• aliments entreposés dans le carré
    tutos

    Avitailler son voilier pour une croisière: le casse-tête des listes et du rangement

    Avitailler son voilier est probablement le moment le moins amusant de la préparation d’une croisière. On a toujours peur d’oublier quelque chose et on n’a qu’une envie devant le rayon des conserves: abandonner son chariot et prendre la mer le plus vite possible! Si seulement vivre de sa pêche était une option crédible! Une ligne, un hameçon, un leurre et du riz suffirait. Mais c’est un pari vraiment risqué….

    De plus si la technique de la liste d’avitaillement reste la plus universellement répandue, la question du rangement est assez peu abordée.

    Et pourtant le plus organisé des plaisanciers finit toujours par douter lorsqu’il compare le volume des caddies alignés devant son étrave à celui de son bateau. Où diable stocker tout ce bazar? Pourquoi les rouleaux de PQ sont-ils toujours aussi encombrants? Et l’eau minérale? Qui peut bien boire autant de flotte, sérieusement?

    bouteilles d'eau minérale

    Dans cet article nous verrons donc comment rédiger une liste d’avitaillement cohérente, puis je partagerai mes quelques trucs pour un stockage rationnel de la nourriture à bord. Et en prime je vous laisserai en téléchargement une liste « confort » de divers produits et objets qui vous permettront de partir en mer à l’impromptu sans vous soucier des courses à chaque fois!

    De l’importance de bien manger à bord: énergie et convivialité

    Pour vous motiver à bien avitailler votre voilier, je voulais partager à quel point cela peut changer l’ambiance de votre croisière!

    Nous ne naviguons pas en course!

    Oublions les lyophilisés insipides et l’eau désalinisée des skippers du Vendée Globe! Nous avons le temps, et quand nous avons la chance d’en avoir nous tenons à garder nos équipiers. Pour cela, pas de secret: il faut soigner la convivialité.

    De là à cuisiner un bœuf bourguignon tous les soirs me direz-vous, ce ne sont plus des vacances!Et bien, tout dépend du confort de votre bateau et de la motivation des cuisiniers potentiels! Personnellement si j’en ai la possibilité, j’aime bien préparer ce genre de plat AVANT une traversée par exemple. Évidemment il vaut mieux que tout le monde soit amariné pour bien en profiter, ou que la mer soit belle…

    Quoiqu’il en soit, la mer ça creuse: une bonne alimentation est un gage non seulement de bien-être à bord mais aussi de sécurité! L’équipage est de bonne humeur, soudé par de bons diners partagés, et peut donc compter sur toutes ses forces pour manœuvrer.

    Comment faire une liste d’avitaillement?

    Il existe plusieurs méthodes pour résoudre le problème. Par exemple on peut décider de manger des sandwichs à midi et de diner au restaurant tous les soirs. Franchement, ça peut marcher pour un week-end, mais au-delà vous allez vous lasser.

    Il est également possible de jeûner, et dans ce cas inutile de poursuivre la lecture de cet article. Cependant ce n’est pas très compatible avec la sécurité en mer. Sur l’eau nous dépensons généralement beaucoup de calories, donc attention à l’hypoglycémie qui vous empêchera de prendre les bonnes décisions.

    La technique des menus

    Plus sérieusement, je propose de démarrer le programme convivialité par une séance de brainstorming devant un café et des croissants. Vos équipiers fraîchement embarqués se sentent accueillis et tout de suite impliqués dans l’organisation de la croisière. Le but de la séance est de créer une liste de menus variés pour 4 ou 5 jours, avec des recettes que les uns et les autres se sentent capable de cuisiner à bord. Ensuite vous en déduisez les quantités nécessaires, puis vous les multipliez par deux pour une croisière de 8 jours, par 3 pour 15 jours, facile!

    cuisiner sur un petit voilier

    Évidemment il faudra inclure dans ces menus les petits déjeuner, les en-cas ou goûter, l’apéro (mais ça personne n’oublie) et ajouter les produits d’hygiène à la fin.

    Comme vous naviguez généralement près de zones civilisées, vous aurez l’occasion d’acheter des vivres frais à terre. Légumes, fruits, viande, pain: tout ceci peut-être renouvelé tous les 3-4 jours à la faveur d’une escale.

    Mais n’hésitez pas à charger tout le reste dès le départ. Sans voiture, conserves, pâtes, et boissons diverses sont des produits lourds et encombrant à transporter. En plus si il est plaisant de papoter avec le boucher ou la boulangère tous les matins, les achats de PQ et tomates en conserve en supermarché dégagent moins de poésie. Autant s’en débarrasser une bonne fois.

    Réutiliser d’anciennes listes d’avitaillement?

    Une fois l’opération précédente réalisée et testée, cela vaut la peine de garder votre liste et vos menus pour une prochaine croisière. Si vos équipiers ne décident pas de modifier vos menus en profondeur vous pourrez avitailler votre voilier en ajustant simplement les quantités au nombre d’équipiers.

    Les plus organisés pourront réaliser des tableaux excel pour convertir les menus en liste détaillée et ajustable.

    Cependant la réutilisation des anciennes listes comporte quelques limites à mon avis.

    Selon le programme de votre croisière vous serez plus ou moins enclin à cuisiner et vos besoins caloriques ne seront pas les mêmes. Naviguer en Bretagne ou en Méditerranée au début du printemps sont deux expériences de navigation assez différentes par exemple…

    Ensuite si vous louez un voilier loin de chez vous, vous ne trouverez pas vos ingrédients habituels. Enfin vos prochains équipiers seront peut-être vegan, ou bien allergiques aux spaghettis bolognaise.

    Quoiqu’il en soit, la méthode des menus est fiable, éprouvée et responsabilise immédiatement votre équipage. Je vous la recommande chaudement!

    Où ranger les aliments à bord d’un voilier?

    Au moment de ranger l’avitaillement vous allez avoir différentes questions à résoudre.

    La conservation des produits périssables

    Pour les fruits et les légumes, des filets suspendus ou des tiroirs bien aérés (ajourés) sont idéaux.

    Si vous n’avez pas de réfrigérateur, vous trouverez en principe plus de fraîcheur dans les fonds. Par temps froid, vous pouvez aussi entreposer certains vivres (fromage…) dans des tupperwares dehors, sous la capote par exemple.

    Les œufs se conservent en dehors du réfrigérateur, dans leurs boîtes en carton pour amortir les chocs.

    Le pain moisit dans les sacs en plastique. Si vous le gardez dans un torchon, ou dans une boite métallique, ou les deux, il tiendra deux fois plus longtemps.

    Ne stockez JAMAIS le lait en briques, dans les fonds.Les briques prennent l’humidité, perdent leur résistance, et vous vous en apercevrez quand le lait aura caillé. Imaginez, du lait qui circule librement dans les fonds du bateau et qui caille… oui, c’est du vécu.

    J’ai d’ailleurs découvert à la suite de cet incident que je pouvais faire de très bonnes crêpes avec du lait en poudre.

    Si vous prévoyez de garder certaines conserves longtemps à bord, marquez les au feutre indélébile. Ainsi vous saurez ce qu’elles contiennent même si elles perdent leurs étiquettes.

    Enfin il est préférable de placer les produits les plus lourds dans les fonds (sauf le lait en brique) et les plus légers dans les équipets latéraux. Les poids seront mieux répartis et en cas de coup de gîte violent, vous risquez moins d’accidents.

    Quant aux rouleaux PQ, si vous ne savez plus où le ranger, ils sont très efficaces pour caler les bocaux et la vaisselle dans les placards.

