• naviguer sou spi à deux
    naviguer en équipage

    Naviguer à deux: qui fait quoi?

    Avez-vous la chance de partager votre passion avec votre moitié?

    Voilà une situation qui fait envie à nombre de marin obligés de rester à terre pour préserver la survie de leur couple.

    Mais comment s’organisent ceux qui naviguent à deux?

    En école de croisière on apprend à mener un voilier en équipage de 5 ou 6 personnes. Or le partage des responsabilités sur un voilier en couple peut-être très différent de cette organisation héritée de la marine à voile.

    Conduite du voilier, travaux de maintenance, tâches domestiques, pêche, baignade, lecture, les occupations ne manquent pas en croisière. Posons tout de suite l’enjeu pour cet équipage très particulier qu’est le couple: que chacun y trouve plaisir sans sacrifier à la sécurité de la navigation.

    Pas si simple quand souvent les compétences et les attentes diffèrent.

    Découvrons comment construire un véritable projet de navigation à deux, dans le respect des aspirations et des différences de chacun. Nous verrons aussi que la question peut se poser presque dans les mêmes termes pour un couple d’amis!

    La conduite et l’entretien du voilier

    Plusieurs cas typiques s’observent.

    1.Le skipper mène son voilier comme un solitaire. L’équipier-e se concentre éventuellement sur les tâches domestiques.

    2.Le skipper décide des manœuvres et des travaux d’entretien/réparation mais les exécute avec son matelot.

    3.Skipper et équipier-e sont capables de décider et d’exécuter seuls ou ensemble la plupart des manœuvres mais les situations complexes et le plan de navigation restent sous la responsabilité du skipper.

    4.Un véritable co-skippage se met en place où chacun est autonome et confiant dans les décisions de l’autre.

    Les situations intermédiaires sont les plus courantes. Voyons quels sont les enjeux derrière ces choix d’organisation. Sont-ils dictés par une forme d’évidence ou bien relèvent-ils d’une réflexion commune? Peuvent-ils évoluer? Comment alors, et dans quel sens?

    L’autonomie de chacun, une question de sécurité et de plaisir

    Dans les 4 configurations que je viens de citer, l’autonomie de l’équipier progresse jusqu’à ce que les deux membres de l’équipage soient en mesure de skipper le bateau. Cette dernière possibilité est un rêve pour certains et un cauchemar pour d’autres.

     Si tu veux couler un bateau, donne lui deux capitaines ?

    Cela peut arriver lorsque les deux skippers ne partagent pas du tout les mêmes conceptions de la navigation. Mais même si vous faites naviguer ensemble un régatier passionné avec un plaisancier des plus épicuriens, il est probable que chacun apprenne beaucoup de l’autre. Il faut seulement que l’objectif de la croisière soit bien établi et sans doute quelques concessions de part et d’autres. Ainsi on peut très bien décider de courir le Télégramme Tresco Trophée en se protégeant des embruns derrière une capote, même si celle-ci est une insulte à l’aérodynamisme du voilier. A vous de voir, ça se négocie…

     

    Par contre si vous ne supportez pas du tout que votre équipier-e barre approximativement au près en croisière, vous en resterez probablement à la 1e configuration.

    Entre les deux, le plus avancé de l’équipage peut transmettre à l’autre son savoir, pour peu que ce dernier en ait envie.

    Partager ses connaissances

    Si tel est le cas, le skipper appréciera de pouvoir s’appuyer de plus en plus sur son équipier-e. Il pourra plonger avec délice dans une longue sieste sans craindre de s’échouer sur le premier récif venu. En cas de durcissement des conditions météorologiques, il ne sera pas obligé de veiller toute la nuit tout seul attaché dans le cockpit.

    Enfin, si par malheur il tombe à l’eau, la compétence de son équipier-e lui laissera une chance d’être sauvé…

    La sécurité de l’équipage passe bien sûr par l’initiation des deux!

