettes que les uns et les autres se sentent capable de cuisiner à bord. Ensuite vous en déduisez les quantités nécessaires, puis vous les multipliez par deux pour une croisière de 8 jours, par 3 pour 15 jours, facile!

    cuisiner sur un petit voilier

    Évidemment il faudra inclure dans ces menus les petits déjeuner, les en-cas ou goûter, l’apéro (mais ça personne n’oublie) et ajouter les produits d’hygiène à la fin.

    Comme vous naviguez généralement près de zones civilisées, vous aurez l’occasion d’acheter des vivres frais à terre. Légumes, fruits, viande, pain: tout ceci peut-être renouvelé tous les 3-4 jours à la faveur d’une escale.

    Mais n’hésitez pas à charger tout le reste dès le départ. Sans voiture, conserves, pâtes, et boissons diverses sont des produits lourds et encombrant à transporter. En plus si il est plaisant de papoter avec le boucher ou la boulangère tous les matins, les achats de PQ et tomates en conserve en supermarché dégagent moins de poésie. Autant s’en débarrasser une bonne fois.

    Réutiliser d’anciennes listes d’avitaillement?

    Une fois l’opération précédente réalisée et testée, cela vaut la peine de garder votre liste et vos menus pour une prochaine croisière. Si vos équipiers ne décident pas de modifier vos menus en profondeur vous pourrez avitailler votre voilier en ajustant simplement les quantités au nombre d’équipiers.

    Les plus organisés pourront réaliser des tableaux excel pour convertir les menus en liste détaillée et ajustable.

    Cependant la réutilisation des anciennes listes comporte quelques limites à mon avis.

    Selon le programme de votre croisière vous serez plus ou moins enclin à cuisiner et vos besoins caloriques ne seront pas les mêmes. Naviguer en Bretagne ou en Méditerranée au début du printemps sont deux expériences de navigation assez différentes par exemple…

    Ensuite si vous louez un voilier loin de chez vous, vous ne trouverez pas vos ingrédients habituels. Enfin vos prochains équipiers seront peut-être vegan, ou bien allergiques aux spaghettis bolognaise.

    Quoiqu’il en soit, la méthode des menus est fiable, éprouvée et responsabilise immédiatement votre équipage. Je vous la recommande chaudement!

    Où ranger les aliments à bord d’un voilier?

    Au moment de ranger l’avitaillement vous allez avoir différentes questions à résoudre.

    La conservation des produits périssables

    Pour les fruits et les légumes, des filets suspendus ou des tiroirs bien aérés (ajourés) sont idéaux.

    Si vous n’avez pas de réfrigérateur, vous trouverez en principe plus de fraîcheur dans les fonds. Par temps froid, vous pouvez aussi entreposer certains vivres (fromage…) dans des tupperwares dehors, sous la capote par exemple.

    Les œufs se conservent en dehors du réfrigérateur, dans leurs boîtes en carton pour amortir les chocs.

    Le pain moisit dans les sacs en plastique. Si vous le gardez dans un torchon, ou dans une boite métallique, ou les deux, il tiendra deux fois plus longtemps.

    Ne stockez JAMAIS le lait en briques, dans les fonds.Les briques prennent l’humidité, perdent leur résistance, et vous vous en apercevrez quand le lait aura caillé. Imaginez, du lait qui circule librement dans les fonds du bateau et qui caille… oui, c’est du vécu.

    J’ai d’ailleurs découvert à la suite de cet incident que je pouvais faire de très bonnes crêpes avec du lait en poudre.

    Si vous prévoyez de garder certaines conserves longtemps à bord, marquez les au feutre indélébile. Ainsi vous saurez ce qu’elles contiennent même si elles perdent leurs étiquettes.

    Enfin il est préférable de placer les produits les plus lourds dans les fonds (sauf le lait en brique) et les plus légers dans les équipets latéraux. Les poids seront mieux répartis et en cas de coup de gîte violent, vous risquez moins d’accidents.

