• la cordelière coulée en mer d'Iroise
    idées de croisière

    En mer d’Iroise, vous naviguez au-dessus de mille épaves

    De la pointe du Raz à Ouessant, s’étend la mer d’Iroise, son parc naturel, sa faune abondante, sa flore et ses innombrables récifs.

    Les courants et les tempêtes, les avaries, les erreurs de navigation et les batailles navales y ont envoyé depuis des siècles des centaines de navires par le fond.

    Toutes ces épaves ne sont pas connues, et lorsqu’elles le sont leur position demeure parfois secrète, le temps pour les archéologues sous-marins d’en inventorier et d’en extraire les trésors. Quand nous naviguons en mer d’Iroise, nous n’avons pas conscience de ce qui gît à quelques dizaines de mètres sous la surface des flots. Alors que les cormorans juchés sur un rocher sèchent leurs ailes sous nos yeux ravis, des bancs de lançons slaloment sous leur regard affuté entre les vestiges d’une chaudière à charbon ou les futs de vieux canons. Mais le plus souvent nous ne nous doutons de rien…

    épave en mer d'Iroise

     

    Ce week-end de décembre, nous pourrons naviguer en mer d’Iroise toute la journée du samedi.

    Les courants ne nous dérangeront pas beaucoup: c’est marée de morte-eau. Dimanche par contre l’arrivée d’une belle dépression centrée sur les îles britanniques nous vaudra de sérieuses rafales, jusqu’à 40 noeuds dimanche et 50 noeuds lundi. Comment dans ces conditions allons-nous répondre à notre défi hebdomadaire?

    marée mer d'iroise
    marées à Brest

    windguru mer d'Iroise

     

    windy mer d'Iroise
    Ce qui nous attend dimanche 8/12/19 à midi

    Les occasions de sortir de la rade se font rares en cette saison, aussi je propose de ne pas rater la courte fenêtre météo de samedi. Tant pis si nous devons tirer des bords pour gagner la mer d’Iroise, nous nous rattraperons au retour!

    En partant suffisamment tôt, vers 9h, nous pourrons déjeuner à 13h au fond de l’anse de Pen Hir, juste derrière les Tas de Pois. La route compte 13 milles nautiques, dont la moitié à tirer des bords. Le  courant dans le goulet sera contraire jusqu’à 13h38, voilà qui complique notre tâche.

    Jusqu’ici j’ai toujours proposé de suivre le vent et le courant. Mais avec du vent d’ouest à sud-ouest et la marée montante cette condition nous amènerait à naviguer jusqu’à … Landerneau. Cela est possible pour les bateaux qui échouent, mais pas pour nous. En plus le retour dimanche au moteur dans la rivière contre 30 noeuds de suroît serait franchement désagréable.

    Est-il possible sortir du goulet de Brest contre le courant?

    Idéalement il faudrait que le vent soit portant, mais par petit coefficient de marée, même en louvoyant, ça passe!

    Le secret est de naviguer le plus près possible de la côte, côté sud ou côté nord. Le plus fort du courant, comme dans toutes les passes, se situe au milieu du chenal. En s’approchant du bord il est beaucoup moins puissant. Au ras des falaises, notamment sur la rive sud du Goulet, si vous regardez bien le mouvement des algues à la dérive, vous verrez même une zone de contre-courants.

    Comme je suis toujours abonnée à Juzzy, je vous montre une copie d’écran du courant samedi matin.

    courant en mer d'Iroise

    Plus les flèches tirent vers le rouge, plus le courant est fort. Le maximum est de 2 noeuds vers 10h au  sud du phare du Porzic. La carte montre que nous avons intérêt à passer le plus près possible de cette pointe, disons vers 11h15. Nous louvoierons ensuite au plus près de la côte nord jusqu’à ce qu’il soit possible de passer la balise des Fillettes pour rejoindre la pointe du Toulinguet tribord amure au près serré.

    Ce faisant nous passerons à proximité de la Barge du Dellec, coulée à proximité du Fort du même nom. réquisitionnée par les Allemands pendant la 2e guerre mondiale, elle avait été équipée de 4 tubes lance-torpilles pour empêcher les navires ennemis d’accéder à la rade.

    Nous arriverons dans le Toulinguet en fin de marée montante, toujours à contre-courant, mais celui-ci n’excèdera pas 0,5 noeuds. Le passage s’effectue entre la Louve et les rochers du Toulinguet, en se méfiant du Pohen qui affleure à peine à marée haute, notamment en vives-eaux.

    Le 31 décembre 1790, le Rhône, une Gabare de 37 mètres transportant des ancres, s’est brisée sur ce rocher. sur les 98 membres d’équipages, 88 ont pu être sauvés. Ils doivent leur vie au courage d’un de leurs officiers. Le lieutenant de vaisseau François-Hyacinthe de Bédée s’est jeté à l’eau pour installer un va et vient entre le navire qui coulait et le rocher du Lion. La chaloupe a ensuite gagné Brest pour organiser les secours. Les marins ont attendu une trentaine d’heure avant d’être secourus. L’épave se trouve au sud du Pohen, par 15 mètres de fond.

    Ensuite, si vous aimez les raccourcis, et que la mer est calme, vous pouvez vous glisser entre les deux derniers des Tas de Pois, en restant bien au milieu. Anticipez bien les turbulences et la dévente en approchant du rocher Ouest, lequel s’appelle Bern Id ou Tas de Blé en breton. Soyez près à démarrer le moteur si vous ne voulez pas rejoindre les restes d’un cargo Panaméen: l’Hydo qui s’est abîmé à la pointe de Pen-Hir en 1983.

    les Tas de Pois

    Nous mouillerons sur fond de sable dans l’angle nord-ouest de l’Anse de Pen-hir, qui devrait nous abriter de la houle d’ouest.

    La mer d’Iroise ne sera pas fréquentable le dimanche. Aussi je suggère d’appareiller de l’anse au plus tard à 15h pour trouver un abri pour la soirée dans la Rade de Brest. Le port du Tinduff peut-être un bon choix, ou la marina du Château.

    Qui sait si en revenant nous ne survolerons pas la Marie-Cordelière. Ce navire de 40 mètres, construit sur ordre d’Anne de Bretagne, a sombré en 1512 dans les parages de la pointe du Minou, lors d’une bataille contre les Anglais. Malgré les documents historiques et ses 200 canons, on la cherche encore

    Le lendemain nous pourrons nous exercer dans la rade de Brest aux manœuvres de gros temps, ou rester au port.

    Bonne navigation!

     

     

  • aber wrac'h
    idées de croisière

    Cap sur l’Aber Wrac’h, le chenal du Four à pleine balle!

    Si le vent est incontestablement plus soutenu en hiver, le défi que je me suis lancée de vous proposer une idée de croisière en condition réelle chaque week-end n’a pas encore été mis en défaut. La rade de Brest y est pour beaucoup. Ce plan d’eau très bien abrité de la houle du large m’a permis de vous proposer de vous exercer en toute sécurité tout en profitant de mouillages très variés.

    Ce soir, j’ouvre Windguru, puis l’annuaire des marées. La question de chaque fin de semaine à l’esprit: où irions nous naviguer ce week-end?

    Les circonstances ne sont pas idéales, car il tombe des cordes samedi matin et dimanche les rafales monteront à 25 noeuds. Pour autant c’est navigable, nous avons vu nettement pire! Or les vents et les marées nous sont très favorables pour une incursion vers le nord de la mer d’Iroise, et tout particulièrement pour nous rendre à l’Aber Wrac’h.

    windguru camaret

    windguru camaret
    windguru camaret

     

     

     

    marée brest

     

    Si vous avez suivi les précédents articles, vous devez commencer à connaître ma logique: trouver le combo navigation le plus portant possible et marées favorables pour définir notre destination.

