• tempête Alex
    tutos

    5 conseils pour bien prendre la météo marine

    Mille fois on nous l’a dit: ne sortez jamais en mer sans prendre la météo marine! Sans quoi les foudres de Neptune pourraient bien s’abattre sur vous!

    Et c’est tellement vrai.

    Et c’est aussi tellement faux.

    Comment expliquer autrement que tant de plaisanciers se fassent encore surprendre chaque année?

    Du gars qui décide au dernier moment de partir à la pêche en tee-shirt et qui se fait surprendre par l’état de la mer à un demi-mille de là (Pourtant on annonçait du beau temps)…

    … à celui qui s’est amarré à une tonne avec 15 autres voiliers dans un joli mouillage et qui s’est trouvé fort dépourvu quand à minuit et des brouettes la brise (et la houle) fut venue.

    Prendre la météo marine et savoir s’en servir pour naviguer c’est autre chose que de regarder la télé pour savoir s’il fera beau à la plage.

    Voilà pourquoi prendre la météo ne suffira pas à garantir votre sécurité ni celle des sauveteurs en mer.

    Alors me direz-vous, il faut bien débuter un jour! Doit-on s’interdire de sortir au prétexte qu’on ne s’est pas encore formé à la météo marine?

    Vous avez raison, la meilleure façon d’apprendre à naviguer est… de naviguer.

    Et de se former un peu.

    Dès que vous vous posez une question, hop cherchez, lisez, regardez des vidéos.

    Si vous suivez des formations, des stages ce sera encore plus rapide. Et si vous faites les deux en alternance, alors là: dans deux ans on vous retrouvera au mouillage aux îles Marquises 🙂

    Pour vous éviter quelques mauvaises expériences je veux quand même vous expliquer ici comment prendre la météo marine et articuler ses données brutes avec d’autres facteurs qui vous sont spécifiques.

    Si le voisin se permet de sortir avec 25 noeuds de vent, il n’est pas dit que vous, le même jour, avec un autre bateau et un autre équipage, vous puissiez naviguer en sécurité!

    Voici donc 5 conseils pour vous aider à prendre et la météo efficacement.

    Neptune gardien de la météo marine

     

    1. Se procurer les bonnes données météo

    En général le marin pressé se préoccupe de savoir s’il y aura du soleil et de connaître la force du vent.

    Cela peut suffire si vous ne sortez que pour une heure ou deux, mais attention quand même à l‘état de la mer, surtout s’il a fait mauvais la nuit précédente.

    Au delà il vaut mieux être un peu plus précis.

    Pour bien vous préparer vous aurez donc besoin de connaître:

    • la force du vent
    • la direction du vent
    • l’état de la mer
    • la visibilité
    • les précipitations
    • la couverture nuageuse
    • la température de l’air sur l’eau (il fait plus froid qu’à terre!)

    L’idée est de ne pas vous faire surprendre par un changement brutal de ces différents paramètres. Le brouillard, les orages, le froid peuvent sérieusement compliquer vos navigations.

    Enfin si vous naviguez une semaine ou plus, l’analyse d’une carte de surface, avec la position des fronts, dépressions et anticyclones, vous aidera à mieux comprendre les scénarios possibles, et à prévoir des trajets alternatifs.

    Où trouver les bonnes infos météo?

    Puisque vous y lisez cet article, commençons par les ressources du Web pour la météo marine:

    Pour moi le top du top des sites météorologiques, le plus complet, c’est Windy!

    Car Windy est aussi une application ultracomplète dans sa version gratuite, avec des prévisions détaillées toutes les 3 heures couvrant le monde entier.

    Mais si vous n’êtes pas fan vous pouvez aussi trouvez la plupart de ces données sur

    • Meteoconsult
    • Meteo France
    • Windguru
    • Windfinder

    Nous avons l’embarras du choix, et je ne parle ici que des sites français!

    Maintenant si vous voulez vraiment faire les choses avec méthode, surtout si vous préparez une croisière de plusieurs jours, il vous faudra commencer par trouver une carte de surface qui vous montrera la position des dépressions sur une vaste zone à l’ouest de votre position. Pour les Européens: une carte de surface de l’Atlantique nord.

    Grâce à cette carte, si vous savez la lire, vous comprendrez et anticiperez mieux les conditions qui vous attendront sur l’eau. Si ces cartes vous semblent remplies de signes cabalistiques vous pourrez vous contenter des prévisions à 5 jours, au delà sachez qu’elles sont beaucoup plus aléatoires.

    météo marine

    L’intérêt de ces précautions est plus qu’évident:

    1.Assurer votre sécurité en choisissant à temps les bons abris,

    2.Optimiser vos conditions de navigation,

    3.Faire plaisir à tout l’équipage.