    Et d’ailleurs tel est le souhait de beaucoup d’équipier-e-s qui n’auraient pas choisi de naviguer si l’autre ne l’y avait pas poussé. En général le matelot veut gagner en compétence pour seconder efficacement son partenaire, voire le remplacer provisoirement s’il se blesse ou tombe malade.

    Parlons un peu de plaisir et d’encouragements

    L’incompétence alimente les peurs et les doutes des équipiers peu à l’aise avec la mer. Le simple fait de comprendre d’où vient le vent et pourquoi le bateau gite contribue à les rassurer un peu. Alors imaginez s’ils ou elles prenaient quelques cours de voile…

    plaisir de naviguer

    Sa maîtrise du voilier est source de plaisir pour le skipper. Il peut jouer avec son bateau, les réglages, le bricolage, le choix de la route et des mouillages. Il se sent libre d’aller où il veut parce qu’il sait comment faire. Il perçoit et analyse spontanément, avec ses sens, son corps, les mouvements et les bruits du bateau. Il est fier tout simplement de mener sa barque avec habileté.

    Il en va de même pour celui qui apprend. Même si les sources de déplaisir sont nombreuses au début: le mal de mer, le froid, l’inconfort, la peur de mal faire et la peur tout court. Chaque compétence acquise l’éloigne de ces désagréments et le rapproche du bonheur de naviguer.

    Alors cela ne vaut-il pas la peine de l’encourager encore et encore à apprendre?

    Si vous n’en êtes pas encore convaincu, je vous invite à lire ceci: 10 raisons pour lesquelles votre femme n’aime pas le bateau

    La vie quotidienne à bord

    Concernant la vie quotidienne à bord, pour les couples le partage des tâches découle souvent de l’organisation déjà en place à la maison. Une personne qui ne cuisine jamais à terre ne va probablement pas s’y mettre en mer. Cependant les spécificités de la vie en bateau, surtout en navigation hauturière avec la tenue de quarts, peut modifier des habitudes qui semblaient immuables et amener plus de coopération dans des domaines jusque là réservés.

    naviguer et cusiner à deux

    L’important est que chacun trouve une place qui le valorise et lui donne suffisamment de plaisir pour avoir envie de continuer.

    Qu’importe alors si c’est toujours le/la même qui fait la lessive pourvu que l’autre se préoccupe de la vidange et de l’entretien de la carène?

    En fait, cela dépend des équipiers. Les tâches non créatives, dont le résultat ne se remarque pas particulièrement, ne sont pas très valorisantes. Celles-ci ont donc plutôt intérêt à être partagées. La vidange s’effectue toutes les 50 ou 100 heures de moteur. Le carénage permet, une ou deux fois l’an, de discuter voile et de montrer son beau voilier aux occupants de la cale. Entretemps combien de lessives? Attention donc de ne pas créer de déséquilibre qui à terme finirait par miner un couple ou une belle amitié. Un minimum d’entraide, de dialogue et de coopération s’impose donc.

    Ceci nous amène à deux situations bien connues des personnes qui connaissent les vicissitudes de la vie conjugales.

    Rivalité ou complémentarité?

    La rivalité, véritable poison du couple comme de l’amitié, peut en plus représenter un danger pour la navigation. La mer est par moment un élément hostile, qu’il s’agit d’aborder avec unité, solidarité et coordination. Quand le vent monte il n’est pas possible de se lancer dans d’interminables palabres pour savoir si on doit prendre un ris, deux ris ou rentrer à la maison tout de suite.

    Ici la rivalité empêche l’équipier-e de faire confiance au skipper. Elle exclue également toute possibilité de co-skippage serein. Confiance et bienveillance réciproques sont indispensables à la réussite de la croisière. A tout point de vue: plaisir et sécurité.

    Pour autant rien n’empêche que chacun exécute les mêmes tâches que l’autre ou dispose des mêmes connaissances. Bien au contraire, quand les deux membres de l’équipage sont également compétents cela peut-être extrêmement rassurant pour chacun. Si l’un défaille, l’autre assurera!