    Samedi matin le vent de sud-est faiblit l’après-midi pour virer au nord-est assez soutenu le dimanche. Ce vent est généralement assez froid, il faudra aussi penser aux gants!

    Ce virage au nord-est est le fait d’un gros anticyclone qui se forme au large des îles britanniques Le dimanche il va repousser la petite dépression installée sur le golfe de Gascogne.

    samedi 12h source météo france
    frontologie
    dimanche 6h – source meteo france

    Ainsi la pluie intense du samedi matin et la chute du vent qui suit est liée à l’arrivée d’un front occlus,

    Je ne l’expliquerai jamais aussi bien que Claire de Nomazy, formatrice méteo à l’Ecole Nationale de Voile et de Sports Nautiques (ENVSN):

     

     

    Quoiqu’il en soit, nous n’oublierons pas nos bonnets, et notre pot de fleur-chauffage, et nous filerons au portant, ou au moteur, vers le nord de la mer d’Iroise samedi. Comme il risque de pleuvoir beaucoup le matin, nous partirons le plus tard plus possible, soit vers 10h30.

    La marée nous permet de sortir du Goulet de Brest dans la matinée et de nous engager dans le chenal du Four dès la renverse, vers13h30. La pluie devrait s’arrêter à ce moment là. d’après Windy. Le soleil se couche à 17h26, il nous restera 4h pour gagner le port avant la nuit.

    De Brest à l’Aber Wrac’h, la route est relativement longue: 42 milles.

    Depuis le Four nous aurons encore 25 milles à parcourir. Il faudra donc naviguer à 6 noeuds minimum, avec notre voilier de 31 pied, celui que j’avais nommé Utopia, est-ce réaliste?

    navigation vers l'Aber Wrac'h
    navigation vers l’Aber Wrac’h

    Pour maintenir une telle moyenne nous devrons nous appuyer sur le courant, le spi et éventuellement le moteur en fin de période.

    Il existe plusieurs méthodes pour connaître la force et la direction des courants de marée. La plus ancienne nécessite interpoler les données des cartes papier. Vous pouvez aussi vous procurer une bonne fois pour toute l’atlas des courants de marée du SHOM qui correspond à votre zone de navigation. Les plus récentes consistent à se servir des applis et des logiciels de navigation. Pour cette fois j’ai pris un abonnement gratuit (quelques jours d’essai sont offerts) pour tester une appli récente nommée Juzzy, disponible sur le Play store pour les appareils fonctionnant sous Android. Elle couvre toute la façade Manche et Atlantique des côtes françaises.

    Selon Juzzy, nous bénéficierons d’un courant moyen de 1.5 noeuds jusqu’à l’entrée de l’Aber Wrac’h en entrant dans le Chenal du Four à l’heure de la Basse Mer. Il nous faudra donc assurer une vitesse fond de 4.5 nœuds, ce qui semble tout à fait faisable.

    o courants vers l'aber wrac'h juzzy courants four

    Par ailleurs j’obtiens le même résultat, mais avec moins de précision sur l’appli de navigation Boating HD (anciennement Navionics.. Voilà qui est plutôt rassurant 🙂

    Les coefficients de marée étant raisonnables, il est aussi possible de raccourcir le trajet en s’arrêtant à l’Aber Ildut ou même à Molène.

    Cliquez sur le lien pour plus d’info sur les services du port de l’Aber Wrac’h, notamment si vous comptez leur demander d’accéder aux douches en hiver sachant que le week-end d’octobre à mars le bureau du port est fermé.

    entrée de l' Aber Wrac'h
    Entrée de l’Aber Wrac’h.  Photo Jean-Louis Potier – Flickr

    Au lendemain, le dimanche, il faudra sortir du chenal du Four au plus tard à la BM, soit à 14h13. Notez que si vous arrivez une heure plus tôt à la balise des Vieux Moines vous risquez d’avoir une mer localement très agitée car il y a là une zone de remous liée au courant. D’un autre côté si vous arrivez plus tard, vous ne passerez plus!

    . Ceci impose d’appareiller de l’Aber Wrac’h vers 10h au plus tard. Le vent sera assez fort, au travers dans le chenal. De ce fait, il sera aisé d’avancer pendant 2 milles nautiques sous grand-voile arisée jusqu’à la balise du Libenter. n’hésitez pas à porter suffisamment de toile pour bien négocier la houle de nord assez significative (2à 3m) à la sortie de la ria.  Ensuite il sera possible d’abattre franchement, ce qui devrait permettre de tenir une moyenne de 7 à 8 noeuds minimum avec de beaux surfs sur la houle jusqu’à la pointe saint Mathieu.

    L’entrée dans le Goulet sera un peu plus sportive avec vent contre courant. Il faudra peut-être tirer quelques bords.  Mais si vous faites marcher votre bateau en profitant des courants et du vent portant dans le Four les 41 milles ne prendront pas plus de 6 heures.

    Bilan du week-end: beaucoup de pluie le samedi matin, de belles lumières entre les nuages, la douceur d’un Aber et du portant pleine balle presque tout du long!

    Au fait, quel est votre record de vitesse au portant? Racontez!

     

     

  • mise à l'eau
    article invité,  tutos

    Hivernage: faut-il sortir son voilier de l’eau?

    Ça y est, les feuilles des arbres commencent à changer de couleur et les nuits sont de plus en plus longues et fraîches. L’hiver approche ! Il faut donc penser à préparer son bateau pour affronter le mauvais temps. Alors, faut-il hiverner son bateau à terre ou le laisser dans l’eau ? Je suis Florian du blog Nautisme-Pratique.com et Katell m’a fait l’honneur de m’inviter sur son blog pour essayer de vous aider à trancher entre les deux solutions.

     

    Hiverner son voilier à terre : les avantages et les inconvénients

    Entreposer son voilier au sec est une solution d’hivernage qui présente certes des avantages incontournable, mais aussi quelques inconvénients.

    Une meilleure protection des dommages naturels

    En règle générale, un voilier est moins susceptible de subir des dommages – à court ou à long terme – s’il est laissé pendant de longues périodes sur terre plutôt que dans l’eau.

    En effet, les bateaux hivernés dans l’eau sont beaucoup plus vulnérables aux dommages en raison des conditions plus difficiles qui sont presque inévitables en hiver : montée et baisse du niveau de l’eau de mer, vents violents, pluies torrentielles etc…

    Sans compter la corrosion due à l’air marin qui fait rouiller les parties métalliques du bateau, sur le pont mais aussi des pièces plus sensibles comme les passe coque.

    Une solution d’hivernage plus sécurisée

    Les bateaux entreposés au sec dans une zone surveillée sont moins susceptibles d’être volés. Cette solution offre donc un niveau de sécurité optimal.

    Un bateau entreposé sur un chantier naval ne peut pas couler! Et oui, je sais que c’est bizarre mais c’est vrai! Si votre bateau reste dans l’eau tout l’hiver, qu’il n’est pas équipé de pompes de cale et qu’il y a une entrée d’eau, il finira par couler!

     

    L’hivernage à terre permet de prolonger la durée de vie d’un voilier

    L’hivernage à terre permet de bien sécher la coque pendant plusieurs mois. Cela contribue également à protéger la structure de la coque des microorganismes marins et des cloques d’osmose qui sont susceptible d’apparaître éventuellement sur la carène dans le cas d’un contact prolongé avec l’eau de mer.

    Les risques de corrosion électrolytique sont nul, en effet ce type de corrosion intervient lorsque un bateau ou la borne de quai est mal isolée électriquement, plus de détails : Comment lutter contre la corrosion sur un bateau?