    L’accessibilité des vivres

    Mettons que vous envisagiez une traversée de deux ou trois jours. Dans ce cas vous devrez cuisiner en mer. Peut-être au près, bateau gité… Et si ça se trouve il y aura même des vagues!

    Donc il s’agit de faciliter au maximum la tâche du cuisinier. Il ne faut pas qu’il ait à chercher les nouilles sous le siège situé en pied de mât. Sinon gare au mal de mer! De ce fait, même si votre logique vous invite à ranger chaque classe d’aliment au même endroit, il faut assouplir la règle. Une partie suffisante des aliments de base doit absolument être au plus proche de la cuisine.

    préparation du repas en mer

    Maintenant passons aux quarts de nuit. Il fait frais, vous vous endormez. Un bon petit café instantané vous réveillerait tout en vous réchauffant. Sauf que le café est rangé derrière la tête de l’équipier qui dort dans la bannette tribord du carré. C’est ballot, non?

    Le raisonnement vaut aussi pour les barres de céréales et le PQ. Sans doute moins pour l’apéro 😉

    Prévenir les cafards

    Ce dernier problème survient plutôt sous les tropiques, mais il quand il survient c’est presque déjà trop tard.

    Pour ne pas voir proliférer ces petites bêtes, laissez tous les emballages en carton sur le quai. Aucun carton ne doit mettre le pied à bord!

    Inspectez également tous les fruits et légumes avec attention.

    Ensuite pour neutraliser les œufs qui pourraient se dissimuler dans le riz et les pâtes, versez les dans de grandes boîtes de conservation en plastique, dans lesquels vous aurez placé des boules de coton imbibées d‘alcool camphré. Les vapeurs d’alcool vont tuer une partie de larves et le camphre va dissuader les cafards de s’y reproduire. Je sais c’est sale, mais la nature est ainsi.

    A titre de prévention vous pourrez aussi placer des pièges à cafard dans quelques recoins sombres proches des zones de stockage des vivres.

    Une liste d’avitaillement de base pour être toujours prêt à partir

    Qu’il serait bon de pouvoir prendre le large à l’improviste, sans se taper toutes ces listes, ces menus et ces courses.

    A mon avis avec un peu d’organisation préalable c’est tout à fait possible.

    Je pense que selon la taille de votre bateau, vous pouvez stocker de quoi vivre à bord un week-end dès le début de votre saison de navigation.

    Voici donc à télécharger ou à imprimer une liste « confort », d’aliments, de produits d’hygiènes mais aussi de divertissement, que je vous propose d’embarquer dès que vous recommencerez à naviguer. Cette liste est issue d’un bonus inclus dans la formation météo et navigation côtière.

    Bien sûr vous devrez l’adapter à la place dont vous disposez et à vos goûts.  Mais déjà, grâce à elle, vous n’oublierez plus les allumettes!

     

  • naviguer en équipage

    20 idées de cadeaux pour les voileux

    Si vous lisez cet article, vous avez sûrement un (ou une) voileux dans votre entourage à qui vous voudriez offrir un super chouette cadeau! Mais voilà, vous n’y connaissez rien en voile et votre budget n’est pas illimité.

    A moins que ça ne soit vous, le marin, et là, vous cherchez l’article que vous aller partager sur Facebook pour que vos proches sachent enfin quoi vous offrir!

    Bref, laissez-moi vous aider.

    Je vous propose  20 idées de cadeaux pour les voileux classées par ordre de prix.

    Pour information, une partie des liens ci-dessous sont des liens affiliés, si vous passez par eux pour acheter ces produits je toucherai une petite commission.

     

    1. Un savon ou un shampoing qui mousse à l’eau de mer

    Très pratique pour économiser l’eau douce en traversée, ces savons doivent hydrater la peau, malgré le sel ET laver le marin… A partir de 8€50, vous pouvez essayer le cococéan de fabrication artisanale.

    2. Un roman de mer

    Je ne vais citer que quelques uns de mes préférés, parce qu’il y en a des milliers!

    Partir 66°Nord

    Ma dernière découverte (2020), à réserver aux marins avides de navigations arctiques.

    Sandrine Pierrefeu, devenue skipper professionnel à l’aube de la cinquantaine, nous fait ici le récit  romancé de son premier skippage à bord d’un voilier de charter entre l’Islande et le Groenland!

    L’expédition du Kon Tiki sur un radeau à travers le Pacifique

    Cent fois meilleur que le film, l’aventure véritable de Thor Heyerdahl et ses 5 équipiers qui tentent la traversée du Pacifique sur radeau de bois. Elle se lit d’une traite, et vous emmène naviguer au milieu des requins et des poissons volants sans que vous ayez besoin de quitter votre lit 😉

    Le voyage du Brendan

    A bord d’un bateau de peaux de vache cousues sur une armature de bois, Tim Séverin a reconstitué le voyage d’un moine Irlandais du 6e siècle, dans les mêmes conditions, ou presque. Un périple dantesque jusqu’à l’embouchure du Saint-Laurent en passant par les Hébrides, les Féroé, l’Islande et les eaux glacées groenlandaises.

    Le bateau qui ne voulait pas flotter

    Drôle et poétique à la fois. Pas sûr que vous l’offriez: je suis sûre vous allez le garder pour vous!

    Entre les brumes persistantes de Terre Neuve, le café infusé au rhum bouillant (fuite d’eau douce à bord) et le « monstre vert » (moteur antique et caractériel), c’est l’histoire d’une petite goélette qui s’entête à couler dès que son propriétaire (l’auteur) veut mettre le cap à l’ouest.

    Damien autour du monde

    Partis à l’âge de 20 ans de La Rochelle sur Damien, leur cotre en bois de 10 mètres, Jérôme Poncet et Gérard Janichon naviguent cinq ans durant. Leur parcours de 55 000 milles est jalonné de grandes premières : le Spitzberg, la remontée de l’Amazone, le cap Horn, les îles australes, la péninsule Antarctique…

    Le monde selon Guirec et Monique

    La poule est-elle le meilleur ami du marin? C’est en tout cas ce qu’a testé Guirec Soudée qui vient de boucler un tour du monde à la voile par les 2 pôles. Il est le plus jeune navigateur à avoir franchi le passage du Nord-Ouest. Un cocktail d’humour, d’audace et de chance.

    3. Un journal de bord

    A vous de trouver un joli cahier de format A4 ou légèrement plus petit avec une couverture solide, mais belle. N’oubliez pas de le dédicacer!

    4. Un couteau de marin

    C’est peut-être une affaire de goût, mais les couteaux Wichard me semblent parfaits. Juste une lame, un démanilleur et manche ergonomique. Indispensable!

    Comme disent souvent les vendeurs: j’ai le même dans la poche de mon ciré!

    5. Des gants de voile

    Les bouts en textiles modernes arrachent les mains. Le froid aussi. Des gants de voile confortables, ouverts aux extrémités avec des renforts en cuir seront un cadeau bienvenu. Pour l’hiver, préférez les gants fermés en néoprène.

     

    6.Un manuel de voile

    Voici parmi les plus connus, 4 ouvrages que personne n’osera jamais critiquer:

    7.Un guide Nautique

    Choisissez en cadeau un guide décrivant les ports et les mouillages de la zone de navigation ou votre voileux préféré rêve de se rendre prochainement. Ceux que je préfère sont les guides Imray Vagnon.