    La complémentarité relève d’une distribution plus ou moins exclusive des compétences entre les membres du couple. Elle est souvent érigée en idéal parce que justement elle permet de limiter le risque de concurrence. Chacun trouverait ainsi sa place, sans empiéter sur celle de l’autre. L’une excelle dans la réparation des voiles à l’aide de sa machine à coudre. L’autre est un as de la voltige dans le gréement. Voyez ce récit où ce type d’équilibre semble fonctionner parfaitement.

    Sincèrement je ne crois pas que la complémentarité des compétences puisse réduire la rivalité quand elle existe. Ce sont deux problèmes différents. La rivalité découle presque toujours d’un sentiment de manquer de reconnaissance de la part de l’autre… ou du monde extérieur.

    Vous pouvez donc être complémentaires au plan des compétences, et en rivalité sur celui de la reconnaissance sociale. Ou pas. Ou l’inverse.

    Il n’en reste pas moins qu’il faut beaucoup de compétences pour mener et entretenir un voilier. Au fil des années de pratique, un marin peut les acquérir plus ou moins en profondeur, mais même ainsi il ne pourra pas tout apprendre. On a toujours besoin d’un autre, ne serait-ce que pour tenir un écrou sous le pont pendant qu’on visse par l’extérieur!

    Construire un projet de navigation à deux

    La bonne solution n’existe pas une fois pour toute. Chaque couple, chaque binôme à ses codes, sa manière de fonctionner et ses raisons d’exister.

    Ce qui est certain en revanche: vos compétences respectives et vos aspirations initiales seront à la base de vos choix d’organisation.

    Naviguer à deux suppose une distribution logique des rôles, mais dans le respect des attentes de chacun. En couple, vous pouvez décalquer vos habitudes domestiques ou bien tenter une nouvelle expérience qui redistribue les rôles. Dans cette dernière option vous vivrez deux voyages en une seule croisière.

    Vous voulez savoir si vous êtes sur la bonne voie?

    Si vous vous guidez sur le plaisir de chacun et la sécurité de vos navigations, vous ne pouvez pas vous tromper!

  • naviguer en équipage,  tutos

    10 raisons pour lesquelles votre femme n’aime pas le bateau

    Naviguer en couple est le rêve de nombreux plaisanciers. Malheureusement il semble que ce ne soit pas toujours partagé, loin de là. Beaucoup d’hommes se désolent que leur femme n’aime pas le bateau.

    De fait la voile, et le monde maritime en général, reste un milieu très masculin, même s’il est beaucoup moins machiste qu’il ne l’était il y a encore 20 ans. J’en veux pour exemple cette édition du Télégramme Tresco Trophée que j’ai courue avec un équipage féminin en 2014. Sur une centaine de voiliers inscrits, j’étais la seule femme skipper, et nous étions le seul équipage féminin. Pour autant personne ne s’est moqué de nous, sauf peut-être quand j’ai oublié une de mes équipière à Tresco 🙂 Mais ceci est une autre histoire.

    En réalité je crois que beaucoup d’hommes et de femmes apprécient la mixité sur les bateaux. Mais quelles sont donc les raisons qui retiennent certaines femmes de naviguer avec leur conjoint? Vraiment, elles n’aiment pas la voile? A moins que…

    trois femmes sur un bateau
    Sauras-tu me retrouver? Je suis cachée derrière la bouteille de rhum 🙂

    Cela fait longtemps que j’ai envie de donner mon avis sur ce point, car derrière ce constat désespéré: “ma femme n’aime pas le bateau”, peut se cacher une autre réalité comme “ma femme n’aime pas Mon bateau” et/ou “Ma femme n’aime pas naviguer AVEC moi”.

    Je vais donc vous détailler les principales raisons qui selon mon expérience et celle de mes copines peuvent amener n’importe quelle femme la mieux intentionnée à renoncer à partager votre passion.