    Au delà d’Internet il y a une vie que l’on ne soupçonne même plus… La météo marine s’affiche généralement à l’extérieur des capitaineries, et si vous ne voulez pas descendre de votre bateau, le bulletin météorologique côtier de Méteo France vous sera donné par VHF avec une annonce sur le canal 16.

    Pour connaître les heures et canaux de diffusion propres à votre région vous pouvez télécharger ici le guide marine de Météo France.

    Choisir le bon modèle météo

    Pour les prévisions à court terme les modèles Arome et Icon sont très performants sur l’Hexagone. Renseignez vous si vous naviguez dans d’autres zones. Leur précision est liée à leur “maille”, c’est à dire à la surface que couvre chaque prévision. Entre un modèle type GFS qui couvre des mailles de 22km de côté au modèle Icon qui calcule les données tous les 2km, les résultats peuvent sensiblement différer.

    modèles météo marine

    D’ailleurs faites l’expérience sur Windy: un modèle large va annoncer 15 noeuds établis avec des rafales à 28 noeuds par exemple. Là vous vous dites que c’est le grand écart! Quelle toile porter avec de telles variations de vent?

    En réalité si vous passez sur un modèle plus fin, vous verrez les deux vitesses de vent se rapprocher. Par exemple 17 noeuds avec des rafales à 20 noeuds. Voilà qui est déjà plus navigable!

    Passons au conseil suivant.

    2. Connaître son bateau

    Si à chaque sortie vous relevez avec précision le vent, l’allure et les voiles que vous portez, vous finirez par visualiser les conditions physiques de votre sortie en avance.

    Tous les bateaux n’ont évidemment pas le même comportement face au vent et aux vagues. Certains mouillent très rapidement leurs équipages, d’autres dérivent comme des planches à savon au près.

    Quand ils accusent leur âge, l’usure du matériel vous interdit également de les soumettre à des conditions trop dures.

    Les équipements peuvent être plus ou moins fiables: le pilote un peu faible, les batteries en fin de vie, un GPS qui décroche, un démarreur capricieux…

    Même si nous préparons au mieux nos bateaux, nous n’avons pas forcément les moyens de tout changer d’un coup.

    Dans ces circonstances une bonne maîtrise de la météo marine nous permettra de naviguer quand même, sans prendre de risques inconsidérés.

    Enfin, à moins d’être un aventurier expérimenté, plus on respectera le programme de navigation du bateau et moins on aura de chance de finir au fond de l’eau.

    Peu de gens peuvent en effet boucler un tour du monde en catamaran de sport, et même pour un guerrier tel qu’Yvan Bourgnon ce genre de tentative peut mal se terminer.

    prendre la météo marine
    Photo Flickr Jean Jacques abalain

    3. Tenir compte de ses limites personnelles

    Des limites physiques

    A chaque printemps quand je reprends la voile mon dos et mes muscles protestent vigoureusement. Et plus les années passent et plus je dois me résoudre à inclure un peu de préparation physique dans mon emploi du temps hivernal.

    Attention donc à ne pas vous bloquer bêtement en début de saison par un excès d’enthousiasme que vos lombaires ne partageraient pas!

    Par ailleurs certains jours nous sommes plus fatigués que d’autres et moins aptes à essuyer des conditions difficiles. Alors faut-il sortir vraiment ces jours là? Réfléchissez y à deux fois, surtout si vous êtes le skipper du voilier.

    Il se peut que vous n’osiez pas reporter une navigation pour diverses raisons, mais restez raisonnables. La mer aura toujours le dernier mot. En tout cas n’hésitez pas à réduire la toile un peu plus que d’habitude, ou à abattre un peu pour plus de confort au près.

    Des limites techniques

    Avez-vous déjà navigué dans une mer formée? Empanné par 25 noeuds de vent? Passé le raz de Sein dans la brise? Louvoyé entre les grains d’un ciel de traîne?

    Non?

    Alors… faites-le!

    Mais pas tout seul.

    Prendre la météo marine c’est aussi anticiper ces situations, et s’y préparer au mieux.

     

    spi en cocotier

    Essayez de dénicher un équipier qui connaît la musique. Ou embarquez avec un skipper plus avancé dans sa pratique de la voile. Pourquoi réinventer la poudre tout seul quand tant de voiliers manquent d’équipage?

    4. Respecter les attentes de ses équipiers

    Parfois nous pensons avoir tout prévu, tout préparé au mieux, et malgré cela nos équipiers ne semblent pas si enthousiastes que nous l’espérions.