    8. Une batterie Powerbank

    Grace à ce cadeau malin fini les portables et les tablettes déchargés. Très pratique quand tout le monde veut brancher son téléphone sur la seule prise USB du bord. Ou quand il n’y a pas de prise USB… Je vous ai mis ci-dessous le lien vers celle que je me suis offerte, pour moins de 30 € car j’en suis très contente. Pour info j’ai abandonné l’idée des powerbanks solaires, car ils se rechargent trop lentement en mode solaire.

    9. Un diable en aluminium

    Pour les propriétaires de voiliers. Le diable est un cadeau bien utile pour transporter l’avitaillement et toute sorte de matériel de voile un peu lourd sur les pontons. Environ 60€

    10. Une pince multifonction type leatherman

    Ce genre d’outil, en inox, est idéal pour effectuer des travaux dans le mât. Il est aussi très pratique de le garder à portée de main pour éviter de plonger dans la caisse à outil à la moindre bricole. Il en existe de toute taille selon le nombre d’outils présents. Je pense qu’il ne faut pas les choisir trop épais, après cela devient inconfortable à manipuler. A partir de 75€.

     

    11. Un sac étanche

    Ici il existe plusieurs gammes de prix selon l’usage et la marque. Du gros sac de trek au petit sac à dos Cotten qui permet de débarquer sans risquer la vie de son téléphone portable.

    12. Une veste polaire

    Le choix est vaste…

     

    13. Une liseuse étanche

    Les livres sur un bateau c’est bien. Mais c’est lourd, volumineux et ça supporte mal l’humidité. Les liseuses récentes sont éclairées et étanches et ont une autonomie très importante. Plus besoin de lampe frontale pour lire en bateau, ni de bibliothèque. Ci-dessous une Kindle qui répond à ces exigences.

    14. Des bottes chaudes et confortables

    Testées par les marins de la Volvo Ocean Race paraît-il! En tout cas elles ont l’air super confortables, et les utilisateurs sont contents. A partir de 170€.

    15. Une balise personnelle AIS

    Dans un précédent article sur la sécurité à bord, je conseillais à chaque équipier de quart, et encore plus aux plaisanciers qui naviguent en solo de porter ce type de balise. Si son porteur tombe à l’eau, il pourra ainsi être plus facilement localisé par les bateaux se portant à son secours, pourvu qu’ils soient équipés d’un récepteur AIS. Celle présentée ici a un excellent rapport qualité prix (250€)

     

    16. Une formation en ligne à la météo marine et navigation côtière

    Cette formation exigeante et archi complète est un super cadeau qui s’adresse aux passionnés de voile qui veulent progresser rapidement, prendre de l’assurance et faire plaisir à leur équipage.

    Élaborée par l’auteur de ce blog, elle vient d’être visée par un météorologue professionnel. Elle n’est accessible que 2 à 3 fois par ans.

    L’offre actuelle est valable jusqu’au 13/12/20

    Si vous voulez plus d’informations n’hésitez pas à me contacter [email protected]

     

    17. Une veste ou une salopette de quart

    De mon côté j’ai choisi un équipement Musto, après avoir été déçue par la marque Décathlon. J’ai aussi passé le Cap Horn avec une veste de quart Cotten, et je n’ai pas été mouillée. Evitez donc les marques discount, sauf si vous êtes fauchés. Il faudrait un article complet pour vous conseiller correctement sur ce sujet. Aussi essayez de cuisiner votre marin pour savoir quelles sont ses préférences en la matière.

    Ci-dessous la photo mène vers la veste BR2, qui à ma préférence en navigation côtière ET hauturière. A partir de 350€ environ la veste.

    18. Un stage de mécanique ou d’électricité marine

    Pour les bricoleurs et tout ceux qui veulent naviguer loin. Allez faire un tour sur Sail The World, vous y trouverez sans doute votre bonheur.

    19. Un stage de voile aux Glénans

    Attention de ne pas vexer votre ami, il pourrait penser que vous ne lui faites plus confiance en mer!

    A moins qu’il le sache déjà… si c’est le cas, proposez lui la lecture de mon article 10 raisons pour lesquelles votre femme n’aime pas le bateau.

     

    20. Une sortie sur un multicoque océanique de course

    Si votre voileux aime les sensations fortes, qu’il est passionné de course au large, vous pourriez lui faire un super cadeau en lui offrant une place sur un bolide des mers.

    cadeau voileux

     

    Voilà j’espère vous avoir donné quelques idées, si vous en avez d’autres, mettez les en commentaire!

  • affichage du mode vent
    tutos

    A quoi sert le mode vent de votre pilote automatique?

    C’est si beau l’électronique marine!

    Toutes ces leds qui clignotent dans tous les sens et des alarmes qui résonnent sans qu’on sache toujours pourquoi.

    Aujourd’hui je vais vous révéler les dessous du mode vent de votre pilote automatique. Encore un de ces truc que vous avez enclenché par erreur en bidouillant le menu de l’afficheur. Quand vous aurez lu l’article, vous sauterez dans votre ciré pour tester ce mode génial! Vous verrez: vous serez conquis!

    Qu’est-ce que le mode vent?

    Inspiré du régulateur d’allure mécanique, le mode vent vous permet de conserver toujours le même angle par rapport au vent.

    Vous ne savez pas ce qu’est un régulateur d’allure?

    Développé et popularisé en France par Bernard Moitessier et Eric Tabarly, il s’agit d’un pilote qui fonctionne sans électricité, actionné par le vent et la vitesse du bateau. Le régulateur comporte un aérien que l’on oriente dans l’angle voulu par rapport au vent, et d’une pale immergée à qui l’aérien transmet les variations de cap du bateau. La pale transmet à son tour le mouvement à la barre par un système de drosses jusqu’à ce que le système revienne à l’équilibre.

    régulateur d'allure

    Vous n’avez pas compris? Tant pis, le but n’est pas ici de construire un régulateur d’allure, mais d’utiliser au mieux le mode vent du pilote automatique électronique.

    Mais comment le pilote connait-il l’angle au vent de notre voilier?

    Grâce à la girouette électronique bien sûr!

    Sauf que la girouette ne suffit pas. Il faut qu’elle calcule la direction mais aussi la force du vent. Donc il faut un anémomètre aussi, bref une girouette-anémomètre.

    D’où l’idée de centrale de navigation. Il va falloir connecter divers capteurs entre eux pour que le calculateur du pilote transmette les bonnes informations au vérin.

    Ensuite il faut un GPS ou un loch.

    Et c’est là que je perds certains d’entre vous.

    Si le pilote à besoin de toutes ces données pour fonctionner en mode vent, c’est qu‘il va calculer le vent réel à partir de sa mesure du vent apparent.

    Je vous épargne les autres capteurs nécessaires: compas gyroscopique, capteur d’angle de barre etc. Nous on veut juste utiliser le mode vent!

    Mode vent apparent ou mode vent réel?

    Mettons nous d’accord tout de suite.

    Le vent réel est le vent qui souffle sur le plan d’eau, celui que relèvent les anémomètres fixes, à terre ou sur des bouées.

    Quand vous êtes au mouillage, votre girouette indique la direction du vent réel.

    Le vent apparent est celui qui souffle sur vos voiles quand votre voilier avance.

    C’est aussi celui dont votre nez indique la direction quand vous avez la même sensation dans chaque oreille (sauf si votre nez est de travers, ou qu’il vous manque une oreille).

    Le vent apparent est la somme du vent réel et du vent vitesse lié au déplacement de votre bateau.

    Il varie donc en vitesse et en direction en fonction des deux autres vents.