    Quant aux rouleaux PQ, si vous ne savez plus où le ranger, ils sont très efficaces pour caler les bocaux et la vaisselle dans les placards.

    L’accessibilité des vivres

    Mettons que vous envisagiez une traversée de deux ou trois jours. Dans ce cas vous devrez cuisiner en mer. Peut-être au près, bateau gité… Et si ça se trouve il y aura même des vagues!

    Donc il s’agit de faciliter au maximum la tâche du cuisinier. Il ne faut pas qu’il ait à chercher les nouilles sous le siège situé en pied de mât. Sinon gare au mal de mer! De ce fait, même si votre logique vous invite à ranger chaque classe d’aliment au même endroit, il faut assouplir la règle. Une partie suffisante des aliments de base doit absolument être au plus proche de la cuisine.

    préparation du repas en mer

    Maintenant passons aux quarts de nuit. Il fait frais, vous vous endormez. Un bon petit café instantané vous réveillerait tout en vous réchauffant. Sauf que le café est rangé derrière la tête de l’équipier qui dort dans la bannette tribord du carré. C’est ballot, non?

    Le raisonnement vaut aussi pour les barres de céréales et le PQ. Sans doute moins pour l’apéro 😉

    Prévenir les cafards

    Ce dernier problème survient plutôt sous les tropiques, mais il quand il survient c’est presque déjà trop tard.

    Pour ne pas voir proliférer ces petites bêtes, laissez tous les emballages en carton sur le quai. Aucun carton ne doit mettre le pied à bord!

    Inspectez également tous les fruits et légumes avec attention.

    Ensuite pour neutraliser les œufs qui pourraient se dissimuler dans le riz et les pâtes, versez les dans de grandes boîtes de conservation en plastique, dans lesquels vous aurez placé des boules de coton imbibées d‘alcool camphré. Les vapeurs d’alcool vont tuer une partie de larves et le camphre va dissuader les cafards de s’y reproduire. Je sais c’est sale, mais la nature est ainsi.

    A titre de prévention vous pourrez aussi placer des pièges à cafard dans quelques recoins sombres proches des zones de stockage des vivres.

    Une liste d’avitaillement de base pour être toujours prêt à partir

    Qu’il serait bon de pouvoir prendre le large à l’improviste, sans se taper toutes ces listes, ces menus et ces courses.

    A mon avis avec un peu d’organisation préalable c’est tout à fait possible.

    Je pense que selon la taille de votre bateau, vous pouvez stocker de quoi vivre à bord un week-end dès le début de votre saison de navigation.

    Voici donc à télécharger ou à imprimer une liste “confort”, d’aliments, de produits d’hygiènes mais aussi de divertissement, que je vous propose d’embarquer dès que vous recommencerez à naviguer. Cette liste est issue d’un bonus inclus dans la formation météo et navigation côtière.

    Bien sûr vous devrez l’adapter à la place dont vous disposez et à vos goûts.  Mais déjà, grâce à elle, vous n’oublierez plus les allumettes!

     

  • naviguer en équipage

    20 idées de cadeaux pour les voileux

    Si vous lisez cet article, vous avez sûrement un (ou une) voileux dans votre entourage à qui vous voudriez offrir un super chouette cadeau! Mais voilà, vous n’y connaissez rien en voile et votre budget n’est pas illimité.

    A moins que ça ne soit vous, le marin, et là, vous cherchez l’article que vous aller partager sur Facebook pour que vos proches sachent enfin quoi vous offrir!

    Bref, laissez-moi vous aider.

    Je vous propose  20 idées de cadeaux pour les voileux classées par ordre de prix.

    Pour information, une partie des liens ci-dessous sont des liens affiliés, si vous passez par eux pour acheter ces produits je toucherai une petite commission.

     

    1. Un savon ou un shampoing qui mousse à l’eau de mer

    Très pratique pour économiser l’eau douce en traversée, ces savons doivent hydrater la peau, malgré le sel ET laver le marin… A partir de 8€50, vous pouvez essayer le cococéan de fabrication artisanale.