    Mais comme je suis là pour vous aider, je vais essayer de trouver une solution à chacun de ces problèmes 😉

    Dernier point; pour des raisons de facilité je l’avoue, j’ai pris le parti de considérer que la difficulté venait du refus d’une femme de naviguer avec son mari/compagnon/petit ami etc. Cependant vous pouvez très bien décliner ces situations dans toutes les variations de la vie conjugale ou inverser la situation.

    1. Elle n’aime pas la voile, point.

    Elle n’apprécie ni le vent, ni le froid, ni la pluie, ni l’inconfort de la gîte. Elle déteste les longs bords interminables et l’impossibilité de brancher son sèche-cheveux au mouillage. Même la présence des dauphins ne la fait pas changer d’avis: globalement elle s’ennuie, la lenteur et l’ascétisme ne la font pas rêver.

    femme sur un bateau de croisière

    Solution: Louez un catamaran de 16 mètres en Grèce, en lui permettant d’inviter sa meilleure amie et naviguez exclusivement la nuit quand elles dorment. Là, elle va craquer, non?

    2. Elle a le mal de mer

    Et ça ne lui passe pas. Impossible de s’amariner. A moins de dormir pendant toute la balade, elle ne peut pas parcourir plus de 3 milles sans sortir le seau. Question de psychologie ou trouble de l’oreille interne? Le second cas est malheureusement sans solution.

    Solution: Vous ne pourrez pas naviguer ensemble, mais peut-être appréciera t-elle de vous rejoindre à l’escale? Pour ce qui relèverait de la psychologie, référez-vous aux raisons suivantes.

    3. Elle a peur

    Comme votre femme ne maîtrise pas le voilier, ou qu’elle ne parvient pas à lire les éléments (direction du vent, présence du courant, position du bateau relativement à la côte etc.), il se peut que votre compagne éprouve une certaine angoisse. Elle est alors obligée de s’en remettre à vos compétences, mais êtes-vous réellement rassurant en mer?

    Si vous regardez mon parcours nautique, vous lirez que quand j’ai commencé à naviguer j’avais peur. Ensuite c’est l’angoisse qui a pris le relais. J’avais toujours une boule au ventre avant de prendre la mer, ou avant d’exécuter une manœuvre de port. Pourtant mes équipiers se sentaient en pleine confiance avec moi. Pourquoi donc? Et bien, ils disaient tous que je restais calme et lucide en toute circonstances.

    Solution 1: Soyez toujours calme et ne vous énervez JAMAIS sur votre équipière

    Solution 2: Une excellente parade à son angoisse, si votre femme le souhaite, serait qu’elle se forme. Mais pas n’importe comment.

    Je vous arrête tout de suite: initier soi-même sa moitié à la navigation est une entreprise délicate. Tous les couples ne le supportent pas car cela induit une forte dissymétrie source de conflits et condamne souvent l’équipière (ou l’équipier) à le rester. Or, passé un certain niveau, le seul moyen de progresser est bien de prendre la responsabilité d’une sortie, c’est-à-dire de skipper un voilier.

    Un ou plusieurs stages en école de voile peuvent donc améliorer considérablement la situation. L’idéal étant de commencer par la voile légère, j’y reviendrai dans un prochain article.

    Solution 3: Si votre compagne ne souhaite pas se former, c’est vous qui devrez vous perfectionner jusqu’à ce que vous soyez suffisamment sûr de vous pour ne plus transmettre d’inquiétude.

    Autre solution: Achetez vous la collection des dessins de Mike Peyton dédiés à la voile 😉

    ma femme n'aime pas le bateau

    4. Vous êtes agressif et impatient

    Nous avons tous en tête ces arrivées de port loufoques où monsieur, derrière sa barre à roue, arrête son bateau trop loin du ponton et enguirlande copieusement son équipière, laquelle juchée dans le balcon avant, brandit inutilement une gaffe télescopique à bout de bras. Soyez sûr que ces femmes-là détestent naviguer avec leur mari!