    Un petit schéma vaut mieux qu’un grand discours:

    Au près le vent vitesse s’additionne au vent réel.vent apparent au près

    Le vent apparent est plus pointu que le vent réel. Quand le bateau accélère il faut border les voiles.

    En général c’est là qu’on sort les vestes polaires parce que le vent apparent est plus fort que le vent réel.

     

    Au portant, le vent vitesse se soustrait au vent réel.

    vent apparent au portant

    D’où l’impression qu’il fait plus chaud, ou moins froid. Mais là encore le vent apparent refuse un peu par rapport au vent réel. Si le bateau part au surf, les voiles se déventent. Ou alors il faut abattre, puis lofer quand la vitesse retombe.

    Les avantages du mode vent du pilote automatique

    Sur les Imoca du Vendée Globe, les skippers ne barrent presque plus. Les pilotes réglés en mode vent sont plus efficaces qu’eux. Sauf quand ils tombent en panne comme pour le bateau du Japonais Kojiro Shiraishi qui a vu sa grand voile se déchirer après deux empannages successifs du pilote. Parce que oui, l’électronique, parfois tombe en panne.

    barre à roue équipée d'un pilote automatique

    Sur les bateaux de plaisance le mode vent apparent est redoutable au près. Il permet au bateau de remonter au vent en profitant de chaque adonnante. Et dès que le vent refuse le pilote abat.

    Au portant, le mode vent réel peut-être préféré, s’il existe, surtout dans la houle si le bateau part au planning régulièrement, avec de fortes accélérations et décélérations qui modifient beaucoup le vent apparent. Certains pilotes sont d’ailleurs programmés pour passer automatiquement en mode vent réel au portant. D’autres plus anciens ne disposent pas de mode vent réel. Pas grave, vous pouvez quand même utiliser le mode vent apparent sur la plupart des bateaux de croisière, tant qu’ils ne partent pas dans de longs surfs sauvages.

    Toujours au portant, vous éviterez les empannages intempestifs si le vent tourne, puisque le bateau tournera aussi.

    Dans tous les cas vos voiles restent bien réglées, et le bateau beaucoup plus stable.

    Au final vous irez plus vite comme cela, plutôt qu’en mode GPS ou le pilote vise un Waypoint sans tenir compte du vent.

    Autre effet sympathique: votre bateau étant plus stable, le pilote consommera moins d’électricité qu’en mode GPS.

    Les inconvénients du mode vent du pilote automatique

    J’entends très bien les critiques qui depuis le début de cet article avertissent:

    Et si le vent tourne?

    Oui, si le vent tourne, en mode vent, le bateau suivra le vent.

    Mais avouez que le vent tourne rarement d’un seul coup, sans prévenir!

    Prenez la météo, que diable!

    En mode GPS c’est pareil: Et s’il y a un obstacle sur la route?

    Le pilote ne verra pas l’obstacle non plus.

    Cependant si vous devez suivre une route précise, par exemple entre des rochers, je vous suggère soit de prendre la barre, soit de passer en mode GPS ou compas, ce sera infiniment plus sûr!

    Comment utiliser le mode vent?

    D’abord réglez bien vos voiles pour le cap voulu. Ne surtoilez pas le bateau.

    Ensuite enclenchez le mode vent apparent.

    Puis ajustez la sensibilité du pilote (ou gain) au minimum nécessaire.

    Si vous mettez trop de gain ou que les voiles sont mal réglées, trop bordées notamment, le pilote travaillera énormément.

    En ce cas le voilier fera des lacets et la consommation électrique s’envolera.

    Remarquez que ceci est vrai pour le mode GPS ou compas également.

    Le mode vent dans Virtual Regatta

    réglage du mode vent dans virtual regatta

    Puisque j’écris cet article pendant le Vendée Globe, je peux ajouter un tips pour les navigateurs virtuels qui débutent.

    Le régulateur d’allure de Virtual Regatta n’en est pas vraiment un.

    Il permet simplement de conserver le même angle de route par rapport à celui du vent réel. Pas d’histoire de vent apparent ici.

    L’intérêt est d’éviter de multiplier les manœuvres si le vent tourne de quelques degrés et de perdre ainsi du temps. Il permet aussi de programmer très facilement une route sans se soucier de la position des waypoints.

    Bon alors, vous préférez quoi finalement? Mode vent ou mode compas/GPS?

     

     

  • hugo boss au départ du vendée globe
    tutos

    Apprendre la voile en suivant le Vendée Globe?

    Quel rapport y a t-il entre un plaisancier et un marin du Vendée Globe?

    Si les deux aiment la mer et la voile, il n’est pas certain qu’ils y cherchent les mêmes plaisirs!

    Alors à quoi bon s’intéresser à la course au large quand on est adepte de la croisière tranquille, de la pêche à la traîne et des bistrots du port?

    Longtemps j’ai pensé que ces deux mondes étaient inconciliables. Pour autant je ne pouvais pas trop passer à côté de certaines tentatives de records qui partaient de mon port d’attache. Mais nous ne les prenions pas très au sérieux. Par exemple avec quelques bons copains, nous avions décidés d’escorter Lyonnaise des Eaux, le trimaran de Kersauzon jusqu’au goulet de Brest, en fabriquant un faux trimaran avec nos trois voiliers habitables nommés pour l’occasion: « la Brestoise du Vin »!

    Qu’est-ce qui m’a fait changer d’avis?

    En prenant de l’expérience (c’est mieux de le dire ainsi…) j’ai fini par réaliser que trois ingrédients de la course au large pouvaient directement nous inspirer et nous enseigner des techniques et des savoirs fort utiles.

    3 techniques que la course au large nous enseigne

     

    1. Maîtriser la Météo et le routage

    Une bonne partie de la course se joue dans les options stratégiques que décident les coureurs. Je vous assure que lorsqu’on commence à y mettre le nez, ça devient vraiment passionnant. Et aussi un poil complexe, il faut le reconnaître…

    squid routage vendée globe
    Apprendre le routage avec le Vendée Globe? (Capture d’écran de Squid)

    Mais mon ambition de blogueuse c’est bien de vous rendre accessibles la plupart de ces savoirs!

    Du moins quand je les maîtrise suffisamment.

    Comment font ces marins transocéaniques pour déterminer la meilleure route à suivre?

    Ne croyez pas que tout est calculé par ordinateur! La météo est une science imparfaite, inexacte. Elle est soumise à l’effet papillon…

    Les logiciels de routages peuvent tracer avec précision une route optimale à 3 ou 4 jours d’échéance. Mais au-delà les prévisions ne sont plus aussi fiables. Et c’est là que commence la partie d’échec. Selon les saisons on retrouve plus ou moins les mêmes systèmes météorologiques aux différentes latitudes. Il faut donc parier sur telle ou telle situation en avance pour déterminer une option gagnante.

    Par ailleurs certains bateaux et certains skippers seront plus à l’aise que d’autres suivant l’allure, la force du vent ou l’état de la mer. Certains bateaux sont même si récents que leurs polaires de vitesse ne sont peut-être pas encore bien connues.

    Au fil de la course le matériel s’use, casse parfois, il faut donc se débrouiller avec les voiles ou les foils qui restent. Quand ce n’est pas le mât qui tombe, ou le bateau qui se renverse…

    Ce petit jeu de stratégie peut-il nous concerner, nous autres plaisanciers?

    Oui!

    Tout simplement parce qu’il peut nous initier à la météo et au routage tout en nous amusant. Bien sûr pour cela il faut y regarder d’un peu plus près.