    2. Un roman de mer

    Je ne vais citer que quelques uns de mes préférés, parce qu’il y en a des milliers!

    Partir 66°Nord

    Ma dernière découverte (2020), à réserver aux marins avides de navigations arctiques.

    Sandrine Pierrefeu, devenue skipper professionnel à l’aube de la cinquantaine, nous fait ici le récit  romancé de son premier skippage à bord d’un voilier de charter entre l’Islande et le Groenland!

    L’expédition du Kon Tiki sur un radeau à travers le Pacifique

    Cent fois meilleur que le film, l’aventure véritable de Thor Heyerdahl et ses 5 équipiers qui tentent la traversée du Pacifique sur radeau de bois. Elle se lit d’une traite, et vous emmène naviguer au milieu des requins et des poissons volants sans que vous ayez besoin de quitter votre lit 😉

    Le voyage du Brendan

    A bord d’un bateau de peaux de vache cousues sur une armature de bois, Tim Séverin a reconstitué le voyage d’un moine Irlandais du 6e siècle, dans les mêmes conditions, ou presque. Un périple dantesque jusqu’à l’embouchure du Saint-Laurent en passant par les Hébrides, les Féroé, l’Islande et les eaux glacées groenlandaises.

    Le bateau qui ne voulait pas flotter

    Drôle et poétique à la fois. Pas sûr que vous l’offriez: je suis sûre vous allez le garder pour vous!

    Entre les brumes persistantes de Terre Neuve, le café infusé au rhum bouillant (fuite d’eau douce à bord) et le “monstre vert” (moteur antique et caractériel), c’est l’histoire d’une petite goélette qui s’entête à couler dès que son propriétaire (l’auteur) veut mettre le cap à l’ouest.

    Damien autour du monde

    Partis à l’âge de 20 ans de La Rochelle sur Damien, leur cotre en bois de 10 mètres, Jérôme Poncet et Gérard Janichon naviguent cinq ans durant. Leur parcours de 55 000 milles est jalonné de grandes premières : le Spitzberg, la remontée de l’Amazone, le cap Horn, les îles australes, la péninsule Antarctique…

    Le monde selon Guirec et Monique

    La poule est-elle le meilleur ami du marin? C’est en tout cas ce qu’a testé Guirec Soudée qui vient de boucler un tour du monde à la voile par les 2 pôles. Il est le plus jeune navigateur à avoir franchi le passage du Nord-Ouest. Un cocktail d’humour, d’audace et de chance.

    3. Un journal de bord

    A vous de trouver un joli cahier de format A4 ou légèrement plus petit avec une couverture solide, mais belle. N’oubliez pas de le dédicacer!

    4. Un couteau de marin

    C’est peut-être une affaire de goût, mais les couteaux Wichard me semblent parfaits. Juste une lame, un démanilleur et manche ergonomique. Indispensable!

    Comme disent souvent les vendeurs: j’ai le même dans la poche de mon ciré!

    5. Des gants de voile

    Les bouts en textiles modernes arrachent les mains. Le froid aussi. Des gants de voile confortables, ouverts aux extrémités avec des renforts en cuir seront un cadeau bienvenu. Pour l’hiver, préférez les gants fermés en néoprène.

     

    6.Un manuel de voile

    Voici parmi les plus connus, 4 ouvrages que personne n’osera jamais critiquer:

    7.Un guide Nautique

    Choisissez en cadeau un guide décrivant les ports et les mouillages de la zone de navigation ou votre voileux préféré rêve de se rendre prochainement. Ceux que je préfère sont les guides Imray Vagnon.