    À long terme, cette solution s’avère moins coûteuse, car elle permet de prolonger la durée de vie du voilier.

    Hiverner son voilier à terre : attention aux risques !

    Étant donné que l’eau de mer retient la chaleur plus longtemps que l’air, les bateaux entourés d’air sont plus vulnérables au gel soudain que les bateaux laissés dans l’eau.

    Dans les régions froides, les bateaux entreposés à terre doivent être hivernés correctement et de préférence dans une zone climatisée afin d’éviter les risques de gel résultant des variations rapides des températures.

    De plus, il faut veiller à prendre toutes les précautions nécessaires lors de la sortie du voilier de l’eau et lors de l’entreposage afin d’éviter les risques de dommages matériels pouvant résulter d’une mauvaise manœuvre, bien qu’en général, les grutiers soient des grands professionnels.

     

    Laisser son voilier dans l’eau durant l’hiver : une solution plus simple et plus économique

    Pour les propriétaires des voiliers qui recherchent avant tout la commodité, l’hivernage dans un port ou dans une marina représente une sérieuse option à considérer.

    Tout d’abord, il s’agit d’une solution plus économique, car les tarifs d’hivernage dans un port sont “généralement” plus bas que ceux appliqués pour l’hivernage à terre.

    De plus, le fait d’hiverner son voilier dans l’eau permet d’éviter les risques qui accompagnent la sortie et l’entreposage du voilier.

    Hiverner son bateau à flot : Disponible à tout moment

    En effet, bien que l’on parle d’hivernage, votre bateau est néanmoins prêt à sortir en mer. Vous n’avez pas prévu de naviguer cet hiver mais, on ne sait jamais! Si l’envie vous en prend, vous pourrez facilement rejoindre votre bateau et faire une belle sortie hivernale.

    Entreposé au chantier naval, votre bateau est plus ou moins bloqué jusqu’à la date de mise à l’eau prévue.

     

    A flot, sans surveillance, ça craint!

    Un inconvénient majeur de laisser le bateau à flot, vient du fait qu’il faille quand même faire des visites régulières pour vérifier que tout en ordre, qu’il n’y a pas eu de vol, qu’il n’y a pas d’eau dans les cales, que les pare-battages sont en place etc…

    Si vous n’habitez pas près du lieu où se trouve votre bateau, vous aurez toujours une petite pensée angoissée pour lui, en vous demandant si tout en ordre ou pas, surtout si vous n’avez personne sur place pour aller voir.

    De plus, un bateau laissé dans l’eau est plus susceptible d’être volé ou endommagé par les mauvaises conditions climatiques.

     

    Conclusion

    L’hivernage à terre est la meilleure solution pour protéger un bateau durant l’hiver si vous résidez loin de votre bateau et que vous savez que vous n’allez pas naviguer du tout.

    Un bateau posé au sec dans un hangar climatisé est mieux protégé des risques de vol et des dommages liés aux mauvaises conditions climatiques.

    Bien entendu, il s’agit d’une solution plus coûteuse à court terme. Cela dit, comme la coque est mieux protégée lorsque le voilier est au sec, cette solution permet de prolonger la durée de vie du bateau et s’avère plus économique sur le long terme. Cela n’empêche qu’il faut faire attention aux risques de dommages liés aux manœuvres relatives à la sortie de l’eau et à l’entreposage du bateau.

    mise à l'eau

    Notez bien que cette solution d’hivernage convient plus particulièrement aux petits bateaux. Les grands étant plus volumineux, il est souvent difficile et plus coûteux de trouver un emplacement approprié pour les hiverner au sec, selon votre zone de navigation ! Si vous optez pour un hivernage à flot, alors pensez à surveiller régulièrement votre voilier notamment lorsque la météo s’annonce difficile !

    Il faut savoir si vous préférez Naviguer aussi hors-saison ou hiverner votre bateau

    Quelque soit la méthode choisie, il y un certain nombre d’opérations à faire pour vous assurer de retrouver un bateau en parfait état de marche au printemps. Certaines opérations comme l’hivernage des moteurs par exemple peuvent sembler compliquées mais avec une méthode, tout le monde peut y arriver, je propose une formation qui s’appelle Hivernage Pro qui va vous aider à faire l’hivernage de votre bateau vous même, facilement et en 2 jours seulement.

    Et vous? Vous faîtes comment pour l’hivernage de votre bateau?

    Florian de Nautisme-Pratique.com

  • idées de croisière

    De Brest à Morgat: on s’attache!

    Le 8e week-end du défi 52 idées de croisière en Bretagne s’annonce à grand pas!

    Nous n’avons pas encore visité tous les mouillages de la mer d’Iroise, loin s’en faut. Cette fois-ci je vous emmène de Brest à Morgat.

    C’est une destination que j’avais écartée il y a un mois au profit de Douarnenez. La raison en était que le port a été mal conçu, de sorte que par fort vent de sud-ouest les pontons ont tendance à se disloquer. Tout comme le terre-plein qui devait accueillir les bateaux au sec, est rongé par l’océan qui emporte à chaque grande marée le sable sur lequel il a été bâti. Ce genre d’information ne figure pas dans les guides nautiques, je tenais donc à vous en avertir.

    Ce samedi, le vent soufflera du noroît et passera au sud-ouest dans la matinée de dimanche. La marée ne permet pas de sortir de la rade avant 14h. Les jours diminuent, aussi je rajoute un nouveau paramètre qui est l’heure de coucher du soleil: 17h30 environ à Brest samedi soir. Une houle de 2,50m est attendue.

    windguru camaret
    windguru morgat
    marées à brest

     

     

     

     

     

     

     

    “Si tu pars au près, tu reviens au près.”

    Voilà un vieux dicton que les marins brestois s’échangent au comptoir.  Assez réaliste quand on regarde la configuration de notre zone de navigation et les caractéristiques de la météo. Sur la péninsule bretonne, les dépressions se succèdent en automne et en hiver. Il arrive aussi que l’anticyclone de Sibérie nous envoie une dorsale de ciel bleu, du vent de nord-est et des températures glaciales, heureusement amorties par celle de l’océan. Grosso modo les dépressions arrivent de l’ouest et filent vers l’est ou le nord-est. Ce sont des masses d’air chaud (enfin, plus chaud que celui des anticyclones, tout est relatif), où le vent tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Autrement dit quand une dépression arrive sur la bretagne le vent passe au sud-ouest, puis quand elle s’en va il passe progressivement ouest puis nord-ouest. La dépression suivante amène à nouveau du sud-ouest et ainsi de suite.

    Passage d’une dépression sur la France

    Dans ce régime de vents perturbé, il est donc fréquent de ne pas trouver le même secteur de vent d’un jour sur l’autre. Si ce week-end nous décidions de remonter vers le nord, donc au près, vers l’Aber Wrac’h, ou vers vers Ouessant, au retour nous serions à nouveau au près puisque le vent tourne progressivement au sud. Voilà aussi pourquoi je vous propose ce petit exercice de navigation sur carte tous les week-end. Ma stratégie est de faire de ces vents changeants et des courants nos alliés, ce qui rend la navigation infiniment plus agréable, plus sûre, et nous permet d’aller plus vite, donc d’augmenter notre rayon d’action. Nous essaierons donc d’inverser le dicton.

    Donc si tu pars au portant, tu reviens au portant!

    Si nous voulons suivre le vent, nous partirons vers le sud du plan d’eau ce samedi. A ce compte-là j’aurais pu proposer de nous rendre à l’île de Sein me direz-vous. Malheureusement, vous répondrai-je, en sortant du goulet à l’étale de haute mer, soit vers 14h, nous risquons d’arriver à la nuit au mouillage. Ce n’est pas certain, mais la zone de mouillage est suffisamment restreinte à Sein pour que je ne préfère pas prendre ce risque. De plus les fonds sont tapissés de laminaires, si bien qu’il est nécessaire de bénéficier d’une luminosité suffisante pour voir la couleur du fond et déposer son ancre sur du sable. Enfin, nous n’aurions pas le temps de visiter l’île de jour, ce qui serait vraiment dommage!