    Pourquoi telle option au raz de la côte africaine peut s’avérer meilleure que de prendre au large pour négocier le pot au noir?

    Et là on découvre que nos skippers de choc savent autant jouer avec les effets locaux qu’avec les grands systèmes dépressionnaires ou anticycloniques. Chapeau!

    Mine de rien en suivant leur aventure, nous nous retrouvons à préparer notre prochain tour du monde à la voile!

    Ou une traversée vers les Antilles. Ou juste un petit aller-retour vers la Corse… Qu’importe du moment que ça nous aide à progresser!

    imoca 60 au départ du vendée globe

    2. Apprendre des techniques de navigation en solitaire avec le Vendée Globe

    Alors certes nous ne sommes pas nombreux ici à pouvoir nous offrir un pilote gyroscopique dernière génération. N’empêche, il faut bien qu’ils s’organisent ces athlètes, tout comme nous, pour manger, dormir, manœuvrer et veiller aux cargos.

    Comment fait-on pour empanner tout seul sur un voilier de 60 pieds? Et comment gère t-on le sommeil?

    Sans parler des gars qui grimpent en solo dans leurs mâts par 3 mètres de creux (beuh, le mal de mer), quand une drisse ou une poulie fait des siennes.

    Et le mal de mer? On sait très bien qu’ils sont nombreux à en souffrir au moins les premiers jours. Comment font-ils pour y survivre?

    3. la préparation à terre.

    Sur ce point à mon avis ils doivent faire pas mal de listes 🙂

    Enfin moi, quand je prépare une traversée j’ai des listes pour les travaux, l’avitaillement, des check-list de sécurité, de ceci de cela…

    Préparation du bateau, préparation physique, et préparation du routage.

    Il s’entraînent dur, ça c’est clair. Musculation, parcours de qualification,stages de survie…

    samantha davies

    Comment déterminent ils les quantités de nourriture, d’eau, la conso d’électricité.

    Sur le Vendée globe 2020, Alex Thomson a fait le choix de n’emporter que 67 jours de nourriture. Alors que le record est établi à 74 jours!

    Second de l’édition précédente il vise la première place, après tout c’est une manière de se motiver comme une autre.

    Sans compter que tout cela pèse assez lourd, donc il y a bien des choix à faire.

    En suivant attentivement une course comme le Vendée Globe, nous pouvons donc apprendre beaucoup! A nous ensuite d’adapter tout ceci à notre façon de naviguer et à nos bateaux.

    D’ailleurs mon petit doigt me dit qu’une petite série de vidéos sur ces sujets devraient faire leur apparition très prochainement sur la chaîne Youtube des Tutos 😉

    Mais ce n’est pas tout!

    Il n’y a pas que la technique dans la vie d’un marin. Le rêve et le plaisir, l’inspiration ça compte aussi, non?

    Du rêve, de l’inspiration, de l’amitié!

    Les parcours des skippers professionnels peuvent nous inspirer, nous encourager à aller plus loin dans notre apprentissage de la voile. Si nous n’avons pas les mêmes ambitions, les qualités humaines qu’ils développent ne sont peut-être pas complètement hors de notre portée. A une échelle plus modeste évidemment.

    Car le Vendée Globe peut-être particulièrement éprouvant. Franchir la ligne d’arrivée de cette course mythique est déjà un exploit en soi.

    Souvenons-nous du sauvetage de Philippe Poupon par Loïc Peyron, de Bertrand de Broc se recousant la langue à vif. On peut aussi compter nombre de chavirages et malheureusement les disparitions de Gerry Roufs, Nigel Burgess et Mike Plant.

    Pour ma part cette année je vais suivre plus particulièrement Samantha Davies. Et vous, avez vous un skipper préféré?

    Les défis qu’ils se donnent, les problèmes qu’ils vont devoir résoudre au fil de leur navigation hors normes vont nous plonger dans de formidables odyssées. Leurs aventures nous sortent de notre quotidien, tout en nous permettant de les vivre par procuration, ce qui avouons-le, est bien plus confortable.

    Enfin pour plus d’immersion il est toujours possible de suivre la course sur un jeu de simulation, tel que Virtual regatta.

    virtual regatta vendée globe

    Jeu qui n’aura rapidement plus grand intérêt si vous ne vous mettez pas rapidement au routage météo. Pour progresser dans cet univers: QTvlm, Squid, Zezo et bien sûr Windy seront d’une aide incontournable! Nous en parlerons certainement dans les semaines à venir.

    De mon côté je cours sur Petite Chaloupe avec la Team des tutos de la croisière, constituée pour l’occasion. Cap à l’Ouest pour dégolfer puis descente vers le sud.

    Bonne course!

     

     

     

     

     

  • tutos

    Première navigation de nuit: comment s’y préparer?

    Pas de lune ce soir et le ciel est un peu couvert. Pas d’étoiles pour vous distraire. Vous êtes seul au monde dans un noir presque total. Le mouvements réguliers du voilier vous bercent.  La lueur rouge des instruments dans la descente à quelque chose de presque rassurant. L’air est encore tiède, mais vous prendriez bien un café pour vous tenir éveillé. L’eau ruisselle, glisse, chuinte et chuchote contre la coque, le plancton illumine les bordés et dessine un sillage phosphorescent à la proue. C’est votre première navigation de nuit, au large, et vous découvrez que vous aimez ça.

    Comment vivre à votre tour cette expérience fabuleuse?

    Voilà une question que me posent souvent les lecteurs du blog.

    Restez jusqu’au coucher du soleil, j’ai un petit cadeau à télécharger au bas de l’article 😉

    Plusieurs possibilités s’offrent à vous, mais pour cette première fois l’idéal serait que vous soyez accompagné d’un équipier qui puisse vous transmettre son savoir.

    Alors, quelles sont les étapes à suivre pour se préparer à une première navigation de nuit?

    Première navigation de nuit: Revenir au port à la nuit tombée

    Photo by Paul Einerhand on Unsplash

    Au moment où j’écris ce texte, l’automne est bien entamé et les jours se font de plus en plus court.

    Tant mieux! Pourquoi ne pas en profiter pour rentrer au port après le crépuscule?

    Ainsi vous déciderez vous-même des conditions météorologiques de cette première navigation de nuit.

    Choisissez les clémentes tant qu’à faire. Une seule difficulté à la fois suffit.

    Ce petit exercice vous demandera quand même un peu de préparation, voici ce que je vous propose.

    Relever les phares et l’éclairage des balises

    Avant de quitter le port, et même si vous le connaissez bien, faites l’effort de noter dans votre journal de bord les caractéristiques des feux qui seront là pour vous guider à votre retour.

    Pour les bouées de chenal c’est généralement assez simple: feux rouges à bâbord, verts à tribord en arrivant au port. Sauf pour la zone B (Antilles, St Pierre et Miquelon etc.) où c’est l’inverse…

    Les balises cardinales ont également un code, toujours le même pour les reconnaître la nuit. Il est assez facile à retenir car il suit le cadran de l’horloge. Soit 3 éclats groupés à 3 heures, c’est-à dire à l’est, 6 éclats + un long à 6 heures donc au sud etc.

    Quant aux phares, chacun à son code, ses secteurs et là encore c’est en préparant votre navigation sur une carte marine que vous pourrez identifier les phares qui vous entourent.

    Apprenez tout cela par cœur une bonne fois pour toute, cela vous rendra de grands services pour vos futurs atterrissages de nuit. Et contre les trous de mémoire, vous pouvez afficher un mémo plastifié des feux des navires et des balises dans la descente.