    Solution: Ne dramatisez pas chaque manœuvre, en prédisant une catastrophe ou en criant sur votre équipage si celle-ci n’est pas exécutée exactement selon vos consignes. Cela fait inutilement monter la tension, transformant la plus petite promenade en odyssée infernale.

     

    5. “Elle est tannée de se faire mansplainer”

    Il s’agit du commentaire d’une navigatrice possiblement d’origine québécoise. Je l’ai trouvé plutôt pertinent, et dans un soucis de clarté je cite la définition de Wikipédia:

    “Le mansplaining est un concept popularisé par les féministes américaines dans les années 2010 qui désigne une situation où un homme (en anglais « man ») expliquerait (en anglais « explain ») à une femme quelque chose qu’elle sait déjà, sur un ton généralement paternaliste ou condescendant”

    Certains marins éprouvent effectivement le besoin de faire valoir ostensiblement leur savoir nautique auprès de la gente féminine, et ceci à des fins qui me restent passablement obscures.

    Solution: attendez qu’elle vous demande une explication pour la lui donner.

     

    6. Les winchs sont trop petits ou le bateau est trop grand

    femme se musclant pour faire du bateau
    pour que votre femme aime le bateau, ne l’obligez pas à ça!

    Encore une histoire vécue. Lorsque mon compagnon a fait l’acquisition du voilier avec lequel nous devions partir autour du monde, j’ai lourdement insisté pour qu’il change les winchs. Ben oui, même lui pourtant hyper baraqué avait du mal à border le génois en début de saison!

    De manière générale, il est difficile de débuter sur un grand voilier. Les forces en jeu sont plus importantes, les conséquences des erreurs plus impressionnantes.

    Or la majorité des femmes n’ont pas une force physique comparable à celle d’un homme de même taille, faut-il le rappeler. De plus nous ne sommes pas habituées à compter sur nos muscles pour maîtriser notre environnement. En général quand l’armoire est trop lourde à descendre, nous faisons appel à un homme.

    Donc, en phase d’initiation, un bateau qui s’arrête à la force des bras au ponton est un meilleur choix qu’un croiseur de 8 tonnes. Ceci est valable pour tout un chacun, remarquez.

    Ensuite, se trouver dans l’incapacité de dominer physiquement son bateau est dangereux. Il est essentiel de pouvoir border les voiles ou remonter une ancre sans risquer un arrêt cardiaque à tout bout de champ.

    Solution: évitez les winchs de Muscadet sur un 41 pieds.

     

    7. Le bateau est mal entretenu

    Une femme ne montera jamais sur un bateau si mal entretenu!

    L’anti-dérapant glisse et les voiles se déchirent. Les batteries se déchargent tout le temps, le moteur cale et les fonds sont crasseux. Quand à chaque virement de bord on se demande ce qui va casser, le plaisir devient très relatif. Une femme n’appréciera pas de vous suivre sur un bateau qui dégage une odeur de renfermé et/ou de gas-oil. Non, un bateau ça ne sent pas forcément l’humidité. On peut aérer les cabines et nettoyer les fonds régulièrement. Même les housses des coussins se lavent. Soignez aussi l’étanchéité du pont: panneaux de pont, pieds de chandelier, cadènes, rail de fargue… la pluie et l’eau de mer sur les duvets et dans les équipets au bout d’un moment, ça lasse.

    Solution: Maintenir un voilier en bon état demande du temps ou de l’argent, le mieux étant d’avoir les deux. Si ce n’est pas le cas, la location peut vous simplifier la vie.

     

    8. Elle est aussi ou plus compétente que vous et ça vous met en difficulté

    Le cas n’est pas si fréquent, mais ça peut arriver… Vous étiez habituer à régner sans contestation sur votre yacht et voilà que vous rencontrez une navigatrice expérimentée. Quand j’ai posé la question des 10 raisons sur Facebook à un groupe de navigatrices, certaines m’ont répondu que le coskippage n’était pas de tout repos avec leur conjoint. Un rapport de force s’installe et chacun veut imposer une solution différente.