    En sortant du goulet de Brest, nous aurons 3h30 de jour devant nous. Morgat, à seulement 20 milles de là nous tend ses petits bras de sable blanc. Il s’agit d’une charmante station balnéaire dotée d’une magnifique plage, et d’eaux turquoises. Par vent de nord, il est possible de mouiller pour quelques heures au pied des falaises criblées de grottes et entrecoupées de petites criques de galets entre le Cap de la Chèvre et le port. Même en cette saison il devrait être possible d’y trouver un bar et un restaurant ouverts le samedi soir.

    navigation De Brest à Morgat
    De Brest à Morgat

    Sur la carte, notre trajectoire dessine un C. Nous naviguerons au bon plein, grand largue et travers à l’aller, et, magie des dictons, au retour nous irons au près serré pendant 4 milles, puis largue et vent arrière. Nous sortirons du goulet aux alentours de 14h15, vers l’étale de haute mer.  Il suffira donc de quitter la marina du Moulin Blanc vers 12h45.

    Attention, le vent sera tout de même assez fort le samedi avec des rafales à 30 noeuds. Une fois passés les Tas de Pois la houle pourrait atteindre 3 m de hauteur moyenne. Autant dire que portant ou pas, il faudra penser à vous harnacher dès que vous serez dans le goulet. Mais êtes-vous équipés pour cela?

    Pour naviguer dans une mer formée, outre un minimum d’expérience, il faut que le bateau et l’équipage soient en effet bien préparés.

    Vous devez connaître les manœuvres de gros temps et porter la toile adaptée. Vous devez disposer de deux lignes de vie courant de l’arrière à l’avant du bateau à bâbord et à tribord. Privilégiez de la sangle plate que vous ferez coudre par votre voilier. Elle doit être solidement fixée sur des points d’ancrages capables de supporter votre poids si vous tombez à l’eau. Vous pouvez utiliser les taquets d’amarrage à cet effet.

    photo Jerôme Samson – Flickr

    Chaque membre de l’équipage doit porter par-dessus sa veste de quart un gilet à gonflement automatique avec harnais intégré. N’achetez pas les gilets qui n’en comportent pas l’économie n’en vaut pas la peine. Sur la boucle du harnais, une longe avec deux ou mieux, trois mousquetons. Veillez avant de partir à ce que les mousquetons ne soient pas grippés. Ensuite ne vous posez pas trop de questions: imposez-vous de vous attacher systématiquement, y compris dans le cockpit, dès que la mer se lève. Vous serez beaucoup plus sereins ainsi, surtout le skipper, même si cela ralentit vos mouvements sur le pont. Refuser de s’harnacher dans une mer un peu formée, c’est comme de ne pas mettre sa ceinture de sécurité en voiture! Ne pas l’exiger de ses équipiers est irresponsable!

    Bref, vous l’aurez compris, si vous voulez sortir de la rade et naviguer de Brest à Morgat ce week-end, c’est tout à fait possible, mais respectez les règles élémentaires de sécurité. Si vous êtes skipper, parfois il faudra insister un peu pour vous faire entendre. Vous est-il déjà arrivé qu’un équipier refuse de porter sa brassière ou son harnais? Qu’avez-vous fait? Racontez-le nous dans les commentaires sous l’article!

    Bonne navigation!

     

    En kayak le long des falaises de Morgat

     

  • idées de croisière

    De Brest à Ouessant en automne: du près, du spi, un bonnet et du gaz.

    Nous voici à notre 7e idée de week-end de croisière en Bretagne. Les semaines passées je me suis demandée si je ne devais pas changer de bassin de navigation tant les dépressions se succédaient. Grâce à l’abri de la rade, il m’a quand même été possible de vous faire quelques propositions mêlant manœuvres de gros temps et belles remontées de rivières.

    Cette fois-ci il va faire beau! N’exagérons rien, je veux dire par là que le vent sera modéré à faible et surtout qu’il ne pleuvra presque pas! Les températures seront clémentes, aux alentours de 10° à l’abri du vent en cette mi-novembre.

    Mais voilà, nous ne resterons pas à l’abri du vent, préparez donc votre bonnet et vos gants!

    Je vous propose de naviguer de Brest à Ouessant ce week-end car c’est l’itinéraire qui répond le mieux à notre cahier des charges: profiter au mieux des vents et des courants, sans nous mettre en danger bien sûr.

     

    meteo brestmeteo ouessant

     

     

    J’ai pris les données de vent à Brest et à Ouessant pour voir s’il y a avait des différences significatives entre les deux endroits.

    Nous voyons qu’à Ouessant il y a 5 nœuds de vent de plus que dans la rade. Le vent de nord est probablement ralenti par le relief continental, alors que l’île est logiquement plus exposée. Notons également que la hauteur des vagues n’est pas une donnée pertinente dans la rade pour Windguru, qui ne l’affiche pas à la différence de Windy dont l’algorithme ne sait pas tenir compte des configurations de côte à ce niveau de détail.

     

    Ci-dessus nous constatons que nous pouvons sortir de la rade jusqu’à 13h20, heure de la basse mer.

    Samedi et dimanche le vent reste dans le même secteur. Si nous ne voulons pas tirer de bords, le plus logique serait de chercher une destination à peu près travers à l’aller et travers au retour. Donc nous devrions naviguer vers l’ouest du plan d’eau. La configuration est idéale pour nous rendre à Ouessant, à 36 milles nautiques du port du Moulin Blanc.

    La route ne présente pas de difficultés particulières, à l’aller nous serons au travers jusqu’aux pierres noires, puis au près bon plein jusqu’au phare de la Jument. Nous mouillerons au fond de la baie de Lampaul, à moins qu’il ne reste une bouée de corps mort à flot, cas peu probable en cette saison. Au retour le spi sera de sortie jusqu’à la Basse Royale et les derniers milles se poursuivront au bon plein… ou au moteur car le vent sera relativement faible dans la rade dimanche.

    De Brest à Ouessant
    De Brest à Ouessant

    Quelques conseils pour que cette sortie soit la plus agréable possible.

    1. Comment s’habiller pour naviguer par temps froid?

    photo Andrea Schaffer – Flickr

    Certes la météo nous annonce 10° l’après-midi, ce n’est pas si froid. Mais le vent du nord peut-être glacial. En réalité tous les vents refroidissent les corps. Ainsi par 10° avec un vent de 15 noeuds, la température ressentie est d’environ 7°.

    Pour information je vous copie ici un extrait du tableau de calcul de l’indice de refroidissement éolien fourni par wikipedia.

    Il est tout à fait possible de naviguer par des températures basses, voire très basse, mais cela demande un minimum d’équipement. Le bonnet, ou les capuches superposées, sont indispensables car c’est par la tête que vous perdrez le plus de chaleur. Classiquement tous les magasins de sport vous conseilleront de superposer 3 couches. Personnellement j’en emporte 4, voire 5, quitte à ne pas tout porter.

    • 1 ou 2 sous-vêtements respirants à manche longue + caleçon long respirant ou collant chaud.
    • 1 polaire épaisse + 1 polaire fine (en option, si le vent est vraiment froid)
    • salopette + veste de quart
    • bonnet + gants fermés en néoprène
    • chaussettes épaisses + bottes

    2. Entraînez-vous à barrer au près, n’utilisez pas le pilote

    Le second conseil concerne le bord de près depuis les Pierres Noires jusqu’à la Jument.