    Si nous ne pouvons pas inoculer le virus de la navigation à nos proches, nous pouvons quand même les écouter. Mieux encore: leur demander ce qu’ils attendent quand ils montent à bord. Sont-ils prêts à supporter un peu d’inconfort? Jusqu’à quel point?

    Ensuite le plus délicat, mais aussi le plus intéressant est de choisir, en fonction de la météo marine, une destination, une route qui les préservera du froid ou du mal de mer. Avec un joli petit port à l’arrivée et un bon dîner au restaurant ou sur la plage selon les préférences et… les porte-monnaies.

    Parfois il faudra renoncer à sortir ce jour là pour ne pas démotiver vos équipiers. Peut-être aussi en trouverez d’autres, plus motivés que vous solliciterez pour des conditions un peu plus sportives.

     

    5. Connaître sa zone de navigation

    “A Brest pour naviguer il fait beau toute l’année!”

    Ce slogan inventé par un loueur de voiliers dans les années 1990 est vrai à disons… 90% euh… 80%, non, bon alors disons 75%?

    Le fond de l’affaire est que la rade de Brest est hyper bien abritée. D’ailleurs l’hiver dernier je proposais de s’y initier à la cape et autres prises de ris par 35 noeuds de vent.

    au mouillage dans la rade de brest
    Photo Flickr Richard Tanguy

    Par contre dès que vous voulez en sortir, mieux vaut connaître les effets de rencontre entre vent et marées.

    Les falaises du Goulet de Brest par fort vent de Nordé sont aussi assez traîtresses pour la navigation. Des fois elles stoppent net le vent sur 100 mètres. Mais pour mieux l’accélérer et coucher votre bateau un peu plus loin. Ces effets peuvent s’anticiper d’autant mieux qu’on les a observés avant, par exemple sur d’autres voiliers que vous voyez galérer avant vous.

    Alors quand vous partez à la découverte de votre plan d’eau, si votre moitié ou votre équipier préféré n’a pas une âme d’explorateur/trice, à nouveau il vaut mieux éviter de l’exposer à ces sensations fortes. Un débutant dans des circonstances pareilles ne comprendra en effet rien à ce qui se passera. Il/elle aura peur si vous ne le prévenez pas avant. Et parfois même si vous l’avez annoncé.

    Il en va ainsi pour les mouillages théoriquement abrités, mais finalement très ventés, les zones de calmasses, les zones de remous etc.

    Tout l’enjeu sera donc de combiner ces spécialités locales avec la météo du jour et de deviner quelle sera la réalité vécue sur l’eau.

    Bien prendre la météo marine relève donc d’une combinatoire plus complexe qu’il n’y paraît

    L’anticipation est la clé de votre sécurité et de la réussite de nos croisières. Si nous ne pouvons pas tout préparer au mieux, faute de temps et d’argent, avec les progrès de la météo marine nous pouvons vraiment choisir nos conditions de navigations au lieu de les subir.

    C’est toute la philosophie de ce blog et de ses plans de navigation.

    Et vous, dites-moi franchement en commentaire, quelles sont vos conditions météo préférées?

    Petit temps et pêche à la traîne? Bonne brise et sensations fortes? Un peu des deux?

     

     

  • anticiper un grain au portant
    article invité,  tutos

    Savoir reconnaître les différents cumulus pour comprendre, anticiper et gérer au mieux les grains en mer

    Cet article a été rédigé par un blog ami que je vous invite à découvrir. Anticiper les grains en mer est indispensable à la survie de vos voiles. Foncer sous un gros cumulonimbus sans précautions peut en effet s’avérer désastreux. Dans la lignée des tutos météo que vous avez découverts sur la chaîne youtube, notamment sur l’utilisation de Windy, les conseils de Bertrand vous seront précieux. Ils vous permettront même de tirer parti de ces gros nuages pour laisser sur place les autres voiliers. On s’amuse comme on peut 😉

    Bonjour à tous,

    Je suis Bertrand du blog Réussir sa croisière à la voile et après la belle navigation que vous venez de faire avec Katell jusqu’aux Açores, il m’a semblé intéressant de vous offrir en complément un article dédié aux grains en mer, pour vous permettre, au besoin, de mieux comprendre ces phénomènes météo parfois violents, d’apprendre à les anticiper et de les gérer au mieux pour naviguer en toute sécurité.

    Les variations soudaines du vent, tant en direction qu’en vitesse, souvent générées par les grains, font partie des aléas météo que nous autres marins préférons en effet éviter pour ne pas mettre en difficulté bateau et équipage.