    Pour ma part j’ai connu toutes les configurations, celles ou j’étais moins qualifiée, autant ou plus. Le plaisir est incontestablement plus grand quand chacun sait naviguer suffisamment pour prendre des décisions sans réveiller l’autre. Mais cela est vrai uniquement si ces compétences sont reconnues de part et d’autre.

    Dans le cas contraire cela signifie  que vous n’arrivez pas à vous faire mutuellement confiance. Ou que vous avez un besoin inaltérable de dominer. A vous de vous interroger, si du moins vous souhaitez continuer à naviguer ensemble.

    Solution: Faites une thérapie de couple 🙂

     

    9. Vous n’avez pas les mêmes exigences de confort

    Peut-être êtes-vous un aventurier? De ceux qui dorment dans les spis et se passent de douche chaude pendant une semaine sans difficulté? Mon compagnon est de ceux-là. Il peut vivre plusieurs jours dans les coques vides de son trimaran de course. Il n’est pas concerné par les 9 autres raisons, mais peut-être par celle-ci… Personnellement au-delà de 3-4h de run à 17 nœuds de moyenne je commence à fatiguer. Quand on arrive au port j’ai parfois tellement mal au dos que je suis pliée en deux comme une vieille dame. Ce qui ne m’a pas empêchée de partir avec lui pour un raid de quelques jours vers les Glénans depuis Brest. Quand on aime… Mais bon, j’aime bien aussi avoir des toilettes à bord et une bannette confortable pour me reposer.

    Sans tomber dans ces extrêmes, en bateau chaque femme à ses exigences de confort . Certaines ne voient pas d’objection à se passer de WC, d’autres ne conçoivent pas d’escales en dehors des marinas. Et encore faut-il que les sanitaires soient bien équipés. Tout cela coûte un peu plus cher, mais ne soyez pas trop radins sur ce point. Une de mes amies garde le souvenir dégoûté de matelas de service de soins palliatifs que son ex avait recyclés pour son voilier… Et il s’étonnait encore que sa femme n’aime pas le bateau!

    Solution: Un bateau qui sent bon, des coussins en bon état, des toilettes fonctionnelles, de bons petits plats à réchauffer et un peu de musique… Avec en prime un éclairage tamisé dans le carré la nuit, vous la ferez fondre!

     

    10. Vous ne la laissez pas manœuvrer

    Parce qu’elle n’est pas aussi rapide que vous, parce qu’elle risque de se tromper ou de se blesser, elle est cantonnée à jouer les sirènes dans le cockpit. Si elle trouve que tout est très bien comme cela, pourquoi pas?

    Or bien des femmes n’osent pas prendre d’initiative sur un bateau sans y être invitées. On leur a tellement dit que les hommes manœuvraient mieux les voitures qu’elles croient que pour les bateaux c’est pareil. Alors forcément, au bout d’un moment elles s’ennuient.

    Dans d’autres cas elles sont frustrées parce qu’elles aussi elles aimeraient bien jouer, mais vous ne leur en laissez pas la possibilité.

    Solution: Encouragez les à manœuvrer et à barrer. Expliquez tranquillement, prenez tout le temps nécessaire sans agir à leur place.

    Voilà donc dans le désordre les 10 raisons majeures pour lesquelles certaines femmes n’aiment pas le bateau

    Je ne sais pas si vous vous y reconnaîtrez. Mais je veux bien parier que ça vous rappelle quelqu’un. Je me trompe?