    C’est une allure exigeante, qui peut vous gâcher une traversée quand vous ne savez pas régler correctement votre bateau. là aussi je peux vous proposer une check-list de réglage, en attendant un article plus approfondi sur la question:

    • Portez la toile du temps: votre bateau doit être un peu ardent (c’est à dire qu’il a tendance à lofer, à remonter vers le lit du vent), mais pas trop non plus. Si vous devez pomper sur la barre pour garder le cap, c’est que vous êtes trop toilés. Idem si la barre doit garder un angle de 45° pour que vous ayez la sensation d’aller droit. Idem si votre bateau gîte tellement que vous avez l’impression qu’il va se retourner.
    • portez la toile du temps: votre bateau doit être suffisamment toilé. Il est normal de giter au près… jusqu’à ce que vous ayez peur 🙂 Je sais c’est là que ça se corse. Tant qu’il n’est pas un peu ardent, c’est généralement que votre bateau n’est pas assez toilé. A moins que les voiles ne soient pas bordées.
    • Etarquez les drisses à fond (sauf dans le petit temps). Placez vos chariots de génois de sorte à aplatir la voile (en gros l’écoute bordée se trouve dans le prolongement de la bissectrice de l’angle du point d’écoute). Bordez à plat la grand-voile et le génois.
    • Barrez aux penons. Les penons sont de petits brins de laine ou des rubans de couleur disposés par deux sur les deux faces des voiles. Au près ils doivent tous être horizontaux.

    3. Un truc pour vous réchauffer au mouillage

    Soit vous avez un chauffage à bord, soit vous n’en avez pas. Dans le second cas vous pouvez prévoir de cuire un plat au four pour le dîner. Et si vous n’avez pas de four, ou en complément, vous pouvez placer un pot de fleur en terre cuite à l’envers au-dessus d’un feu (allumé) de la gazinière. Il absorbera l’humidité dégagée par la combustion du gaz tout en diffusant une chaleur douce dans le carré. Évidemment, il faut prévoir d’emporter du gaz.

    Sans être trop bricoleurs vous pouvez tester une autre version plus travaillée de ce chauffage, avec feuille d’alu et bougies chauffe-plat:

     

     

    Bonne navigation!

     

     

  • idées de croisière,  tutos

    Manœuvres de port et prises de ris

    En ce 6e week-end du défi 52 idées de croisières en Bretagne, je me rends compte qu’il va être difficile de me renouveler sans changer de plan d’eau tant la météo est désagréable. Naviguer dans 3 mètres de houle par 25-30 nœuds de vent, dans le froid et sous la pluie de novembre,se pratique rarement par choix. Pour autant nous allons poursuivre notre entraînement au gros temps par quelques manœuvres de port et de voilure.

     

    Ariser la grand voile facilement

    Nous pourrions par exemple peaufiner nos techniques de réduction de voilure en restant encore dans la rade de Brest.
    Une astuce pourrait d’ailleurs vous faciliter la tâche si vous trouvez que les bosses de ris de la grand-voile sont difficiles à étarquer. Tout simplement, avant de les reprendre, remontez un peu la bôme à l’aide de la balancine, l’angle de tire sera meilleur et vous n’aurez plus besoin de forcer.

    Un autre exercice intéressant, alors que les marinas se vident pour l’hivernage des bateaux, consiste à s’entraîner aux manœuvres de port.

    Manœuvres de port par vent fort

    Appareiller d’un quai avec un vent traversier

    Trouvez un quai ou un ponton libre et exercez-vous à accoster et à repartir par vent fort, d’abord face au vent puis avec un vent traversier qui vous décolle du quai, puis qui vous colle à quai.

    Vous verrez qu’il n’est pas aisé d’appareiller dans cette dernière situation. Pour faciliter la manœuvre installez une garde descendante depuis l’avant, passez là dans un anneau du quai plus ou moins au niveau du milieu du bateau et ramenez là en double sur votre taquet, toujours à l’avant.

    manœuvres de port par vent traversier

    Installez des défenses près de l’étrave, puis partez en marche avant lente la barre poussée vers l’extérieur du quai. Le bateau va pivoter autour de sa garde en s’appuyant sur les pare-battages. Quand il est à 45° du quai, demandez à l’équipier d’avant de libérer complètement la garde et partez en marche arrière, plein gaz.

    Quel parcours pourrions nous nous offrir  ?

    La Rade de Brest recèle encore des trésors que nous n’avons pas explorés.

    Pourquoi ne pas, une fois le petit entraînement précédent terminé, remonter l’Elorn sur le chemin des gabares, jusqu’au mouillage de la chapelle Saint-Jean ?

    Les coefficients sont moyens, la marée montante et le vent de Nord nous conduiront au travers sous génois ou foc seul jusqu’à cette petite alcôve de verdure. Bon d’accord, les arbres en cette saison commencent à se dénuder, mais les abords de la rivière à cette endroit sont relativement sauvages.

    Vous verrez sans doute quelques bouées de corps-mort, mais à ma connaissance elles sont toutes privées. Ne cédez pas à l’impulsion de vous y amarrer si elles sont libres : vous ne savez pas ce qui les retient au fond. De manière générale, et a fortiori par temps de brise, il est très imprudent de s’approprier le mouillage d’un autre plaisancier sans son accord d’une part, sans savoir s’il est assez solide pour ne pas dériver sous la traction de votre bateau.

    Il vous faudra donc utiliser votre propre ancre. Là aussi plusieurs précautions sont nécessaires. Utilisez un orin, car il n’est pas impossible que votre ancre se prenne dans une chaîne de corps-mort ou bien tout autre câble qui souvent jonchent le fond des ports et des mouillages permanents.

    Compte tenu du vent soutenu, il sera également prudent de mouiller suffisamment de chaîne : au moins 3 fois la hauteur d’eau. Donc placez-vous assez loin des autres éventuels bateaux pour garder de la place pour éviter.

    Gabares et coquillers de la Rade

    Notre-Dame de Rumengol

    L’Elorn peut se remonter jusqu’à Landerneau, mais elle assèche à marée basse, cette aventure est donc à réserver aux voiliers qui peuvent se poser facilement à quai ou avec des béquilles. De nos jours l’essentiel du trafic maritime en amont de Saint Jean est surtout le fait des kayaks de randonnée.
    Mais au 18e siècle Landerneau était un important port de commerce que remontaient les navires marchands à la voile ou bien halés par des chevaux. Puis dans les années qui suivirent la 2e guerre mondiale, les besoins en matériau de construction étant importants: des gabares, navires de charge à moteur et à voile prélevaient du sable au Minou sur la rive nord du Goulet de Brest pour le déposer à Brest, Landerneau et Chateaulin.

    L’après-midi je vous propose plutôt de naviguer vers le Tinduff, et pourquoi pas d’y passer la nuit à l’abri des vents de nord. Peut-être y trouverez-vous des bouées visiteurs. Plusieurs parcours de randonnée passent par ce joli petit port, le dimanche il vous viendra peut-être l’envie de vous dégourdir les jambes.

    La marée monte jusqu’à 15h45. Aussi si vous possédez un voilier capable de s’échouer, en alternative au Tinduff vous pourrez envisager de poursuivre jusqu’à l’Hôpital Camfrout, et de vous poser le long des berges de la rivière à deux pas du bourg, encore une jolie manœuvre de port. Qui sait si vous y croiserez Notre Dame de Rumengol, une gabare magnifiquement restaurée par l’association An Test, ou encore le coquillier La Bergère de Domrémy.

    manoeuvres de port: échouage à quai
    Bergère de Domremy – photo Jeanne Menjoulet

    Le lendemain, lorsque vous quitterez l’anse de Daoulas, vous pourrez envisager une pause déjeuner à Roscanvel, à l’ouest de l’île Longue, avant de regagner la marina du Moulin Blanc.