    8. Une batterie Powerbank

    Grace à ce cadeau malin fini les portables et les tablettes déchargés. Très pratique quand tout le monde veut brancher son téléphone sur la seule prise USB du bord. Ou quand il n’y a pas de prise USB… Je vous ai mis ci-dessous le lien vers celle que je me suis offerte, pour moins de 30 € car j’en suis très contente. Pour info j’ai abandonné l’idée des powerbanks solaires, car ils se rechargent trop lentement en mode solaire.

    9. Un diable en aluminium

    Pour les propriétaires de voiliers. Le diable est un cadeau bien utile pour transporter l’avitaillement et toute sorte de matériel de voile un peu lourd sur les pontons. Environ 60€

    10. Une pince multifonction type leatherman

    Ce genre d’outil, en inox, est idéal pour effectuer des travaux dans le mât. Il est aussi très pratique de le garder à portée de main pour éviter de plonger dans la caisse à outil à la moindre bricole. Il en existe de toute taille selon le nombre d’outils présents. Je pense qu’il ne faut pas les choisir trop épais, après cela devient inconfortable à manipuler. A partir de 75€.

     

    11. Un sac étanche

    Ici il existe plusieurs gammes de prix selon l’usage et la marque. Du gros sac de trek au petit sac à dos Cotten qui permet de débarquer sans risquer la vie de son téléphone portable.

    12. Une veste polaire

    Le choix est vaste…

     

    13. Une liseuse étanche

    Les livres sur un bateau c’est bien. Mais c’est lourd, volumineux et ça supporte mal l’humidité. Les liseuses récentes sont éclairées et étanches et ont une autonomie très importante. Plus besoin de lampe frontale pour lire en bateau, ni de bibliothèque. Ci-dessous une Kindle qui répond à ces exigences.

    14. Des bottes chaudes et confortables

    Testées par les marins de la Volvo Ocean Race paraît-il! En tout cas elles ont l’air super confortables, et les utilisateurs sont contents. A partir de 170€.

    15. Une balise personnelle AIS

    Dans un précédent article sur la sécurité à bord, je conseillais à chaque équipier de quart, et encore plus aux plaisanciers qui naviguent en solo de porter ce type de balise. Si son porteur tombe à l’eau, il pourra ainsi être plus facilement localisé par les bateaux se portant à son secours, pourvu qu’ils soient équipés d’un récepteur AIS. Celle présentée ici a un excellent rapport qualité prix (250€)

     

    16. Une formation en ligne à la météo marine et navigation côtière

    Cette formation exigeante et archi complète est un super cadeau qui s’adresse aux passionnés de voile qui veulent progresser rapidement, prendre de l’assurance et faire plaisir à leur équipage.

    Élaborée par l’auteur de ce blog, elle vient d’être visée par un météorologue professionnel. Elle n’est accessible que 2 à 3 fois par ans.

    L’offre actuelle est valable jusqu’au 13/12/20

    Si vous voulez plus d’informations n’hésitez pas à me contacter [email protected]

     

    17. Une veste ou une salopette de quart

    De mon côté j’ai choisi un équipement Musto, après avoir été déçue par la marque Décathlon. J’ai aussi passé le Cap Horn avec une veste de quart Cotten, et je n’ai pas été mouillée. Evitez donc les marques discount, sauf si vous êtes fauchés. Il faudrait un article complet pour vous conseiller correctement sur ce sujet. Aussi essayez de cuisiner votre marin pour savoir quelles sont ses préférences en la matière.

    Ci-dessous la photo mène vers la veste BR2, qui à ma préférence en navigation côtière ET hauturière. A partir de 350€ environ la veste.

    18. Un stage de mécanique ou d’électricité marine

    Pour les bricoleurs et tout ceux qui veulent naviguer loin. Allez faire un tour sur Sail The World, vous y trouverez sans doute votre bonheur.

    19. Un stage de voile aux Glénans

    Attention de ne pas vexer votre ami, il pourrait penser que vous ne lui faites plus confiance en mer!

    A moins qu’il le sache déjà… si c’est le cas, proposez lui la lecture de mon article 10 raisons pour lesquelles votre femme n’aime pas le bateau.