    Vérifier les feux de navigation

    C’est bête à dire, mais à bord des voiliers qui ne naviguent pas la nuit, il arrive que les feux de navigations ne s’allument pas. Ou tout au moins vous ne vous en êtes jamais préoccupé. Le problème avec ces feux est qu’il est difficile de vérifier leur bon fonctionnement de jour. A part pour ceux équipés d’ampoules 25 watts dont on peut constater la consommation – excessive – au sursaut du voltmètre du bord ou mieux, de l’ampèremètre. Si ce n’est pas déjà fait optez plutôt pour des ampoules à LED, lesquelles consomment 10 fois moins pour une portée équivalente.

    Il vous faudra donc a minima allumer vos feux de nuit et prendre du recul pour observer leur bon état de marche.

    Éclairage du bord: préférez le vert au rouge!

    Photo by Launde Morel on Unsplash

    Dans la cabine un éclairage de veille suffit largement la nuit, assez faible pour ne pas éblouir le barreur à l’extérieur. La couleur de cet éclairage peut faire débat. Le rouge a longtemps et est encore régulièrement retenu parce qu’il est supposé moins éblouir que le blanc.

    En réalité les pilotes d’avion ont depuis longtemps abandonné l’éclairage rouge la nuit. Ils préfèrent l’usage de leds vertes pour éclairer les instruments de navigation. La lumière verte préserve une acuité visuelle maximale la nuit. Malheureusement les fabricants d’instruments de navigation pour la plaisance continuent à proposer un éclairage nocturne rouge pour leurs cadrans. Si vous voulez en savoir plus je vous invite à lire cet article sur la vision nocturne.

    Au final, à défaut de vert vous pouvez opter pour un éclairage blanc, mais très faible qui vous permettra de circuler entre le cockpit et la cabine sans éblouissement.

    Éclairer les manœuvres

    Sur le pont il existe plusieurs solutions, complémentaires, pour vous faciliter les manœuvres la nuit.

    Une lampe frontale, chargée, par équipier est vraiment le minimum syndical. Maintenant que vous savez que le rouge est inutile, choisissez en surtout une dont l’intensité serait réglable.

    Un projecteur de pont est également utile pour les manœuvres d’avant: changement de voile, prise de ris, mouillage. Pour un retour au port à la tombée de la nuit vous pouvez-vous en passer.

    Une lampe torche puissante, capable d’éclairer un obstacle (très) proche, outre qu’elle fait partie de l’armement obligatoire, représente également un bon investissement. Vous pourrez vous en servir pour éclairer vos voiles, soit pour les régler, soit pour signaler votre présence. Elle pourra aussi vous aider à accoster un quai mal éclairé, ou à prendre un corps-mort par nuit noire.

    Porter des brassières-harnais

    Eric Tabarly a disparu en tombant de son bateau la nuit en Manche. Sans brassière de surcroit. Comme quoi ça peut arriver même aux meilleurs. La nuit vous avez vraiment très peu de chance d’être repêché si vous tombez à l’eau.

    Pen Duick II -photo Etienne Valois – Flickr

    Le combo gagnant en terme de sécurité serait de porter une brassière harnais, de vous attacher, et d’ajouter à votre équipement une petite lampe flash ainsi qu’une balise de détresse personnelle (AIS en côtière, PLB en navigation hauturière). Là vraiment, je ne pense pas qu’on puisse faire mieux en matière de protection individuelle contre le risque de chute à la mer.

    Préparer un thermos d’eau chaude

    A l’arrivée de la nuit la température chute assez brutalement en mer. Ne vous laissez pas gagner par le froid. Emportez une couche de vêtement supplémentaire par rapport à votre équipement habituel, ainsi que des boissons chaudes: thé, café, tisanes, soupes en sachet.

    A présent il est temps de prendre la mer. C’est assez simple, vous sortez de jour, et vous rentrez trop tard pour le diner. Remarquez bien que la principale différence avec la navigation de nuit, c’est… la nuit! 🙂

    La préparation de votre sortie porte plus spécifiquement sur ce point. Faire en sorte de voir et d’être vu. Pour une première sortie courte, soigner l’éclairage et s’attacher est largement suffisant. Je suis persuadée que vous allez y prendre goût et rentrer de plus en plus tard. A tel point que vous aurez envie d’aller plus loin.

    Deuxième étape et première nuit en mer : navigation côtière ou traversée?

    Maintenant que vous savez virer de bord dans l’obscurité, et que vos feux de navigation fonctionnent, vous pouvez envisager quelque chose de plus ambitieux.

    Vous pourriez donc être tenté de commencer par un convoyage de nuit, en navigation côtière. Cela peut vous paraître plus simple si vous n’avez jamais navigué au large.

    Et c’est faux.

    Naviguer de nuit près des côtes est ce qui peut se faire de plus exigeant en terme de navigation.

    Vous cumulez en effet les principales difficultés de la navigation: la proximité des récifs et la densité du trafic maritime.

    photo Craig Upshaw – flickr

    Alors qu’au large vous pouvez beaucoup plus facilement vous reposer sous pilote. Par tranches de 20 minutes par exemple.

    En tout cas si vous prenez la première option, assurez-vous au début d’embarquer un équipage assez nombreux et expérimenté pour que chacun puisse avoir un bon quart de sommeil. Mais ce n’est pas ce que je préconise pour une initiation à la navigation de nuit.

    Le top serait que vous embarquiez comme équipier pour une première navigation hauturière ou semi-hauturière. Comme ça vous aurez un skipper pour vous initier sans l’angoisse de vous trouver face à une situation inconnue.

    Pas de navigation hauturière en effet sans navigation de nuit.

    Pour ce type de navigation vous aurez à préparer votre bateau et votre route avec plus de précautions que pour une navigation côtière. Et bien sûr vous devrez choisir une fenêtre météo adéquate. Les conseils de la première partie s’appliquent donc: noter les feux, les balises sur le journal de bord, vérifier les éclairages et le matériel de sécurité, vous préserver du froid.

    Vous aurez aussi des quarts à organiser. Pour en savoir plus à ce sujet, je vous propose de regarder ce tuto en vidéo sur la  navigation de nuit

    Du point de vue de la navigation nocturne, certaines aides électroniques vous faciliteront la tâche pour ce qui relève de voir et d’être vu.

    Les aides électroniques à la navigation de nuit: est-ce que les autres navires me voient?

    L’AIS

    Un transpondeur AIS vous permet d’être vu par les stations disposant d’un récepteur AIS, et de les voir sur un écran dédié ou partagé. Donc par la plupart des navires professionnels en Europe (mais pas forcément ailleurs) et par tous les cargos.

    Quand j’écris la plupart, cela signifie: PAS TOUS les navires professionnels. Quant aux voiliers, ils sont loin d’être tous équipés.

    Donc même avec ce matériel, vous ne pouvez pas être certains que tous les navires qui naviguent à proximité vous aient repérés.

    D’ailleurs c’est la question que vous devez vous poser toute la nuit: est-ce que les autres bateaux me voient?

    Si la réponse est incertaine, prévoyez de les éviter bien à l’avance, par une manœuvre claire, même si vous êtes prioritaires.

    De votre côté, si vous disposez d’un simple récepteur AIS, vous pourrez voir quand même, malgré les vagues et les grains qui masquent les feux de navigation, tous les navires équipés d’émetteurs AIS. Mais eux, ne vous voient pas, pour être repéré par un récepteur AIS il vous faut vraiment un transpondeur (qui peut recevoir ET émettre), plus coûteux.