    Bonne navigation !

     

  • idées de croisière,  tutos

    Entraînement à la navigation par gros temps

    Nous en sommes à notre 5e week-end depuis le début de mon défi de 52 idées de croisières en Bretagne, en tenant compte des conditions réelles.

    Or les conditions réelles de la Toussaint sont pires que celles du week-end précédent: plus de vent, plus de pluie, plus de vagues. Meteo France annonce une hauteur des vagues maximale de 12,8m sur la zone côtière… La seule chose qui a baissé c’est l’amplitude de la marée.

    Le secteur du vent sera stable: ouest, ouest-sud-ouest, ouest-nord-ouest… que désormais je noterai W, WSW et WNW pour plus de facilité, allright?

    windguru

     

    Alors, on reste au port?

    Que nenni! Deux possibilités s’offrent à nous: soit nous promener en fond de rade, vers Térenez, comme je l’ai proposé le week-end dernier. Pas de remontée de l’Aulne cependant car l’heure de la marée nous ferait passer l’écluse à la nuit, et la rivière n’est pas éclairée.

    L’autre option serait de nous entraîner à la navigation par gros temps.

    La notion de gros temps peut varier d’un équipage à l’autre, et d’un bateau à l’autre: plus le voilier est petit, plus l’inconfort se fait sentir et plus les vagues paraissent hautes. Mais quelques soient vos références, je vous assure que cette fois-ci nous avons déjà de quoi vivre de belles sensations.

    Il ne s’agit pas cependant de provoquer le sort.  Je vous invite d’ailleurs à lire le témoignage fort instructif des sauveteurs de la SNSM rescapés d’un naufrage lors d’un sauvetage aux Sables d’Olonne pendant la tempête Miguel.

    Pouvons-nous sortir de la rade pour goûter des joies du gros temps? Sans doute serait-il possible de se rendre à Camaret dans ces conditions, mais je me sentirai irresponsable de vous proposer ce genre d’exercice. En effet à la moindre avarie, si près des côtes, vous pourriez très vite vous trouver dans une situation scabreuse.

    Pourquoi il serait très difficile de sortir du Goulet de Brest.

    Si nous attendions la marée descendante nous subirions les effets du vent contre le courant dans le Goulet.  Ce qui signifie qu’à la marée descendante, le courant va s’opposer au vent fort et aux vagues.   Windy nous annonce une houle de 2 mètres mais surtout une hauteur moyenne des vagues de 5 mètres en mer d’Iroise. Le résultat peut être assez catastrophique. Vous êtes déjà monté dans une machine à laver?

    Je me souviens d’une régate Inter-entreprises plus de 20 ans en arrière. La météo était à peu près identique. Le départ a quand même été donné. Or un des voiliers engagé, construit en contreplaqué, a vu exploser un de ses bordés en retombant dans une vague. Dans mon souvenir, il est parvenu à s’échouer sur la cale de Saint Anne du Porzic ce qui lui a évité de couler définitivement.

    gros temps en mer d'Iroise

    D’un autre côté si nous essayions de sortir avec le vent et le courant contre nous, cela risque d’être laborieux, voire impossible.

    La solution la moins pire serait donc de nous présenter devant la passe une demi-heure à une heure avant la pleine mer (PM-1), soit vers 13h30. Le temps de tirer des bords, nous sortirions du goulet à l’étale, évitant ainsi les forts remous. Mais nous ne le ferons pas.

    La veille des vérifications s’imposent.

    Le bateau doit être en bon état. Si votre moteur donne des signes de fatigue, que la chute de votre génois commence à se déchirer où que l’enrouleur est de plus en plus dur à actionner, ne sortez pas. Réparez plutôt.

    Faites également le tour du matériel de sécurité. Vérifiez ou bien montez des lignes de vie. Inspectez les brassières-harnais et les mousquetons des longes qui parfois se grippent.

    Enfin le matin du départ assurez vous d’avoir suffisamment de gas-oil pour ne pas désamorcer le moteur si vous devez vous en servir à la gîte, et fermez-bien tous les capots. Installez l’étai largable si vous en avez-un et endraillez votre plus petit foc. Avant de quitter le port chaque équipier devra porter son gilet et sa longe au-dessus de ses vêtements de mer.

    naviguer par gros temps

    Réglez vos voiles

    Un conseil: lorsque vous serez au près et que vous aurez besoin de puissance pour passer les vagues: réglez vos voiles aux petits oignons! Ne portez ni trop, ni pas assez de toile. Profitez de l’abri de la rade pour trouver la configuration idéale. Si je ne devais parler que d’un réglage, je citerai le point de tire du génois. Au près dans du vent fort positionnez le chariot sur le rail du génois de sorte que la voile soit la plus plate possible une fois bordée. Idéalement, la chute devrait être légèrement ouverte pour laisser le vent s’échapper sans trop faire giter le bateau et la bordure plutôt fermée. Trop de plaisanciers oublient ou méconnaissent ce point quand ils naviguent avec le génois partiellement enroulé.

    Pour vous aider, je cite ce passage de Bertrand Chéret dans son ouvrage Les voiles, comprendre, régler, optimiser: “Certains auteurs donnent un angle de tire de prolongement de l’écoute sur la voile de 10° au-dessus de la bissectrice, ou un rapport sur le guindant de 2/3. (…) Ces repères, qui peuvent être utiles, sont fonction des proportions de la voile (…) une fois qu’on a retenu un réglage moyen convenable, il peut être intéressant de placer sur la voile un trait dans le prolongement du point d’écoute.”

    Ensuite si, le cœur vous en dit toujours, c’est-à-dire si vous n’avez pas trop le mal de mer et que vous n’êtes pas trop stressé, vous pourrez essayer quelques techniques de navigation dans le gros temps: la cape et la fuite.

    entraînement à la navigation par gros temps

    Mettez-vous à la cape

    Je vous propose donc de remonter au près jusqu’à la pointe des Espagnols .

    L’idée est de vous positionner de sorte à disposer de suffisamment d’espace libre de tout danger pour vous mettre à la cape et vous laisser dériver au moins 15-20 minutes, le temps de réchauffer un café et de le boire.

    Pour exécuter cette manœuvre depuis une allure de près, il vous suffit de virer sans toucher aux écoutes. Ce dernier va rester gonflé à contre, vous pousserez alors la barre sous le vent, c’est à dire vers la grand-voile. Votre voilier s’immobilisera et commencera à dériver lentement à une allure entre le bon plein et le travers. En bonus, l’eau déplacée par la dérive aplatira la mer au vent du bateau ce qui devrait améliorer votre confort.

    navigation par gros temps: la cape

     

    Pratiquer cette manœuvre  vous donnera de l’assurance, reproduisez-là également dans des conditions de mer plus difficiles que celles de la rade de Brest. Désormais vous saurez que vous pouvez toujours vous arrêter en pleine mer pour réparer, reprendre des forces, quelque soit le temps.

    Partez en fuite

    Une fois réchauffés, vous allez repartir en fuite cette fois. Vous  Avant de relancer le bateau, toujours à la cape, vous aller affaler la grand-voile complètement. Ferlez-la soigneusement. Puis abattez en grand vers le port du Tinduff ou Térenez. En fuite, sous foc seul, vous ne craindrez pas l’empannage. Par contre l’état de la mer vous obligera à bien doser la quantité de toile. N’hésitez pas à dérouler un peu de génois si nécessaire. Pas trop pour ne pas perdre le contrôle dans une aulofée, suffisamment pour vous offrir quelques petits surfs ! Evitez quand même le plein vent arrière, même si c’est la route la plus courte. Essayez de tirer des bords de grand largue, vous verrez que vous roulerez moins, le bateau sera infiniment plus stable.