     

    20. Une sortie sur un multicoque océanique de course

    Si votre voileux aime les sensations fortes, qu’il est passionné de course au large, vous pourriez lui faire un super cadeau en lui offrant une place sur un bolide des mers.

    cadeau voileux

     

    Voilà j’espère vous avoir donné quelques idées, si vous en avez d’autres, mettez les en commentaire!

  • affichage du mode vent
    tutos

    A quoi sert le mode vent de votre pilote automatique?

    C’est si beau l’électronique marine!

    Toutes ces leds qui clignotent dans tous les sens et des alarmes qui résonnent sans qu’on sache toujours pourquoi.

    Aujourd’hui je vais vous révéler les dessous du mode vent de votre pilote automatique. Encore un de ces truc que vous avez enclenché par erreur en bidouillant le menu de l’afficheur. Quand vous aurez lu l’article, vous sauterez dans votre ciré pour tester ce mode génial! Vous verrez: vous serez conquis!

    Qu’est-ce que le mode vent?

    Inspiré du régulateur d’allure mécanique, le mode vent vous permet de conserver toujours le même angle par rapport au vent.

    Vous ne savez pas ce qu’est un régulateur d’allure?

    Développé et popularisé en France par Bernard Moitessier et Eric Tabarly, il s’agit d’un pilote qui fonctionne sans électricité, actionné par le vent et la vitesse du bateau. Le régulateur comporte un aérien que l’on oriente dans l’angle voulu par rapport au vent, et d’une pale immergée à qui l’aérien transmet les variations de cap du bateau. La pale transmet à son tour le mouvement à la barre par un système de drosses jusqu’à ce que le système revienne à l’équilibre.

    régulateur d'allure

    Vous n’avez pas compris? Tant pis, le but n’est pas ici de construire un régulateur d’allure, mais d’utiliser au mieux le mode vent du pilote automatique électronique.

    Mais comment le pilote connait-il l’angle au vent de notre voilier?

    Grâce à la girouette électronique bien sûr!

    Sauf que la girouette ne suffit pas. Il faut qu’elle calcule la direction mais aussi la force du vent. Donc il faut un anémomètre aussi, bref une girouette-anémomètre.

    D’où l’idée de centrale de navigation. Il va falloir connecter divers capteurs entre eux pour que le calculateur du pilote transmette les bonnes informations au vérin.

    Ensuite il faut un GPS ou un loch.

    Et c’est là que je perds certains d’entre vous.

    Si le pilote à besoin de toutes ces données pour fonctionner en mode vent, c’est qu‘il va calculer le vent réel à partir de sa mesure du vent apparent.

    Je vous épargne les autres capteurs nécessaires: compas gyroscopique, capteur d’angle de barre etc. Nous on veut juste utiliser le mode vent!

    Mode vent apparent ou mode vent réel?

    Mettons nous d’accord tout de suite.

    Le vent réel est le vent qui souffle sur le plan d’eau, celui que relèvent les anémomètres fixes, à terre ou sur des bouées.

    Quand vous êtes au mouillage, votre girouette indique la direction du vent réel.

    Le vent apparent est celui qui souffle sur vos voiles quand votre voilier avance.

    C’est aussi celui dont votre nez indique la direction quand vous avez la même sensation dans chaque oreille (sauf si votre nez est de travers, ou qu’il vous manque une oreille).

    Le vent apparent est la somme du vent réel et du vent vitesse lié au déplacement de votre bateau.

    Il varie donc en vitesse et en direction en fonction des deux autres vents.

    Un petit schéma vaut mieux qu’un grand discours:

    Au près le vent vitesse s’additionne au vent réel.vent apparent au près

    Le vent apparent est plus pointu que le vent réel. Quand le bateau accélère il faut border les voiles.

    En général c’est là qu’on sort les vestes polaires parce que le vent apparent est plus fort que le vent réel.