    Il peut aussi arriver qu’un émetteur AIS tombe en panne. Sans que le capitaine du navire de pêche s’en soit aperçu. Vous voyez l’idée?

    Au final un récepteur AIS, on ne va pas se mentir, est une aide super pratique à la navigation de nuit. Mais elle ne dispense absolument pas d’une veille visuelle TRES attentive.

    Le radar

    Un radar bien réglé vous permet de repérer la quasi totalité des obstacles à proximité (sauf ceux qui flottent entre deux eaux). Sa portée varie selon l’état de la mer, la météo, la hauteur du mât et celle des cibles.

    Au minimum, votre bateau doit être équipé d’un réflecteur radar. Vous serez ainsi repérable par tous les navires professionnels (occidentaux). Ce qui, là non plus, ne signifie pas que l’homme de passerelle aura repéré le misérable éclat qui représente, par intermittence, entre deux vagues, votre frêle esquif dans l’immensité marine.

    Mais enfin, comme la VHF-AIS allumée, le réflecteur radar augmente vos chances d’être vu. Là on joue clairement les statistiques.

    Quant à disposer d’un radar à bord, c’est vraiment très chouette, mais ça consomme beaucoup d’électricité. Ce qui fait qu’on les utilise plutôt quand on a un doute. Ou en approche des côtes. Et il faut savoir le régler pour déjouer les faux échos provoqués par les vagues et les grains. Dernier inconvénient: un radar coûte cher.

    La consommation électrique d’un voilier la nuit

    Avec toutes ces histoires de feux de route et de radar, sans parler de l’usage probable d’un pilote automatique, la facture énergétique grimpe vite la nuit.

    Ce point est crucial. Avant de partir vous devrez faire un bilan des consommations de votre voilier en navigation de nuit. Il faudra alors mettre en face de cette consommation suffisamment de batteries et de moyens de charge. Vous ne pouvez pas vous permettre de tomber en panne d’électricité en traversée, c’est vraiment très inconfortable, voire dangereux.

    Une bonne manière de vous en prémunir est d’ailleurs de bien vous assurer de séparer, à l’aide d’un coupleur de batterie, le circuit de servitude de celui du moteur en navigation. Ainsi si les batteries faiblissent vous pourrez les recharger au moyen de l’alternateur. Mais seulement à condition de ne pas naviguer trop gité.

    Pour vous aider vous pouvez télécharger cette feuille de calcul du bilan énergétique du bord.

    Je vais m’arrêter là pour cette fois, si vous voulez partagez vos souvenirs de navs de nuit, ou vos trucs de vieux loup de mer noctambule n’hésitez pas à commenter l’article!

     

     

     

  • tempête Alex
    tutos

    5 conseils pour bien prendre la météo marine

    Mille fois on nous l’a dit: ne sortez jamais en mer sans prendre la météo marine! Sans quoi les foudres de Neptune pourraient bien s’abattre sur vous!

    Et c’est tellement vrai.

    Et c’est aussi tellement faux.

    Comment expliquer autrement que tant de plaisanciers se fassent encore surprendre chaque année?

    Du gars qui décide au dernier moment de partir à la pêche en tee-shirt et qui se fait surprendre par l’état de la mer à un demi-mille de là (Pourtant on annonçait du beau temps)…

    … à celui qui s’est amarré à une tonne avec 15 autres voiliers dans un joli mouillage et qui s’est trouvé fort dépourvu quand à minuit et des brouettes la brise (et la houle) fut venue.

    Prendre la météo marine et savoir s’en servir pour naviguer c’est autre chose que de regarder la télé pour savoir s’il fera beau à la plage.

    Voilà pourquoi prendre la météo ne suffira pas à garantir votre sécurité ni celle des sauveteurs en mer.

    Alors me direz-vous, il faut bien débuter un jour! Doit-on s’interdire de sortir au prétexte qu’on ne s’est pas encore formé à la météo marine?

    Vous avez raison, la meilleure façon d’apprendre à naviguer est… de naviguer.

    Et de se former un peu.

    Dès que vous vous posez une question, hop cherchez, lisez, regardez des vidéos.

    Si vous suivez des formations, des stages ce sera encore plus rapide. Et si vous faites les deux en alternance, alors là: dans deux ans on vous retrouvera au mouillage aux îles Marquises 🙂

    Pour vous éviter quelques mauvaises expériences je veux quand même vous expliquer ici comment prendre la météo marine et articuler ses données brutes avec d’autres facteurs qui vous sont spécifiques.

    Si le voisin se permet de sortir avec 25 noeuds de vent, il n’est pas dit que vous, le même jour, avec un autre bateau et un autre équipage, vous puissiez naviguer en sécurité!

    Voici donc 5 conseils pour vous aider à prendre et la météo efficacement.

    Neptune gardien de la météo marine

     

    1. Se procurer les bonnes données météo

    En général le marin pressé se préoccupe de savoir s’il y aura du soleil et de connaître la force du vent.

    Cela peut suffire si vous ne sortez que pour une heure ou deux, mais attention quand même à l‘état de la mer, surtout s’il a fait mauvais la nuit précédente.

    Au delà il vaut mieux être un peu plus précis.

    Pour bien vous préparer vous aurez donc besoin de connaître:

    • la force du vent
    • la direction du vent
    • l’état de la mer
    • la visibilité
    • les précipitations
    • la couverture nuageuse
    • la température de l’air sur l’eau (il fait plus froid qu’à terre!)

    L’idée est de ne pas vous faire surprendre par un changement brutal de ces différents paramètres. Le brouillard, les orages, le froid peuvent sérieusement compliquer vos navigations.

    Enfin si vous naviguez une semaine ou plus, l’analyse d’une carte de surface, avec la position des fronts, dépressions et anticyclones, vous aidera à mieux comprendre les scénarios possibles, et à prévoir des trajets alternatifs.

    Où trouver les bonnes infos météo?

    Puisque vous y lisez cet article, commençons par les ressources du Web pour la météo marine:

    Pour moi le top du top des sites météorologiques, le plus complet, c’est Windy!

    Car Windy est aussi une application ultracomplète dans sa version gratuite, avec des prévisions détaillées toutes les 3 heures couvrant le monde entier.

    Mais si vous n’êtes pas fan vous pouvez aussi trouvez la plupart de ces données sur

    • Meteoconsult
    • Meteo France
    • Windguru
    • Windfinder

    Nous avons l’embarras du choix, et je ne parle ici que des sites français!

    Maintenant si vous voulez vraiment faire les choses avec méthode, surtout si vous préparez une croisière de plusieurs jours, il vous faudra commencer par trouver une carte de surface qui vous montrera la position des dépressions sur une vaste zone à l’ouest de votre position. Pour les Européens: une carte de surface de l’Atlantique nord.

    Grâce à cette carte, si vous savez la lire, vous comprendrez et anticiperez mieux les conditions qui vous attendront sur l’eau. Si ces cartes vous semblent remplies de signes cabalistiques vous pourrez vous contenter des prévisions à 5 jours, au delà sachez qu’elles sont beaucoup plus aléatoires.

    météo marine

    L’intérêt de ces précautions est plus qu’évident:

    1.Assurer votre sécurité en choisissant à temps les bons abris,

    2.Optimiser vos conditions de navigation,

    3.Faire plaisir à tout l’équipage.