    Pour la soirée, vous pourrez revenir à Brest, rester au mouillage au Tinduff ou à Térenez sur un coffre destiné aux visiteurs.

    Et voilà une première initiation à la navigation par gros temps. Quand vous serez à l’aise avec la cape et la fuite, vous pourrez envisager de naviguer plus au large en sécurité!

    Amusez-vous bien!

     

     

     

     

  • idées de croisière

    Remonter l’Aulne en voilier

    Nous voici au 4e week-end de mon défi 52 idées… Et là ça se corse!! Pas évident de démarrer un tel challenge en automne.

    La météo est exécrable ce week-end pour naviguer. Samedi on attend des rafales à 35 noeuds, et beaucoup de pluie à partir de 17h. Alors que faire?

    Bien sûr on peut rester à la maison et s’entraîner à faire des nœuds de chaise dans son canapé en s’aidant de tutos sur Youtube. C’est aussi un bon moment pour bricoler le moteur ou refaire les vernis du carré.

    Mais si on a loué un voilier? Oui, je sais, c’est risqué de louer un voilier à Brest fin octobre. Admettons que vous n’aviez pas d’autres dates pour réunir vos amis. Que faire?

    Une possibilité serait de se contenter de sortir à la journée en rade pour vous entraîner à prendre des ris et à manœuvrer par vent fort. Puis de vous amarrer le soir au port du Château pour faire comme beaucoup de Brestois le samedi soir: “tirer une piste”. Je laisse les non-initiés deviner ce que ça signifie. N’oubliez pas votre veste de quart en descendant du bateau, parce que le soir on annonce 5mm de pluie par 3 heures.

    Une autre possibilité, et c’est ce dernier choix que je vous propose, serait de filer au fin fond de la rade de Brest, à Landevennec, et remonter l’Aulne jusqu’à Port Launay, ou Châteaulin.

    La veille du départ, voire même avant, il est nécessaire d’appeler l’écluse de Guilly Glaz pour prendre rendez-vous pour l’aller ET le retour…

    Je vous donne le numéro: 02.98.86.03.21

    L’écluse est située en amont de la rivière à 13 milles environ du mouillage de Landevennec. Elle est accessible 2 heures avant et après la pleine mer.  Port Launay se trouve juste après l’écluse. Au port vous pourrez vous amarrer à quai et accéder aux sanitaires si vous annoncez votre arrivée avant

    Vous pouvez trouver toutes les informations nécessaires à la navigation sur l’Aulne sur  sur le site antreizh.fr.

    Regardons à présent l’annuaire des marées:

    remonter l'aulne

    La PM est à 16h32, et nous sommes en vives eau. Le courant dans la rivière sera conséquent. Le document annonce 2.5nds, mais ne précise pas les variations en fonction des coefficients. Il y a fort à parier qu’il sera plus fort qu’annoncé. Nous pouvons décider de remonter l’Aulne de sorte à nous présenter à l’étale dans l’écluse, pour faciliter la manœuvre. Avec une vitesse surface de 5 noeuds au moteur, nous aurons une vitesse fond d’au moins 7.5 noeuds. Nous quitterons donc Landévennec 2 heures avant la PM, soit à 14h32 😉

    remonter l'Aulne
    remonter l’Aulne

    Pour rejoindre Landévennec depuis Brest, nous aurons à tirer des bords pendant 4 milles jusqu’à l’île Ronde, puis 10 milles au travers jusqu’à Landévennec. Comptons 4h de port à port. Des corps-morts et un ponton vous tendent les bras sur la rive opposée à l’Abbaye de Landévennec non loin du cimetière de bateaux.

    Vous vous sentirez bien à l’abri dans les méandres de la rivière et le paysage est bucolique.

    photo Stibou5

    A vous de partir plus tôt si vous voulez vous y arrêter pour déjeuner. Si vous privilégiez votre sommeil, en partant à 10h vous serez largement dans les temps à l’écluse.

    Au retour, le dimanche nous ne pourrons pas rentrer tôt. Nous nous présenterons à 15h30 dans l’écluse pour ne pas avoir à lutter trop longtemps contre le courant.

    remonter l'Aulne
    photo Saverio_Domanico

    Ce dernier nous donnera rapidement un coup de pouce au moins jusqu’à l’île ronde. Le vent sera un peu moins fort, de NW. A 17h30 nous serons à Landevennec. Les 10 milles au largue, avec le courant portant vers la sortie, pourraient être avalés à 8nds de moyenne si nous portons suffisamment de toile. Sur l’eau plate de la rade cela peut être assez grisant. A 19h nous serons à l’île ronde. Il restera 4 milles à négocier en louvoyant. Rien n’interdit de s’aider du moteur. Mais nous ne serons pas à Brest avant 20h30, il fera donc nuit à l’arrivée car la nuit de samedi à dimanche nous aurons changé d’heure.

    Voilà, je reconnais que ce n’est pas une configuration idéale, surtout si vous avez un train à prendre pour rentrer ensuite. Dans ce cas je conseille plutôt l’option port du Château le soir ou bien de vous contenter de passer la nuit à Landévennec et de faire escale dans l’anse de l’Auberlac’h le dimanche midi!

    Bonne navigation!

     

     

  • tutos

    Lexique minimaliste de la croisière

    Impossible de concevoir un blog sur la croisière à la voile sans lui adjoindre un lexique! J’ai donc décidé de me plier à l’exercice, pour que mes lecteurs puissent tous comprendre mes articles 😉

    J’ai aussi effectué un choix en sélectionnant les termes indispensables à connaître pour faciliter les échanges avec le skipper.

    Il se peut que j’aie légèrement dévié des définitions usuelles, vous jugerez de leur pertinence. En cas de doute je vous suggère de vous référer à cette page, extrêmement détaillée et complète.

    Note: je décline toute responsabilité en cas d’utilisation inadaptée de ce lexique de la croisière…

    Verbes marins

    abattre :  modifier le cap du voilier pour s’écarter de la direction d’où vient le vent, sinon on n’avance pas! Voir aussi: lofer.

    affaler : action de faire descendre une voile (volontairement) en libérant la drisse.

    ariser : réduire la surface de voile en prenant des ris. Mais d’où vient ce mot???

    border : tirer sur la grosse corde (l’écoute) qui bat bruyamment et dangereusement une fois qu’on a hissé le génois, ou sur le palan qui est accroché sous la grand voile, et qui revient dans le cockpit, là, sous votre nez.

    choquer : relâcher un cordage, sans se coincer les doigts dans le winch.

    empanner : virer lof pour lof. Manœuvre destinée à décapiter les équipiers qui ne connaissent pas leur lexique par cœur.

    enfourner : planter l’étrave dans la mer. Dangereux sur les multicoques.

    étarquer : Oui, mais pas trop non plus: ça déforme les voiles.

    hisser : action de monter une voile, ou le skipper, dans la mâture.

    lofer : l’inverse d’abattre. Et vice et versa.

    louvoyer: le contraire d’aller droit au but. Se produit généralement quand le vent vient pile poil de la direction où se trouve le mouillage convoité.

    virer de bord : permet de louvoyer. Voir aussi: louvoyer

     

    Gréement et coque

    lexique minimaliste de la croisière

    barre : pièce fixée au gouvernail du bateau pour le diriger. L’équivalent du volant sur les voitures, du guidon sur les vélos, mais qui fonctionne à l’envers.

    bôme : l’arme du crime. Voir aussi: empannage

    bout : on ne dit pas corde, ni ficelle, ça fait Parisien 🙂

    drisse : cordage de couleur variée qui pend le long du mât et sur lequel vous devrez exercer une traction de haut vers le bas quand le skipper vous le demandera. Voir aussi: hisser.