     

    Au portant, le vent vitesse se soustrait au vent réel.

    vent apparent au portant

    D’où l’impression qu’il fait plus chaud, ou moins froid. Mais là encore le vent apparent refuse un peu par rapport au vent réel. Si le bateau part au surf, les voiles se déventent. Ou alors il faut abattre, puis lofer quand la vitesse retombe.

    Les avantages du mode vent du pilote automatique

    Sur les Imoca du Vendée Globe, les skippers ne barrent presque plus. Les pilotes réglés en mode vent sont plus efficaces qu’eux. Sauf quand ils tombent en panne comme pour le bateau du Japonais Kojiro Shiraishi qui a vu sa grand voile se déchirer après deux empannages successifs du pilote. Parce que oui, l’électronique, parfois tombe en panne.

    barre à roue équipée d'un pilote automatique

    Sur les bateaux de plaisance le mode vent apparent est redoutable au près. Il permet au bateau de remonter au vent en profitant de chaque adonnante. Et dès que le vent refuse le pilote abat.

    Au portant, le mode vent réel peut-être préféré, s’il existe, surtout dans la houle si le bateau part au planning régulièrement, avec de fortes accélérations et décélérations qui modifient beaucoup le vent apparent. Certains pilotes sont d’ailleurs programmés pour passer automatiquement en mode vent réel au portant. D’autres plus anciens ne disposent pas de mode vent réel. Pas grave, vous pouvez quand même utiliser le mode vent apparent sur la plupart des bateaux de croisière, tant qu’ils ne partent pas dans de longs surfs sauvages.

    Toujours au portant, vous éviterez les empannages intempestifs si le vent tourne, puisque le bateau tournera aussi.

    Dans tous les cas vos voiles restent bien réglées, et le bateau beaucoup plus stable.

    Au final vous irez plus vite comme cela, plutôt qu’en mode GPS ou le pilote vise un Waypoint sans tenir compte du vent.

    Autre effet sympathique: votre bateau étant plus stable, le pilote consommera moins d’électricité qu’en mode GPS.

    Les inconvénients du mode vent du pilote automatique

    J’entends très bien les critiques qui depuis le début de cet article avertissent:

    Et si le vent tourne?

    Oui, si le vent tourne, en mode vent, le bateau suivra le vent.

    Mais avouez que le vent tourne rarement d’un seul coup, sans prévenir!

    Prenez la météo, que diable!

    En mode GPS c’est pareil: Et s’il y a un obstacle sur la route?

    Le pilote ne verra pas l’obstacle non plus.

    Cependant si vous devez suivre une route précise, par exemple entre des rochers, je vous suggère soit de prendre la barre, soit de passer en mode GPS ou compas, ce sera infiniment plus sûr!

    Comment utiliser le mode vent?

    D’abord réglez bien vos voiles pour le cap voulu. Ne surtoilez pas le bateau.

    Ensuite enclenchez le mode vent apparent.

    Puis ajustez la sensibilité du pilote (ou gain) au minimum nécessaire.

    Si vous mettez trop de gain ou que les voiles sont mal réglées, trop bordées notamment, le pilote travaillera énormément.

    En ce cas le voilier fera des lacets et la consommation électrique s’envolera.

    Remarquez que ceci est vrai pour le mode GPS ou compas également.

    Le mode vent dans Virtual Regatta

    réglage du mode vent dans virtual regatta

    Puisque j’écris cet article pendant le Vendée Globe, je peux ajouter un tips pour les navigateurs virtuels qui débutent.

    Le régulateur d’allure de Virtual Regatta n’en est pas vraiment un.

    Il permet simplement de conserver le même angle de route par rapport à celui du vent réel. Pas d’histoire de vent apparent ici.

    L’intérêt est d’éviter de multiplier les manœuvres si le vent tourne de quelques degrés et de perdre ainsi du temps. Il permet aussi de programmer très facilement une route sans se soucier de la position des waypoints.

    Bon alors, vous préférez quoi finalement? Mode vent ou mode compas/GPS?