    Au delà d’Internet il y a une vie que l’on ne soupçonne même plus… La météo marine s’affiche généralement à l’extérieur des capitaineries, et si vous ne voulez pas descendre de votre bateau, le bulletin météorologique côtier de Méteo France vous sera donné par VHF avec une annonce sur le canal 16.

    Pour connaître les heures et canaux de diffusion propres à votre région vous pouvez télécharger ici le guide marine de Météo France.

    Choisir le bon modèle météo

    Pour les prévisions à court terme les modèles Arome et Icon sont très performants sur l’Hexagone. Renseignez vous si vous naviguez dans d’autres zones. Leur précision est liée à leur « maille », c’est à dire à la surface que couvre chaque prévision. Entre un modèle type GFS qui couvre des mailles de 22km de côté au modèle Icon qui calcule les données tous les 2km, les résultats peuvent sensiblement différer.

    modèles météo marine

    D’ailleurs faites l’expérience sur Windy: un modèle large va annoncer 15 noeuds établis avec des rafales à 28 noeuds par exemple. Là vous vous dites que c’est le grand écart! Quelle toile porter avec de telles variations de vent?

    En réalité si vous passez sur un modèle plus fin, vous verrez les deux vitesses de vent se rapprocher. Par exemple 17 noeuds avec des rafales à 20 noeuds. Voilà qui est déjà plus navigable!

    Passons au conseil suivant.

    2. Connaître son bateau

    Si à chaque sortie vous relevez avec précision le vent, l’allure et les voiles que vous portez, vous finirez par visualiser les conditions physiques de votre sortie en avance.

    Tous les bateaux n’ont évidemment pas le même comportement face au vent et aux vagues. Certains mouillent très rapidement leurs équipages, d’autres dérivent comme des planches à savon au près.

    Quand ils accusent leur âge, l’usure du matériel vous interdit également de les soumettre à des conditions trop dures.

    Les équipements peuvent être plus ou moins fiables: le pilote un peu faible, les batteries en fin de vie, un GPS qui décroche, un démarreur capricieux…

    Même si nous préparons au mieux nos bateaux, nous n’avons pas forcément les moyens de tout changer d’un coup.

    Dans ces circonstances une bonne maîtrise de la météo marine nous permettra de naviguer quand même, sans prendre de risques inconsidérés.

    Enfin, à moins d’être un aventurier expérimenté, plus on respectera le programme de navigation du bateau et moins on aura de chance de finir au fond de l’eau.

    Peu de gens peuvent en effet boucler un tour du monde en catamaran de sport, et même pour un guerrier tel qu’Yvan Bourgnon ce genre de tentative peut mal se terminer.

    prendre la météo marine
    Photo Flickr Jean Jacques abalain

    3. Tenir compte de ses limites personnelles

    Des limites physiques

    A chaque printemps quand je reprends la voile mon dos et mes muscles protestent vigoureusement. Et plus les années passent et plus je dois me résoudre à inclure un peu de préparation physique dans mon emploi du temps hivernal.

    Attention donc à ne pas vous bloquer bêtement en début de saison par un excès d’enthousiasme que vos lombaires ne partageraient pas!

    Par ailleurs certains jours nous sommes plus fatigués que d’autres et moins aptes à essuyer des conditions difficiles. Alors faut-il sortir vraiment ces jours là? Réfléchissez y à deux fois, surtout si vous êtes le skipper du voilier.

    Il se peut que vous n’osiez pas reporter une navigation pour diverses raisons, mais restez raisonnables. La mer aura toujours le dernier mot. En tout cas n’hésitez pas à réduire la toile un peu plus que d’habitude, ou à abattre un peu pour plus de confort au près.

    Des limites techniques

    Avez-vous déjà navigué dans une mer formée? Empanné par 25 noeuds de vent? Passé le raz de Sein dans la brise? Louvoyé entre les grains d’un ciel de traîne?

    Non?

    Alors… faites-le!

    Mais pas tout seul.

    Prendre la météo marine c’est aussi anticiper ces situations, et s’y préparer au mieux.

     

    spi en cocotier

    Essayez de dénicher un équipier qui connaît la musique. Ou embarquez avec un skipper plus avancé dans sa pratique de la voile. Pourquoi réinventer la poudre tout seul quand tant de voiliers manquent d’équipage?

    4. Respecter les attentes de ses équipiers

    Parfois nous pensons avoir tout prévu, tout préparé au mieux, et malgré cela nos équipiers ne semblent pas si enthousiastes que nous l’espérions.

    Si nous ne pouvons pas inoculer le virus de la navigation à nos proches, nous pouvons quand même les écouter. Mieux encore: leur demander ce qu’ils attendent quand ils montent à bord. Sont-ils prêts à supporter un peu d’inconfort? Jusqu’à quel point?

    Ensuite le plus délicat, mais aussi le plus intéressant est de choisir, en fonction de la météo marine, une destination, une route qui les préservera du froid ou du mal de mer. Avec un joli petit port à l’arrivée et un bon dîner au restaurant ou sur la plage selon les préférences et… les porte-monnaies.

    Parfois il faudra renoncer à sortir ce jour là pour ne pas démotiver vos équipiers. Peut-être aussi en trouverez d’autres, plus motivés que vous solliciterez pour des conditions un peu plus sportives.

     

    5. Connaître sa zone de navigation

    « A Brest pour naviguer il fait beau toute l’année! »

    Ce slogan inventé par un loueur de voiliers dans les années 1990 est vrai à disons… 90% euh… 80%, non, bon alors disons 75%?

    Le fond de l’affaire est que la rade de Brest est hyper bien abritée. D’ailleurs l’hiver dernier je proposais de s’y initier à la cape et autres prises de ris par 35 noeuds de vent.

    au mouillage dans la rade de brest
    Photo Flickr Richard Tanguy

    Par contre dès que vous voulez en sortir, mieux vaut connaître les effets de rencontre entre vent et marées.

    Les falaises du Goulet de Brest par fort vent de Nordé sont aussi assez traîtresses pour la navigation. Des fois elles stoppent net le vent sur 100 mètres. Mais pour mieux l’accélérer et coucher votre bateau un peu plus loin. Ces effets peuvent s’anticiper d’autant mieux qu’on les a observés avant, par exemple sur d’autres voiliers que vous voyez galérer avant vous.

    Alors quand vous partez à la découverte de votre plan d’eau, si votre moitié ou votre équipier préféré n’a pas une âme d’explorateur/trice, à nouveau il vaut mieux éviter de l’exposer à ces sensations fortes. Un débutant dans des circonstances pareilles ne comprendra en effet rien à ce qui se passera. Il/elle aura peur si vous ne le prévenez pas avant. Et parfois même si vous l’avez annoncé.

    Il en va ainsi pour les mouillages théoriquement abrités, mais finalement très ventés, les zones de calmasses, les zones de remous etc.

    Tout l’enjeu sera donc de combiner ces spécialités locales avec la météo du jour et de deviner quelle sera la réalité vécue sur l’eau.

    Bien prendre la météo marine relève donc d’une combinatoire plus complexe qu’il n’y paraît

    L’anticipation est la clé de votre sécurité et de la réussite de nos croisières. Si nous ne pouvons pas tout préparer au mieux, faute de temps et d’argent, avec les progrès de la météo marine nous pouvons vraiment choisir nos conditions de navigations au lieu de les subir.

    C’est toute la philosophie de ce blog et de ses plans de navigation.

    Et vous, dites-moi franchement en commentaire, quelles sont vos conditions météo préférées?

    Petit temps et pêche à la traîne? Bonne brise et sensations fortes? Un peu des deux?