    écoute : Voir border.

    étai : souvent ce câble est caché par l’enrouleur, si bien que lorsqu’il s’abime on n’y voit que du feu et parfois on se prend le mât sur le nez..

    foc : animal marin. Il est conseillé de le hisser à la place du génois quand le vent monte.

    génois : voile d’avant quand il fait beau.

    grand-voile : moteur écologique et silencieux s’il est bien réglé.

    hauban : comme l’étai mais généralement visible à bâbord et à tribord

    poupe : ne vous retournez surtout pas

    proue : là où s’accrochent les sirènes

    quille : quand on la voit c’est mauvais signe

    ris : du danois, riv, rift, ris ; suéd. ref ; angl. reef ; comparez le danois reep, anglais, rope, corde (dictionnaire Littré) voir aussi ariser

    safran : épice orangée

    spi ( spinnaker) : joli ballon multicolore qui a tendance à s’emmêler dans l’étai par petit temps.

    tourmentin : vous ne comptez tout de même pas sortir?

    winch : élément dont la taille doit être suffisante si vous comptez naviguer avec une femme

     

    Marche du voilier

    allure : elles sont au nombre de 5. Citez les sans vous tromper pour voir.

    bâbord : le côté gauche en regardant en avant. Également le nom de la balise rouge que vous avez vue à tribord en quittant le port…en principe.

    cape : pour s’arrêter le temps de remonter l’homme à la mer par exemple.

    dérive : soit vous n’avez pas de quille, soit vous barrez trop près du vent.

    gîte : ça penche, ne vous inquiétez pas, c’est normal.

    roulis : mouvement d’un bord sur l’autre qui donne le mal de mer.

    tangage : le contraire du roulis mais parfois ça donne aussi le mal de mer. Voir aussi: roulis

    tribord : le côté droit en regardant en avant. Également le nom de la balise verte que vous avez vue du côté du même nom en entrant au port.

     

    Cette liste peut être améliorée, mais déjà si vous avez compris chacune des définitions, c’est que vous êtes prêt à passer au niveau supérieur!

    Enfin pour compléter notre lexique de la croisière j’attends avec curiosité vos suggestions en commentaires.

     

  • idées de croisière

    Escale à l’Aber Ildut

    La semaine dernière nous avons envisagé un week-end à Douarnenez. La météo ne donne pas une envie folle de naviguer cependant cet automne tant se succèdent et s’additionnent pluie et coups de vent. Pourtant en se poussant un peu, il y a quasiment toujours moyen de s’amuser, à condition d’être bien équipé pour se protéger des intempéries.

    Si vous ne sortez pas, je vous invite à lire “10 raisons pour lesquelles votre femme n’aime pas le bateau”, qui a parlé à bon nombre de plaisanciers. La 11e raison pourrait être: parce que vous vous acharnez à sortir TOUS les week-ends, par TOUS les temps.  Après vous pourrez toujours dire que c’est de ma faute, vu que proposer une sortie chaque week-end était mon idée.

    En réalité la plupart d’entre vous sortent leur bateau entre septembre et octobre et ne le remettent pas à l’eau avant mars-avril, vrai ou pas vrai?

    Pourtant ces sorties par la diversité des conditions météo ont l’avantage de vous faire progresser. Pensez-y si vous voulez être plus à l’aise sur l’eau. Ne sortez pas uniquement quand il fait chaud ou par petit temps!

    Revenons à mon défi. Le week-end à venir sera encore un peu humide mais pas tant que ça. Et puis il ne fait pas encore froid, sauf la nuit.

    Voici les prévisions météorologiques:

    Ainsi que les horaires de marées:

    Nous voici donc à nouveau en-dessous des marées moyennes (coefficient 70)

    Savez-vous que la marée est due à l’action non seulement de la Lune mais aussi du Soleil?

    Les marées de vive-eau ont lieu quand la Lune, le Soleil et la Terre sont alignés sur un même axe (pleine lune ou nouvelle lune). Dans ce cas, leurs forces s’unissent et le marnage est plus important.

    En morte-eau la lune forme un angle droit avec le Soleil (premier et dernier quartier), leurs forces s’exercent dans des directions différentes, l’une “tire” vers le nord par exemple, et l’autre vers l’ouest. Du coup la force résultant de l’attraction de la Lune est diminuée par l’action du soleil qui ne tire pas du même côté.

    Vous me suivez? Peut-être pas. Les esprits scientifiques et/ou curieux trouveront un joli triangle des forces sur le site du SHOM et pour les férus d’astronomie des exercices pour calculer l’influence du soleil sur les marées sur le site  de l’Observatoire de Paris.

    Et pour terminer cette parenthèse océanographique, une précision orthographique: Lune, Terre et Soleil prennent une majuscule quand ils désignent le satellite, la planète et l’étoile. Je sais c’est Sioux et ça ne vous sert à rien en navigation de l’apprendre. Mais comme un copain m’a dit qu’il y avait des fotes d’aurtografe dans mon blog, je tiens à démontrer ma rigueur!

    Au moins, vous saurez quoi raconter à vos enfants le soir au mouillage sans télévision.

    Justement, où allons nous jeter l’ancre samedi soir?

    Le vent soufflera de l’ouest samedi avant de virer au nord-ouest en fin de journée. La marée descend jusqu’à 15h samedi.

    Si vous avez lu les précédents articles du défi vous connaissez ma stratégie: je cherche à naviguer aux allures les plus rapides et à profiter des courants. Je guette aussi les meilleures conditions pour visiter les mouillages les plus techniques.

    En l’occurrence si nous voulons éviter de tirer des bords dimanche, j’élimine le sud de la mer d’Iroise. En plus les petits coefficients de marées plaident pour des ports peu profonds, ou bien des routes qui traversent des zones à  courant. Ce qui nous donne… le suspens est à son comble!!!

    (Oui, d’accord, je sais bien que la réponse était déjà dans le titre. Mais c’était pour voir si vous suiviez☺ )

    Nous ferons escale à l’Aber Ildut.

    escale à l’Aber Ildut – photo jmt-29

    Ce très joli port est doté depuis peu de pontons avec douche et électricité. Son petit chenal d’accès situé dans le chenal du Four est difficile par forte houle d’ouest ou faible visibilité. Ce ne devrait pas être le cas samedi en fin d’après-midi.

    Une fois à terre vous pouvez randonner sur le GR34 qui longe le littoral et les rives de l’Aber. Avec un peu de chance vous y apercevrez peut-être une loutre.

    escale à l’Aber Ildut -photo Kristian Pérès

     

    A l’aller nous ferons attention à nous présenter à l’étale de basse mer à l’entrée du chenal du Four, soit vers 15h15. En partant vers 9h30 de Brest nous pourrons déjeuner devant Plougonvelin ou la plage du Trez Hir qui nous fournira un excellent abri. Avec un bon barreur et si le vent annoncé WSW ne tourne pas plus tôt que prévu, ce devrait être possible au près sur un seul bord. Ensuite, il reste 11 milles jusqu’à Lanildut, au travers et avec le courant, on peut raisonnablement espérer prendre le thé au ponton. Il restera même du temps pour se promener à terre avant la nuit. Elle est pas belle la vie de marin?

     

    De Brest à l’Aber Ildut

    Pour finir je lance une bouteille à la mer: si vous avez de jolies photographies des mouillages en mer d’Iroise et Bretagne Sud, que vous voulez bien me les envoyer pour que je puisse les poster dans mes articles de blog, cela m’aiderait beaucoup.

    Bonne navigation!