    Sinon vous avez le droit de trouver cet article un peu caricatural ou trop féministe. Prenez-le plutôt comme les confidences d’une navigatrice qui a des copines qui aiment naviguer (et aussi la salade de fruit arrosée de rhum). Ça peut toujours servir, sait-on jamais ☺

     

     

     

  • naviguer en équipage

    20 idées de cadeaux pour les voileux

    Si vous lisez cet article, vous avez sûrement un (ou une) voileux dans votre entourage à qui vous voudriez offrir un super chouette cadeau! Mais voilà, vous n’y connaissez rien et votre budget n’est pas illimité.

    A moins que ça ne soit vous, le marin, et là, vous cherchez l’article que vous aller partager sur Facebook pour que vos proches sachent enfin quoi vous offrir!

    Bref, laissez-moi vous aider.

    Je vous propose  20 idées de cadeaux pour les voileux classées par ordre de prix.

     

    1. Un savon ou un shampoing qui mousse à l’eau de mer

    Très pratique pour économiser l’eau douce en traversée, ces savons doivent hydrater la peau, malgré le sel ET laver le marin… A partir de 8€50, vous pouvez essayer le cococéan de fabrication artisanale.

    2. Un roman de mer

    Je ne vais citer que quelques uns de mes préférés, parce qu’il y en a des milliers!

    L’expédition du Kon Tiki sur un radeau à travers le Pacifique

    Cent fois meilleur que le film, l’aventure véritable de Thor Heyerdahl et ses 5 équipiers qui tentent la traversée du Pacifique sur radeau de bois. Elle se lit d’une traite, et vous emmène naviguer au milieu des requins et des poissons volants sans que vous ayez besoin de quitter votre lit 😉

    Le voyage du Brendan

    A bord d’un bateau de peaux de vache cousues sur une armature de bois, Tim Séverin a reconstitué le voyage d’un moine Irlandais du 6e siècle, dans les mêmes conditions, ou presque. Un périple dantesque jusqu’à l’embouchure du Saint-Laurent en passant par les Hébrides, les Féroé, l’Islande et les eaux glacées groenlandaises.

    Le bateau qui ne voulait pas flotter

    Drôle et poétique à la fois. Pas sûr que vous l’offriez: je suis sûre vous allez le garder pour vous!

    Entre les brumes persistantes de Terre Neuve, le café infusé au rhum bouillant (fuite d’eau douce à bord) et le “monstre vert” (moteur antique et caractériel), c’est l’histoire d’une petite goélette qui s’entête à couler dès que son propriétaire (l’auteur) veut mettre le cap à l’ouest.

    Partis à l’âge de 20 ans de La Rochelle sur Damien, leur cotre en bois de 10 mètres, Jérôme Poncet et Gérard Janichon naviguent cinq ans durant. Leur parcours de 55 000 milles est jalonné de grandes premières : le Spitzberg, la remontée de l’Amazone, le cap Horn, les îles australes, la péninsule Antarctique…

    Le monde selon Guirec et Monique

    La poule est-elle le meilleur ami du marin? C’est en tout cas ce qu’a testé Guirec Soudée qui vient de boucler un tour du monde à la voile par les 2 pôles. Il est le plus jeune navigateur à avoir franchi le passage du Nord-Ouest. Un cocktail d’humour, d’audace et de chance.

    3. Un journal de bord

    A vous de trouver un joli cahier de format A4 ou légèrement plus petit avec une couverture solide, mais belle. N’oubliez pas de le dédicacer!

    C’est peut-être une affaire de goût, mais les couteaux Wichard me semblent parfaits. Juste une lame, un démanilleur et manche ergonomique. Indispensable!

    5. Des gants de voile

    Les bouts en textiles modernes arrachent les mains. Le froid aussi. Des gants de voile confortables, ouverts aux extrémités avec des renforts en cuir seront un cadeau bienvenu. Pour l’hiver, préférez les gants fermés en néoprène.

     

    6.Un manuel de voile

    Voici parmi les plus connus, 4 ouvrages que personne n’osera jamais critiquer:

    7.Un guide Nautique

    Choisissez en cadeau un guide décrivant les ports et les mouillages de la zone de navigation ou votre voileux préféré rêve de se rendre prochainement. Ceux que je préfère sont les guides Imray Vagnon.