    Les grains se produisent bien sûr au passage des fronts mais ils peuvent aussi être engendré par des cumulus isolés.

    Car les grains se forment à partir de nuages cumuliformes qui se développement à partir de l’étage inférieur de l’atmosphère (< 1500 m) et peuvent apporter, en plus de la pluie, des variations de vent brutales et importantes.

    Être vigilant et observer la mer et les autres bateaux fournit déjà des indications précieuses pour déterminer le moment où le vent va forcir ou changer de direction. Et anticiper une manœuvre permet de bien s’y préparer et de l’exécuter au bon moment sans précipitation, plutôt que de se faire surprendre !

    Mais il est également essentiel d’apprendre à identifier les nuages, dont le stade de développement est directement corrélé au risque de grains …

     

    Dans la famille cumulus, je veux …

    Si le cumulonimbus est le patriarche bien connu de la famille cumulus, redouté pour ces accès de colère parfois effrayants, à l’origine de grains violents et d’orages, les autres stades nuageux sont également d’excellents indicateurs pour anticiper tout risque de courroux céleste et il est donc essentiel d’apprendre à les reconnaître en mer pour adapter, au besoin, sa route, son allure et son jeu de voiles !

    cumulus grains en mer

    Lorsque la couverture nuageuse correspond à des cumulus humilis et / ou médiocris , il fait beau, la visibilité est bonne, il n’y a pas de menace de pluie. Il est donc possible de profiter sans risque du vent créé par les nuages pour mieux faire avancer son voilier.

    Mais au-delà du stade médiocris, lorsque les conditions atmosphériques sont propices aux développement vertical des cumulus, la pluie arrive souvent accompagnée de violentes rafales de vent … et là, la méfiance s’impose.

    Les cumulus peuvent se classer en deux grandes catégories car, selon leur état de maturité, ils peuvent être :

    • En développement, et non pluvieux
    • En phase de dissipation, et pluvieux

    Les cumulus non pluvieux, en phase de développement

    Dans une masse d’air instable, toute parcelle d’air humide se réchauffe par sa base et s’élève petit à petit. En gagnant ainsi en altitude, elle se refroidit et se condense : un nuage se forme mais les échanges verticaux restent modérés entre la base et le sommet.

    A ce stade de développement, l’air sous le nuage monte (vue 1), ce qui crée un appel d’air tout autour du nuage. Le nuage donne alors l’impression d’aspirer le vent autour de lui (vue 2).
    Cette aspiration peut venir modifier le vent préalablement existant (vent synoptique) en s’y ajoutant (vue 3).

    grain en mer en préparation

    Les nuages correspondant à ce stade de développement sont les cumulus humilis et les cumulus médiocris

    Cumulus humilis

    cumulus humilis

    Il s’agit du cumulus de beau temps typique mais il est le premier indicateur d’ascendances thermiques, pouvant conduire à la formation d’autres cumulus plus menaçants.
    La visibilité est bonne sous ce type de nuage et la turbulence y est modérée.
    Il s’agit du tout premier stade de développement.

    Cumulus médiocris

    cumulus médiocris

    Ces nuages sont plus hauts dans leur développement vertical que les cumulus humilis. Leur sommet présente des protubérances peu développées.
    Ils présentent une base horizontale souvent légèrement plus sombre que celle des cumulus humilis.
    La visibilité est généralement bonne sous ce type de nuage mais la turbulence commence à y être assez forte.
    Le stade de développement « médiocris » précède les stades « congestus » et « cumulonimbus ».

    Dans le cas d’un cumulus en développement (c’est-à-dire non pluvieux), le vent sera toujours plus fort à l’arrière du cumulus et moins fort à l’avant. Par ailleurs, une bascule du vent à droite se produira à la droite du nuage et une bascule du vent à gauche s’observera à la gauche du nuage.

    Ces phénomènes ne sont généralement pas très forts et il est donc intéressant de chercher à profiter du vent supplémentaire créé par le nuage, ou de sa rotation, pour améliorer l’allure et donc la marche de son voilier.

    Pour cela, mieux vaut se positionner en bordure du nuage ou dans sa partie postérieure en évitant soigneusement son centre où le vent fait défaut. Mais prendre en compte le sens et la vitesse de déplacement du nuage pour se placer correctement est souvent plus facile à dire qu’à faire !