     

    8. Une pince multifonction type leatherman

    Ce genre d’outil, en inox, est idéal pour effectuer des travaux dans le mât. Il est aussi très pratique de le garder à portée de main pour éviter de plonger dans la caisse à outil à la moindre bricole. Il en existe de toute taille selon le nombre d’outils présents. Je pense qu’il ne faut pas les choisir trop épais, après cela devient inconfortable à manipuler.

    9. Une batterie Powerbank solaire

    Grace à ce cadeau malin fini les portables et les tablettes déchargés. Très pratique quand tout le monde veut brancher son téléphone sur la seule prise USB du bord. Ou quand il n’y a pas de prise USB…

    Voilà un cadeau original pour un voileux qui veut apprendre à prendre soin de son premier bateau.

    Florian du blog Nautisme Pratique vous propose cette formation, c’est un professionnel du nautisme et il répond aux mails.

     

    11. Un sac étanche

    Ici il existe plusieurs gammes de prix selon l’usage et la marque. Du gros sac de trek au petit sac à dos Cotten qui permet de débarquer sans risquer la vie de son téléphone portable.

    12. Un diable en aluminium

    Pour les propriétaires de voiliers. Le diable est un cadeau bien utile pour transporter l’avitaillement et toute sorte de matériel de voile un peu lourd sur les pontons.

    13. Une veste polaire

    Le choix est vaste…

     

    14. Une liseuse étanche

    Les livres sur un bateau c’est bien. Mais c’est lourd, volumineux et ça supporte mal l’humidité. Les liseuses récentes sont éclairées et étanches et ont une autonomie très importante. Plus besoin de lampe frontale pour lire en bateau, ni de bibliothèque. Ci-dessous une Kindle qui répond à ces exigences.

    15. Un sextant

    Cadeau pour navigateur mathématicien: le sextant sert essentiellement en traversée océanique, quand le voileux s’ennuie et se prend pour Vasco de Gama (qui n’en avait pas: le sextant a été inventé en 1730). C’est aussi un bel objet, et une occasion de s’assurer que la terre est bien ronde, sait-on jamais!

    Attention à bien choisir un VRAI sextant, utilisable en mer, pas un objet de décoration.

     

    16. Une veste ou une salopette de quart

    De mon côté j’ai choisi un équipement Musto, après avoir été déçue par la marque Décathlon. J’ai aussi passé le Cap Horn avec une veste de quart Cotten, et je n’ai pas été mouillée. Evitez donc les marques discount, sauf si vous êtes fauchés. Il faudrait un article complet pour vous conseiller correctement sur ce sujet. Aussi essayez de cuisiner votre marin pour savoir quelles sont ses préférences en la matière.

    17. Un stage de mécanique ou d’électricité marine

    Pour les bricoleurs et tout ceux qui veulent naviguer loin. Allez faire un tour sur Sail The World, vous y trouverez sans doute votre bonheur.

    18. Des bottes respirantes

    Confortables, esthétiques, en principe elles sont étanches. J’ai remarqué que beaucoup d’hommes les adorent. ça leur donne un look de vieux loup de mer sans doute 🙂

    19. Un stage de voile aux Glénans

    Attention de ne pas vexer votre ami, il pourrait penser que vous ne lui faites plus confiance en mer!

    A moins qu’il le sache déjà… si c’est le cas, proposez lui la lecture de mon article 10 raisons pour lesquelles votre femme n’aime pas le bateau.

     

    20. Une sortie sur un multicoque océanique de course

    Si votre voileux aime les sensations fortes, qu’il est passionné de course au large, vous pourriez lui faire un super cadeau en lui offrant une place sur un bolide des mers.

    cadeau voileux

     

    Voilà j’espère vous avoir donné quelques idées, si vous en avez d’autres, mettez les en commentaire!