    Utiliser le vent d’un cumulus au près

    grain au près
    Lorsque le nuage arrive, on navigue bâbord amure afin de se diriger vers la droite du nuage.
    Dès que le vent refuse franchement, on vire tribord amure pour profiter de l’adonnante sur ce bord.
    Lorsque le nuage s’éloigne et alors que le vent revient à sa direction initiale, on vire à nouveau pour se remettre bâbord amure.

     

     

     

    Utiliser le vent d’un cumulus au portant

    anticiper un grain au portant
    Lorsque le nuage arrive, on navigue tribord amure afin de se diriger vers la gauche du nuage
    Dès que le vent adonne, on empanne pour venir bâbord amure et profiter du vent du cumulus sur ce bord.
    Lorsque le nuage s’éloigne, et alors que le vent revient à sa direction initiale, on empanne à nouveau pour se remettre tribord amure.

     

     

     

    Les cumulus pluvieux, en phase de dissipation

    Lorsque le refroidissement en altitude amène un mouvement d’air descendant violent (vue 1), accompagné de pluie, le nuage atteint son stade de maturité.

    Le nuage donne alors l’impression de recracher de l’air par son centre (vue 2), tout autour de lui, et ce dernier vient s’ajouter au vent synoptique.

    Dans le cas d’un cumulus en phase de dissipation (c’est-à-dire pluvieux), le vent sera plus fort à l’avant et moins fort à l’arrière (vue 3).

    Sur les côtés, une bascule du vent à gauche se produit à la droite du nuage et une bascule du vent à droite apparaît à la gauche du nuage.

    En navigation, on cherchera donc plutôt les bordures du nuage et sa partie antérieure, en évitant toujours son centre.


    Attention à ne pas se faire surprendre par la brusque inversion de la direction du vent et de retrouver d’une situation de vent de face à une situation de vent arrière (ou inversement), compte tenu de la violence potentielle des vents générés.

    Les cumulus correspondant à ce stade de maturité / dissipation sont les cumulus congestus et les cumulonimbus, sous lesquels les risques d’orage et les fortes rafales sont importants.
    En leur présence, mieux vaut de jamais perdre de vue les grains afin de pouvoir anticiper toute évolution violente du vent, en force comme en direction.

    cumulus annonciateur d'un grain en mer

     

    Cumulus congestus


    Les cumulus congestus sont plus haut que large et présentent généralement un aspect de chou-fleur allongé sans enclume formant des cheminées dans lesquelles des mouvements de remous sont facilement observables. la turbulence y est souvent forte.
    Ils peuvent être à l’origine d’averses de pluie ou de neige mais pas de foudre.
    Les cumulus congestus sont souvent, mais pas systématiquement, associés à des cumulonimbus à l’origine d’orages ou de grains forts présents ou à venir

    Cumulonimbus


    Ce nuage géant et menaçant est large de 5 à 15 km. Il présente la plus grande extension verticale de tous les cumulus et peut s’élever jusqu’à 15 km d’altitude sous nos latitudes. À son sommet, le cumulonimbus se heurte à la tropopause et s’étale largement, ce qui lui donne sa forme générale d’enclume. L’’énergie qu’il renferme peut être impressionnante : les plus gros rivalisent avec l’énergie de la bombe atomique de Nagasaki et leurs courants ascendants peuvent atteindre jusqu’à 140 km/h.
    Le cumulonimbus, roi incontesté des nuages, est caractéristique des phénomènes orageux intenses.

    Surveiller les cumulus en mer comme au mouillage !

    Le passage d’un grain à proximité d’un mouillage conduit également à une bascule temporaire du vent, pouvant aller jusqu’à 180° en fonction du vent synoptique et de la position du grain par rapport au mouillage.

    Il arrive donc qu’un mouillage parfaitement abrité du vent dominant se transforme en véritable piège pendant quelques heures avec une mer et un vent, parfois forts, portant à la côte.

    La présence de cumulus et la détermination de leur stade de développement est donc à prendre sérieusement en compte au moment de choisir son mouillage si le ciel se couvre ou que les prévisions annoncent des grains.

    Nous nous souvenons de notre semaine passée aux îles éoliennes, bien connues pour leurs violents orages. Chaque soir, le passage d’un orage générait du vent dans le mouillage mais levait également un clapot important et inconfortable, l’espace d’une ou deux heures … le temps de semer quasi-systématiquement la zizanie parmi les plaisanciers !

    Si cet article vous a intéressé et que vous souhaitez aller encore plus loin, notamment sur les outils permettant de prévenir les grains et les orages, n’hésitez pas à découvrir également mon article « Comment éviter les grains et les orages en mer : 3 outils utiles à connaître et à maîtriser ! ».

    Je vous souhaite bon vent, et bonne mer